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MAI 19.

Si je combats les religions ce n'est pas parce qu'elles soutiennent l'idée d'un Dieu inexistant, mais bien parce qu'elles font dériver de lui une morale basée sur la stagnation et sur la régression. Pourquoi devrais-je m'opposer à un Dieu, même s'il n'existe pas, s'il était porteur de bénéfices ? Pourquoi devrais-je attaquer le christianisme si ces lois exhortaient les hommes à grandir, à se perfectionner et donc à évoluer ?

Que le christianisme s'oppose à l'évolution intellectuelle et scientifique à travers la négation de l'expérience, cela résulte évident par le fait que celui-ci, en mettant la perfection comme point de départ et non pas d'arrivée, empêche les hommes de mûrir en les contraignant à toujours rester des enfants.

“Ego te baptizzo”, dit le prêtre en plongeant dans l'eau la tête du catecumeno: « Dès ce moment tu es un homme sans péchés, un être parfait et tel tu resteras si tu suis mes préceptes. Ce sera seulement par le moyen de mes lois que tu pourras connaître et suivre la vérité».
« C 'est par le moyen des lois qui me furent imposées, et non pas par le moyen de mon
expérience personnelles, que je connus le péché»,
dit St-Paul aux Corynthiens, et l'Eglise
confirme l'exclusion de la raison dans la recherche de la connaissance en décrétant: «
Dégénérés sont ceux qui chercheront la vérité au-dehors de mes lois ~
D'ailleurs n'est-ce donc pas le Christ qui a dit: « Bienheureux ceux qui croient sans comprendre, bienheureux les pauvres d'esprit car c 'est à eux qu 'appartient le royaume des cieux ? ».
En enlevant le libre arbitre, en niant à l'homme la possibilité de connaître ce qui est mal et ce qui est bien à travers l'expérience, le christianisme contraint les hommes à un état d'immaturité, je dirais d'infantilisme tel qu'il lui permet de les charger, comme des enfants rendus dociles par les menaces de punitions sévères, sur les wagons d'un train sans fenêtres, qui suivant un itinéraire déjà tracé, termine en cet abîme représenté par le néant et où il place, comme récompense d'une obéissance aveugle et insensée, la béatitude éternelle.
Telle est la vraie immoralité du christianisme de laquelle dérivent tous les maux qui tourmentent la société : empêcher les hommes de mûrir à travers leur propre expérience.
Telle est l'immoralité dont sont si souvent victimes une partie de ceux qui, tout en la contestant avec les paroles, s'en démontrent succubes lorsqu'il s'agit de passer aux actes. Je me réfère aux athées, anticléricaux et laïques qui démontrent, avec leur pusillanimité, être eux aussi les victimes d'un infantilisme qui, après des millénaires de répression intellectuelle, est devenu partie si intégrante de la nature humaine qu'il en est devenu héréditaire.

Que tous les hommes subissent les conséquences de cette maladie mentale que sont les religions, y compris ceux qui déclarent la contrarier, ceci est démontré par la confusion qui existe dans le monde rationaliste: les athées s'unissent aux agnostiques, les mécréants collaborent avec les humanistes, les laïques soutiennent la liberté de religion... Sans parler des marxistes athées qui veulent remplacer l'idée d'un dieu religieux par celle d'un dieu politique.
On tombe ensuite dans l'absurde lorsque le président d'une société laïque - dont j'ai pris le nom dans une liste reportée dans le site “Europe et laïcité”- me déclare, lors d'un échange d'e-mail, être un défenseur du créationisme.

Le seul fait que seulement trois associations anti-religieuses m'aient répondu, parmi les cent dix associations auxquelles j'avais communiqué que je ferais prochainement un procès contre l'Église Catholique, cela démontre bien ce qu'est en réalité le monde athée.
D'ailleurs que peut-on attendre d'individus qui, tout en contestant ouvertement le christianisme, continuent à suivre avec leur comportement les lois de sa morale ? Cette morale qui a engendré une société dans laquelle la sagesse, cette sagesse suprême qui selon Socrate consiste à savoir distinguer le bien du mal, se mesure à la haine que l'on éprouve envers le prochain ? N'est-il pas vrai que plus un homme hait et se méfie, d'autant plus sera-t-il considéré sage et mûr ?
Il suffit de se faire un examen de conscience pour se rendre compte que, tout en nous déclarant adversaires de cette immoralité qui empêche l'homme de se former intellectuellement, nous ne sommes pas si différents, en fin de comptes, de ceux qui s'en déclarent les défenseurs.

Le motif qui m'a porté à m'opposer au christianisme, cette religion dans laquelle je me suis trouvé impliqué à cause de décisions d'autrui, est surtout relatif à la haine et au mépris que j'ai toujours éprouvé envers cette immoralité qui, en empêchant de grandir, contraint les hommes à rester pour toujours des enfants. Et des enfants, j'en ai aussi trouvé de nombreux parmi ceux qui, tout en ayant aussi compris que cette tromperie est issue d'une fable, refusent de la combattre en se comportant en hommes.
Je me réfère aux antireligieux qui ont fait de l'athéisme, du laïcisme, de l'agnosticisme et de nombreuses autres expressions intellectuelles terminant en “isme”, le moyen de satisfaire leurs ambitions et leurs égoïsmes de penseurs et d'hommes politiques comme, par exemple, les anticléricaux marxistes qui ont besoin du Christ pour survivre comme les prêtres ont besoin du démon.
Ne sont-ce pas eux qui m'ont dit qu'ils m'auraient nié tout soutien car mon procès, en détruisant la figure du «Jésus prêcheur de paix» soutenue par l'Église, aurait par conséquent aussi détruit leur «Christ socialiste révolutionnaire» construit par eux pour remplacer le christianisme ?
Et les autres antireligieux, les athées soi-disant apolitiques qui, après avoir passé une vie pour démolir la “grande imposture” avec des écrits et des discours philosophiques parmi les plus hyperboliques et sophistiqués, ont reculé en portant comme motif les dépenses qu'aurait comporté un procès, se comportant comme l'amoureux qui après avoir déclaré à sa fiancée «qu'il se jetterait dans le feu pour elle », termine la lettre en disant qu'il se serait rendu chez elle s'il n'avait pas plu ! Ne démontrent-ils pas être les premiers à souffrir s'il venait à manquer, avec la fin du Christ, les arguments dont ils nécessitent pour continuer leur bataille contre l'irrationnel ? L'éternelle bataille qu'ils soutiennent depuis des millénaires comme des enfants qui jouent à la guerre avec des petits fusils de bois ? Ces petits fusils de bois qui ont été utilisés, avec les résultats que nous connaissons bien, par leurs maîtres tel Épicure, Socrate, Nietzsche, Kant, Voltaire, Meslieu, Prosper Alfaric et tant d'autres, tellement nombreux, que je manquerais de salive pour tous les nommer.

Nous sommes depuis longtemps entrés dans l'ère de la science et de la recherche pratique, et si nous voulons réellement donner le feu vert à l'évolution sociale génératrice de bien-être, nous devons reléguer «l'abstraction philosophique» au monde des rêves et de l'utopie en la laissant, si vraiment on ne peut y renoncer, dans le cadre du hobby et du passe-temps.

Balayées par un procès toutes les entités divines qui dépendent de la figure de Christ, depuis Dieu le Père tout-puissant que la théologie chrétienne veut consubstantiel avec le fils, il resterait néanmoins Gargantua, le monstre du Loch-Ness, Robin Hood et tant d'autres, y
compris ce Père Noël qui a si souvent été porté par les amateurs de la pensée comme «argument pour démontrer l'inexistence de l'inexistant ».
Je sais bien combien sera difficile pour ces théoriciens de profession de renoncer à la célébrité qu'ils ont conquise dans un monde fait «d'attrape-fantômes », mais l'on peut tout pourvu qu'on le veuille. Il faut simplement soumettre la volonté, souvent conditionnée par d'anciennes peurs générées par un obscurantisme héréditaire qui rend lâches, à la loyauté et au courage. Exempt de toute vanité, je peux leur servir d'exemple, moi qui - pour l'honnêteté intellectuelle intrinsèque à ma nature- ai défendu la vérité quand bien même mes intérêts y resteraient compromis, comme quand j'ai du laisser, à l'âge de seize ans, le séminaire de Bagnoregio, patrie de Bonaventure le saint esraphique, au détriment de mes études classiques, pour l'opposition que je reçus de mes supérieurs qui pour mes contestations m'appelaient «Luther ».

J'ai décidé de faire le procès et je le mènerai à terme. A tout prix, même tout seul, poussé comme je le suis par la certitude du succès, certitude qui me vient non pas des deux vertus théologiques qui s'appellent Foi et Espoir, mais par des preuves concrètes soutenues par une documentation historique irréfutable. Ceux qui voudront s'unir à moi sont les bienvenus, mais tout en sachant que si tous me sont utiles, personne ne m'est indispensable.
Ceux qui m'ont conseillé d'abandonner ma querelle en argumentant que “le rationnel est insuffisant contre l'idéologie” n'ont pas compris que mon procès n'est pas contre des entités divines protégées par le mystère et le dogme, mais qu'il est contre un personnage que l'on veut faire passer pour historique alors qu'il n'a jamais existé. Comme par ailleurs n'ont pas compris mon procès ceux qui croient que j'adresse ma querelle contre l'Église, Eglise qui dans son complexe n'a aucun sens juridique. J'adresse mon procès contre le charlatanisme qui abuse de l'ignorance humaine pour tirer des profits illicites punis par le code pénal.
Mon procès n'est pas l'action d'un athée contre un Dieu, mais celle d'un historien qui veut affirmer une vérité indiscutable - comme Galilée démontra, en tant que savant, que c'est la terre qui tourne autour du soleil, et non pas comme un antireligieux qui n'aurait eu que l'intention de contrarier la Bible.

L'impulsion qui me porte à soutenir cette vérité historique, je l'aurais suivie même si j'avais été un chrétien pratiquant : pour l'honnêteté intellectuelle qui a porté certains de ces croyants à me remercier parce que «La Fable du Christ» les a débarrassés de ces doutes qui avaient été pour eux, depuis toujours, une cause d'angoisse.
Afin que l'on puisse comprendre le sens pratique et la réalité de mon procès, j'ajoute que j'adresserai la dénonciation-querelle au curé de mon pays pour avoir affirmé sur son petit journal l'existence d'un homme nommé Jésus, né à Bethléem d'une femme qui s'appelait Marie et d'un menuisier du nom de Joseph, descendant de la lignée de David, alors qu'en réalité il n'a jamais existé. Tout le reste viendra tout seul.

Si quelqu'un rit en ce moment de ma dénonciation contre un curé, cela ne peut signifier qu'une chose: il n'a pas compris que la condamnation d'un prêtre en tant que propagateur de faits faux, présentés comme vrais, a pour conséquence la condamnation de l'Eglise en la personne de son ministre. Détruire la figure historique soutenue par un prêtre, cela signifie détruire la figure historique du personnage soutenue par l'Eglise.
Quiconque donc peut attaquer le christianisme en dénonçant un représentant quelconque du clergé, même un moine, pourvu qu'il soit consacré prêtre.

Les arguments ne manquent pas, il suffit de lire mon livre pour se convaincre qu'il y en a même trop. Et je garantis l'assistance la plus fidèle et la plus efficace à tous ceux qui en auraient éventuellement besoin pour réfuter les prévisibles contestations cléricales.
Je vous salue évangéliquement en vous disant: "Heureux soient les hommes de bonne volonté, car c'est à eux qu'appartiendra le royaume des cieux".

Luigi Cascioli.



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