La chronique
   
“LE CHEVALIER DE LA BARRE” EST AUSSI UNE ENIGME HISTORIQUE

Que la réinstallation d'une statue du chevalier sur son socle à Paris, square Paul Nadar à deux pas du “Sacré-Coeur”, soit une excellente chose, je n'en doute pas un instant. Mais cette effroyable affaire du 18ème siècle, si elle fait le “pain bénit” (!) des libres penseurs et des anticléricaux, indignés à juste titre, ne laisse pas d'être exorbitante, même pour l'époque.

Il y a un mystère d'un tel acharnement judiciaire et d'une telle disproportion entre les faits (non faits?) reprochés (ne pas avoir enlevé son chapeau, ne pas s'être agenouillé à vingt cinq pas d'une procession) et les supplices pratiqués qu'on peut se demander s'il n'y a pas eu “magouille” et montage (Melchior Grimm “dans les pays d'inquisition, ces crimes auraient été punis par un mois de prison, suivi d'une réprimande”).

Un membre de l'Association Le chevalier de La Barre, monsieur Stéphane Godderis, que je ne connais pas autrement, avait demandé à son organisation des détails sur “l'environnement sociologique et judiciaire de l'époque”. N'ayant rien trouvé et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même il a lui-même écrit une étude sur ce sujet: Le chevalier de La Barre, fascicule en date du 24/3/1999 14 pages sans mention d'éditeur mais on peut sans doute le trouver auprès de l'association.

Il s'agit d'un petit roman policier qui va remettre au jour des faits beaucoup plus graves que ceux reprochés au chevalier, mais dont il portera en quelque sorte le chapeau, par effet de contextualisation. Il semble que l'assassin légal de de La Barre soit un certain Duval de Soicourt, “mayeur” d'Abbeville et magistrat, mu par des considérations de promotion sociale frustrée dans la petite société locale et dans l'immense Parlement de Paris dont elle ressort. Je ne veux pas révéler le parcours des événements et du montage : ambitions déçues; contradictions idéologiques: la base arrière de de La Barre est ... une abbaye dirigée par sa cousine, Anne Marguerite Feydeau; xénophobie (de La Barre n'est pas natif d'Abbeville); glissement des affects : de La Barre sera puni pour d'autres actes que ceux qu'on lui reproche, mais tout marcne à la connivence, c'est la démonstration la plus convaincante et la plus passionnante de M. Godderis.

De nos jours le chevalier de La Barre serait accusé de quoi ? de brûler des voitures, des écoles maternelles, d'avoir profané des cimetières ? à coup sûr d'avoir mal pensé et mal parlé et on remonterait alors à de tels délits.

Claude Champon 24/0212001

Note de Claude Champon : Les démonstrations fouillées de l'auteur rendent inopportun le mot “arbitraire” dont il qualifie curieusement une machine infernale très rationnelle.



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