La chronique
   
LUCIDITE DARWINIENNE

Au carrefour des superstitions, de la science la plus respectable et du “progressisme” politique un seul et même fantasme de survie et d'éternité: le mythe de l'amélioration de l'espèce humaine et de sa perfectabilité infinie.

Non seulement les hommes ont peur du “mourir”, mais encore ils veulent se survivre et qu'il reste quelque chose d'eux pour la postérité ainsi enrichie!

Il suffit de postuler l'hérédité des caractères acquis par habitude (Lamarck), on peut alors aussi imaginer la métempsychose et qu'on peut profiter des acquis de “vies antérieures”; de même le stalinisme favorisera les rêves de Mitchourine et Lissenko au motif qu'il faut encourager Billancourt en lui faisant croire que chaque rejeton portera plus haut le drapeau du parti et de la patrie des travailleurs.

Il faut remarquer qu'une telle superstition déborde de beaucoup les milieux spiritualistes et illuminés, les nébuleuses mystiques ésotériques. Un scientifique aussi éminent que Lamarck, des idéologues laïques et “avancés” ont pu la partager dans le mouvement qui nie l'absence de vie individuelle après la mort et même avant! La volonté de réaliser, seulement sur la terre, un succédané sécularisé de la cité de Dieu, la “nouvelle Jérusalem” (comme si l'ancienne ne suffisait pas!) repose sur les mêmes fondements irrationnels et purement affectifs que ceux des religions traditionnelles.

Il n'est pas jusqu'aux consciencieux enseignants que je soupçonne d'espérer améliorer l'espèce humaine comme d'autres l'espèce chevaline, en tentant de faire monter “le niveau”; espérance confuse d'un progrès de l'humanité en général sur le modèle lamarckien (le cou de la girafe); ils appliquent des efforts également et ingénieusement adaptés à la courbe de Gauss de populations très différenciées et très généralement en reproduisent donc la distribution; en faisant de leur mieux dans un lamarckisme éperdu et un rousseauisme moral en attendant la réalisation de l'égalité parfaite, ils travaillent au profit des gosses favorisés et renforcent des processus de sélection très darwiniens.

L'éducation est faible et l'école travaille à la marge - ce n'est déjà pas si mal.

Il y a donc du travail pour les matérialistes athées dans leur rôle (ingrat ?) de démystificateurs et de pourfendeurs de toute pensée complaisante et confortable.

Il nous faut tenir sur cette ligne: chaque individu humain repart à zéro et joue tout ce qu'il est à chaque fois (mythe d'Er chez l'idéaliste Platon ; thèse de la non-hérédité des caractères acquis chez les matérialistes Darwin et Mendel).

Claude Champon le 23/10/2000


A lire:

- L'excellent QS ? L'hérédité des caractères acquis PUF 1998 par le catholique et honnête Michel Delsol …
- De l'émotion en religion sous la direction de Françoise Champion et Danièle Hervieu-Léger Centurion 1990



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