La chronique
   
Anthropologues, encore un effort pour être vraiment matérialistes ! »

Tel est l'appel sympathique qui ouvre le livre "La contagion des idées" de Dan Sperber Odile Jacob 1996.

Un tel ouvrage, notamment dans son chapitre IV, "L'épidémiologie des croyances", peut nous aider à avancer dans nos réflexions et nos pratiques.

Beaucoup de laïques et de libres-penseurs pensent en gros que les croyances, notamment religieuses, relèvent d'une mentalité archaïque, rustique, "naïve", qui cédera la place devant le progrès des sciences. Mais ce schéma, hérité des "Lumières", rencontre d'importants démentis : la part croissante des résultats et des effets des sciences dans notre vie quotidienne ne contribue pas à rendre les mentalités plus raisonnables.

D'autres, au nom de la "tolérance" et d'un relativisme mou, adoptent le point de vue "ouvert" (et professionnel des ethnologues et des anthropologues) selon lequel tout se vaut. "Des individus de cultures différentes ont des croyances qui non seulement sont très différentes les unes des autres, mais qui sont souvent mutuellement incompatibles. Leurs croyances de notre point de vue, nos croyances de leur point de vue, paraissent irrationnelles. ... il y a une façon simple d'échapper au paradoxe qui menace: il suffit de nier qu'il existe une réalité objective. La réalité, dans cette conception, est une construction sociale et il y a au moins autant de "réalités" ou de "mondes" qu'il y a de sociétés. Les croyances différentes sont rationnelles dans des mondes socialement construits différents les uns des autres."

Mais Sperber s'inscrit en faux contre ce relativisme: "J'ai critiqué en détail cette conception (voir Sperber, 1974, 1982). Ici je ne ferai que réaffirmer mon parti pris: je trouve l'idée d'une pluralité de mondes encore moins attirante que celle d'une pluralité de substances. Dans la mesure du possible, je préférerais m'en passer." (p. 119)


"Dan Sperber nous propose dans ce livre une épidémiologie des représentations: il décrit comment les idées se reproduisent en passant d'un individu à l'autre, et subissent des transformations qui sont du même ordre que les mutations. Et comment elles s'instaurent durablement en tapissant notre univers mental, à notre insu et sur le mode de l'évidence, et nous inscrivent dans notre culture." (quatrième de couverture)

On aura reconnu au passage la catégorie de "l'imprégnation" chère à Albert Beaughon. Mais, de plus, la "foi" pourrait bien être construite, complexe et rusée, élaborée dans un processus secondaire, et non pas primaire.



Les croyances peuvent être descriptives ou normatives - "Les sorcières voyagent sur des balais", - "Il faut boire du vin blanc avec le poisson", verbales comme dans les mythes ou non verbales comme dans le port d'un masque, ou
« combiner plusieurs media comme dans le cas d'une messe". (pp. 107,108)

"D'un point de vue matérialiste, donc, il n'y a que des représentations mentales qui naissent, vivent et meurent à l'intérieur de crânes individuels, et des représentations publiques qui sont des phénomènes matériels ordinaires - des ondes sonores, des agencements de lumières, etc. - dans l'environnement des individus." (p. 113)

La thèse de l'épidémiologie des représentations défendue par l'auteur (dans la lignée de Gabriel Tarde), contrairement à ce qu'on pourrait interpréter comme un modèle de répétition (la contagion des maladies), débouche sur l'idée neuve selon laquelle "la communication humaine aboutit généralement à un certain degré de ressemblance, et non pas à une identité, entre les pensées du communicateur et celles de son destinataire. La stricte réplication, pour autant qu'elle existe, doit être considérée comme un cas limite de ressemblance maximale plutôt que comme la norme de la communication." (p. 115)

Par exemple les chrétiens sont certainement imprudents en parlant "du christianisme"; il n'y en a pas deux pareils en dépit des efforts de conformisation et il n'y a probablement de nos jours aucun "chrétien" semblable à un seul de ses prédécesseurs. Le mythe de "l'église" (communauté intemporelle des fidèles) ne sert qu'à supposer le problème résolu.


Détail du mécanisme des croyances selon Sperber :

Un enfant entend son professeur dire qu'il y a des plantes mâles et femelles. L'enfant comprend plus ou moins "mâle" et "femelle" comme une extension aux animaux de la distinction entre hommes et femmes. Les femelles ont des petits, les mâles sont plus portés à se battre. Il y a des mouvements repérables. Mais il ne voit rien dans les plantes qui rappelle cette distinction et il ne comprend vraiment pas bien.

Une croyance est possible de par l'emboîtement de deux représentations: - Ce que dit le professeur est vrai. - Le professeur dit qu'il y a des plantes mâles et femelles.

Une compréhension très partielle peut être enchâssée et "validée" dans une croyance préalable en la véracité du professeur, la confiance qu'on peut avoir en ses paroles. Un contexte validant assure la représentation pourtant chancelante. Nous sommes très près des crochets divins" selon Daniel Dennett.

L'acquis dans l'exemple est la contextualisation de la croyance. L'enfant ne croit pas parce qu'il est bête, il ne croit pas n'importe quoi; à tout le moins il croit n'importe quoi seulement selon celui qui le dit et qui n'est pas n'importe qui.

Ce faisant Sperber apporte une importante distinction entre les "croyances intuitives", qui seraient au départ de la pensée, spontanées et inconscientes, et des interprétations de représentations validant une croyance intuitive et qui seraient elles des "croyances réflexives".

La critique des croyances et notamment de la religion change radicalement si on admet avec Sperber que les croyances intuitives de base, les catégories ontologiques selon Pascal Boyer, sont rarement fausses et abusives. Il a assez confiance en un certain bon sens de toute l'humanité. Mais les illusions de foi seraient alors construites postérieurement en un second ordre de croyances remarquable par son dynamisme et qui ne se ramènerait pas au seul corpus des vieilles peurs et autres superstitions toutes faites. L'illusion religieuse aurait bien "un avenir" (Freud)!

Un autre enfant ou le même "a dans sa boîte à croyances les deux représentations suivantes - Ce que dit maman est vrai. - Maman dit que Dieu est partout.

L'enfant ne comprend pas complètement comment quelqu'un, fût-il Dieu, peut être partout. Cependant, le fait que sa mère affirme qu'il en va bien ainsi lui donne des raisons suffisantes d'adopter tous les comportements symptomatiques de la croyance: il est prêt à affirmer lui-même que Dieu est partout, il en conviendra si quelqu'un d'autre l'affirme, et il se peut même qu'il se retienne de commettre des péchés dans des endroits où en apparence personne ne peut le voir. Que Dieu est partout est pour l'enfant une croyance réflexive." (p. 125)

En fait la croyance n'est pas première, elle ne vient d'ailleurs pas de l'enfant, mais est validée par une autorité que l'enfant "reconnaît". On a affaire à un phénomène d'influence et d'aliénation.

1 - Nietzsche mentionnait une petite fille, qui, soumise à ce conditionnement, demanda suavement: "Partout ... ? Je trouve cela bien indécent" ("Le gai savoir" Avant-propos à la 2ème édition).

2 - On voit que le mot "réflexif » ne permet pas d'espérer automatiquement une épuration de type critique. Au contraire la "réflexion" peut être mauvaise conseillère ... et, à la critique classique depuis le 18ème siècle des "préjugés", il conviendra d'ajouter celle des postjugés proliférants et évolutifs.

3 - J'ajouterai que la contextualisation n'est pas seule en jeu. "Quelqu'un" par définition a des limites et ne peut donc être partout à la fois, sinon on ne peut pas en parler, donner sur lui des indications de repérage et il n'y aurait strictement rien à en dire. D'où l'embarras respectable des enfants et des autres qui ne sont pas des idiots.
Mais le scripturaire "réflexif » intervient ici. Aucun prêtre ne défendra l'idée d'un "quelqu'un" qui serait partout (c'est indéfendable), mais il sussurera que cela n'appartient qu'à "Dieu seul". Pensée de l'exception triomphante de par la seule transgression du bon sens "intuitif'et son auto-position redondante (ça s'appelle un "mystère"). Pratique par où le système religieux se paie magiquement de mots. Dieu (jaloux) est le seul "quelqu'un" dont on prétend qu'il est partout. Pourquoi ? Justement parce qu'on l'a nommé Dieu. C'est pour ça. Les cléricaux de toutes sortes, pas seulement religieux, sont des nominalistes cyniques qui tirent du néant et créent de toutes pièces des mots vides tels que prolétariat, peuple élu, race supérieure, forces de l'esprit (F. Mitterrand) ou communauté internationale (qui, comme Dieu, est partout).

Petits aperçus de "méthode" qui établissent à quel point l'esprit scientifique et l'idéation fantaisiste et notamment religieuse sont radicalement incompatibles.


Une croyance religieuse ne deviendra jamais une croyance intuitive. Cela permet de résoudre l'irritant problème des gens, qui fonctionnant normalement par ailleurs, professent des articles de foi aberrants pour les autres. Descartes effectua le pèlerinage de Lorette. L'auteur va plus loin en établissant que le goût du paradoxe, du "mystère", semble procurer d'ineffables jouissances à ceux qui s'y complaisent ("je crois parce que c'est absurde"). La croyance réflexive affolée humilie la croyance intuitive; cela tient à ce qu'il y a sûrement un PLAISIR à « s'abêtir » (le mot est de Blaise Pascal) et à mésuser de la raison. Sperber n'hésite pas à parler de croyances rendues "addictives" (p. 126), c'est-à-dire de l'ordre de l'accoutumance à des drogues. On n'arrivera pas à se débarrasser de la phrase de Marx sur "l'opium du peuple".

Sperber a l'honnêteté de reconnaître que, DU COTE DES CROYANTS, la différence n'est pas énorme entre ceux qui acceptent des résultats scientifiques qu'ils sont (de plus en plus) incapables de produire et de contrôler et les esprits religieux ... (p. 126) Il s'agit toujours de « croyances réflexives" fondées sur la contagion de la confiance de proche en proche.

"Il y a cependant une différence. Même pour les théologiens, l'idée que Dieu est partout est un mystère, et eux aussi l'acceptent sur la base d'arguments d'autorité. Pour les physiciens, en revanche, la théorie de la relativité n'est pas un mystère et ils l'acceptent pour des raisons dont la plupart n'ont rien à voir avec l'autorité." (p. 126) On notera la malice du "dont la plupart" .... Sperber sait bien que les bases "suivent" et se valent. L'abbé Bournisien et le pharmacien Homais, également opaques aux désirs de "Madame Bovary", sont deux crétins, LA DIFFERENCE SE SITUE AU SOMMET. Le dieu de Boumisien est une conception absurde, les savants dont se réclame Homais sont des gens bien.

L'ouvrage de Sperber pointe le rôle de la "communication" tellement à la mode de nos jours. 'Tandis que les croyances intuitives répandues doivent leur distribution à la fois à des expériences perceptuelles communes et à la communication, les croyances réflexives répandues doivent leur distribution presque exclusivement à la communication." (p. 131)

La croyance en dieu n'est pas innée. L'existence d'un seul athée en serait la preuve suffisante. Je suis (récalcitrant au bourrage de crâne de la "bonne nouvelle"), donc ... dieu n'existe pas.
Sperber se livre à une comparaison entre trois types de croyances réflexives et leur niveau culturel respectif de diffusion: un mythe dans une société sans écriture, la croyance selon laquelle tous les hommes sont nés égaux et le preuve de Gödel.

1) Un mythe raconté attrayant voit sa crédibilité s'éroder avec le temps. La valeur "vérité" va s'estomper, mais la perte de crédibilité peut s'accompagner d'une persistance de la mémorabilité et de l'attrait, le mythe finit ainsi comme un conte.

2) "La croyance selon laquelle tous les hommes naissent égaux est un exemple typique de croyance réflexive: elle n'est issue ni de la perception, ni de l'inférence inconsciente. A l'exception des philosophes qui l'ont conçue, tous ceux qui ont adopté cette croyance l'ont acquise par le biais de la communication. Une telle croyance n'impose aucune charge significative à la mémoire, mais elle pose des problèmes d'intelligibilité, et de fait elle est comprise différemment par des personnes différentes. Comme je l'ai déjà suggéré, le fait que cette croyance se prête à plusieurs interprétations a sans doute contribué à son succès culturel." (p. 133)

Excellents arguments pour éclairer les gémissements contemporains sur la perte des connaissances en matière religieuse et de la "mémoire"! Le christianisme notamment voit sa « geste" s'estomper dans la culture. Des-montages idéologiques de substitution viennent prendre le relais avec des émotions plus fortes et rajeunies qui posent les MEMES "problèmes d'intelligibilité". Mais nous savons grâce à Sperber que l'obscurité d'une cause est loin de toujours nuire à son expansion.

Au mythe "qui semble avoir une vie propre et survivre et se répandre dans des conditions historiques et culturelles très variées" (ce qui suscitait l'étonnement de Marx dans ses "Manuscrits de 1844"), se substitue "le destin d'une croyance politique ( ... ) lié à celui de certaines institutions. Les facteurs écologiques, et en particulier l'environnement institutionnel, jouent, dans la distribution d'une croyance politique, un rôle plus important que les facteurs cognitifs." (p. 134)
Le suffrage (relativement) universel, l'existence de partis politiques qui se réclament tous de la croyance en l'égalité des hommes à la naissance jouent le rôle de preuve improbable. Les sociétés se sont durcies et renforcées depuis l'âge d'or ...

3) Quant à la preuve de Gödel, "l'organisation cognitive des humains est telle qu'ils ne peuvent guère comprendre le contenu d'une telle croyance et ne pas la partager." (p. 134) C'est pour le coup que s'impose la réflexion de la soumission: "Faut pas chercher à comprendre". On retrouve les procédures de communication : "Le fait que les théories scientifiques qui ont le plus de succès s'imposent à la plupart de ceux qui les comprennent est manifeste à ceux qui ne les comprennent pas." (p. 134) Mais les scientfiques ne sont pas des curés en ce qu'ils ne demandent jamais au public de comprendre leurs théories et d'y adhérer. On ne le forcera pas à entrer, c'est le contraire du "compelle intrare" évangélique.
D'où un bon symptôme qui pourrait faire définition : Est religieuse toute "vérité" (absurde ou non, mais ce n'est pas le plus important) dont on cherche à me convaincre. Le "communisme" qui n'est pas une absurdité est une religion.


SELECTION ET ATTRACTION DARWINIENNES DANS L'EVOLUTION DES CROYANCES

Selon Sperber les croyances ne sont pas fixes, elles évoluent et pas n'importe comment. Leur succès s'accompagne d'un certain affadissement synthétique. "Ainsi, parle-t-on de LA croyance en la résurrection, de LA recette du Yorkshire pudding, ou de LA légende du Roi Arthur, chacune étant caractérisée par un contenu. Il s'agit à chaque fois d'une abstraction, comme lorsqu'on parle de la girafe, de l'ordre dorique, ou du paysan russe." (p. 140)
Chacun prend un air entendu, alors qu'il serait bien en peine de développer un tant soit peu la croyance évoquée ... On comprend en gros ... Le mot se substitue à la chose, qui était déjà un mot. C'est ça la culture.

Les représentations culturelles pour Sperber sont des "réplicateurs", "c'est-à-dire des objets capables de produire des copies d'eux-mêmes. ... Il peut arriver que, dans ce processus, une représentation subisse une "mutation" et qu'une représentation mutante soit à l'origine d'une nouvelle souche. " (id)

On a alors une sélection impitoyable entre les "mêmes" chers à Richard Dawkins, qui ne sont donc plus tout-à-fait forcément les mêmes! Encore une fois, il y a une probabilité forte que le "christianisme" actuel n'a plus rien à voir avec ce qu'il a pu être il y a trois ou huit siècles. Toute copie est aussi une transformation et le débat ouvert par Sperber sur l'adaptation du darwinisme aux objets culturels est mené dans la sérénité.

Le rôle tenu dans le darwinisme par les difficultés et obstacles surmontés qui assurent la survie des plus aptes est tenu dans le domaine des croyances par leur capacité à oser agresser et transgresser le bon sens. "Plus c'est gros plus ça passe!"
"J'ai soutenu (Sperber, 1974, 1980, 1985) que les croyances qui vont directement à l'encontre des attentes que déterminent en nous les modules cognitifs (par exemple les croyances en des êtres surnaturels capables d'actions à distance, d'ubiquité, de métamorphose, etc.) acquièrent de ce fait une visibilité et une pertinence qui contribuent à leur robustesse culturelle. Pascal Boyer (1990) a souligné à juste titre que ces éléments contraires à l'intuition dans les croyances sur les êtres supernaturels sont en fait peu nombreux, et se combinent avec un ensemble d'éléments qui au contraire confirment les anticipations fondées sur les modules." (194)

Le croyant est un rêveur éveillé. Il sait "au fond" que l'ubiquité divine est absurde, mais il aime jouer avec cette idée, à se faire peur: et si le monde était fou ? ainsi s'amuse à penser régulièrement le croyant. Et la vie de tous les jours, y compris des actes obsessionnels religieux, est là pour le rassurer et lui procurer le confort. J'ai connu une intellectuelle d'origine protestante qui entonnait les psaumes dès qu'elle entrait aux cabinets.

"Dès lors que vous avez des états mentaux dans votre ontologie, et la capacité d'attribuer à autrui de tels états mentaux, il n'y a guère plus d'un pas à franchir pour que vous ayez des désirs sur ces états mentaux - le désir qu'elle croie ceci, le désir qu'il désire cela - et pour que vous formiez l'intention de modifier les états mentaux d'autrui. " (pp. 203 et 204) Ainsi va une "théorie de l'esprit" qui essaie toujours de se fonder elle-même à l'infini ... comme spirituelle. Le but de l'opération étant de calmer la douleur de la contradiction.
"Vous pouvez croire avec une foi totale à la Sainte Trinité, et être cependant conscient de la force intuitive de l'idée selon laquelle un père et un fils ne peuvent pas être une seule et même personne." (p. 206 et 207)

Les lois raisonnables de la matière ne cessent d'obséder le croyant, à moins qu'il ne soit complètement et visiblement fou. "L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites." Mais cette révélation de Camus ("L'homme révolté") ne l'atteint pas, elle est réservée aux anthropologues matérialistes.

       Claude Champon et Tribune des Athées 20/01/2002



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