La chronique
   
UN NOUVEL ADHÉRENT D'HONNEUR

UNE GRANDE FIGURE ATHÉE

Il s'agit du dramaturge allemand Christian Dietrich Grabbe (1801 - 1836). Moins connu que Kleist (“Arminius”) ou Büchner (“La mort de Danton”), il s'inscrit dans ce courant de littérature maudite (tous ces gens meurent jeunes), reflétant le traumatisme allemand consécutif à la Révolution française et à Napoléon et inaugurant un type de théâtre politique convulsif qui conduira à Brecht et à Peter Weiss (“Marat-Sade").

Il faut lire absolument “Napoléon ou les Cent-jours” (collection bilingue AUBIER-MONTAIGNE 1969). C'est la plus claire des explications historiques des clivages qui marqueront la France jusqu'à la seconde guerre mondiale. Il est intéressant que cette clarté, non dépourvue de dérision, soit l'oeuvre d'un allemand.

Il nous importe également que l'exposition des conflits historiques et des mouvements d'opinions se dégage sur un fond d'immanence totale. Comme l'écrivent dans leur présentation JoëI Lefebvre et Peter Bürger:

“Grabbe rejoint (...) le concept central du théâtre baroque. Mais il y a aussi une différence fondamentale entre les deux: pour le baroque, la mascarade dissimule la réalité divine, tandis que pour Grabbe, elle ne cache rien du tout, elle est l'essence même de l'histoire. Ce que l'on appelle le processus historique n'est que la juxtaposition des différents moments de cette mascarade.”

Reconnu dans le cercle des amis de Marx, notamment par Henri Heine, Grabbe avait une conception plus laïque qu'eux de l'action humaine, qui ne faisait aucune concession au “sens de l'histoire”.


L'histoire est désacralisée et les hommes les plus respectables sont bien des “acteurs”.

Claude Champon et Tribune des Athées 02/03/2002



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