La chronique
   
CONTRE LE "FAIT RELIGIEUX" A L'ECOLE PUBLIQUE EN FRANCE ET AILLEURS


1 - A l’heure de la violence nationale et internationale directe (Proche-Orient) ou discrète (Eire, où l’Eglise catholique voulait encore renforcer son pouvoir coercitif sur le corps des femmes, et Irlande du Nord) il est pour le moins intempestif de donner un statut scolaire public aux formes de la VIOLENCE RELIGIEUSE particulièrement présentes dans les ‘monothéismes” qui s’attirent la bienveillance ministérielle : éclat de révélations illusoires (Moïse, Jésus, Mahomet), chantage à l’au-delà (salut de l’âme après la mort), conversions traumatisantes (chemin de Damas !), stupéfiants miracles (Lourdes), conquêtes et prosélytismes (croisades, d’jyad et missions), séquestrations (monachismes masculin et féminin), cruelles émotions (le Sacré-Coeur), morbides illuminations, obscurs “mystères”, traditions imposées, tout cela au nom d’une meilleure intelligence du monde! De plus l’importation dans les écoles publiques de l’obsession sexuelle des religions sous forme de superstitions maniaques (le pur et l’impur), d’inhibitions et de misogynie serait une menace contre les enfants et les adolescents.

2- Conférer aux religions une sorte de statut d’intelligibilité renverse l’ordre des choses: loin d’aider à comprendre le monde dont elles font partie, se réclamant elles-mêmes de sources mystérieuses qui ne sont pas à la portée de tous - contre le “bon sens” démocratique selon Descartes - et étant par définition obscures à elles-mêmes, ce sont elles qui méritent d’être expliquées, ce qui ne peut être fait que d’un point de vue non religieux, làique. Et qu’on ne vienne pas dire que c’est l’ignorance des religions qui ... produirait la violence! L’histoire récente connait des Français que leur rencontre avec le “fait religieux” a transformés en partisans style Kaikal ou talibans ... en France ou ailleurs. Promouvoir à l’école publique - comme aux USA - la culture du mystère et de la foi aveugle aux côtés de la culture scientifique des chercheurs de la preuve constitue un crime nouveau contre l’humanité.

3- Décrire et expliquer les anciennes civilisations avec les religions qui y étaient attachées ne serait pas une nouveauté bouleversante, cela se faisait dans l’enseignement secondaire public français, remontant même en-deçà du judéo-christianisme, héritier de l’Egypte et de la Mésopotamie. Mais les programmes de 2002 pour le primaire stipulent que les trois seules religions (“du Livre“!) seront enseignées au cycle III indépendament des civilisations correspondantes, abordées plus tard, “au collège”. Or toute la prétention des sectes et des églises consiste à se poser comme extérieures à l’histoire des hommes et à la critique historique. En décontextuaiiser l’enseignement revient à faire directement leur lit.

4- Tout étant “priorité nationale“ : le français, les langues vivantes étrangères, régionales, la technologie, les arts visuels, l’informatique, lnternet, on s’étonne de l’adjonction de nouveaux temps d’enseignement nécessairement pris sur d’autres activités qui seront sans doute déclarées publiquement par le ministre secondaires. En même temps on travaille à alléger les programmes, toujours déclarés trop lourds, à poursuivre et approfondir toujours plus tard.

5- La pédagogie actuelle (depuis la loi d’orientation de 1989) étant le constructivisme cognïtif (l’enfant au centre du système éducatif construit ses propres apprentissages), va-t-il falloir ‘aider” chaque élève à construire son propre “kit” de représentations religieuses alors que toutes les églises sont particulièrement jalouses de l’adéquation “fidèle” à fa norme unique imposée ? A moins que le ministère n’autorise un retour à la pédagogie de la transmission au seul bénélice des contenus religieux dont l’incubation ne peut être en ettet que dogmatique.

6- Il est de toutes façons choquant et très réducteur de continuer à prétendre que la naissance des monothéismes (trois et avec d'infinies variations ! aurait marqué un “progrès” sur les autres types de croyances (animisme, chamanisme, mazdéisme, zoroastrisme, culte des ancêtres, des esprits au Japon, du soleil chez les Amérindiens) prises très au sérieux par les ethnologues et anthropologues comme Lévi-Strauss.
Et si comme le declarait le 14 décembre 2000 Jack Lang: il faut que l’enseignement prenne en compte la totalite de l'être humain’, alors les formes de la pensée athée devraient également être abordées à l’école, dès le primaire, et en compléter ainsi les programmes.

Claude Champon et Tribune des Athées 15 avril 2002



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