La chronique
   
EGLISE CATHOLIQUE ET EVOCATION DES ESPRITS (1)

Les libres-penseurs et autres laïques européens plus ou moins agnostiques sont en train de se faire complètement avoir par l'église catholique. Celle-ci, soumise à de rudes difficultés (incertitudes du pontificat, bricolage du catéchisme, perspective d'une Europe islamisée, évidence d'une pédophilie chronique) utilise des armes nouvelles au point de se faire passer pour une ONU moderne et fréquentable ; en même temps elle renoue ou noue des liens nouveaux avec les pires superstitions de l'humanité, au point même de s'affranchir de certains interdits longtemps dogmatiques, par exemple du spiritisme.

Le père François Brune est un des éléments avancés de l'église dans la direction de la « transcommunication instrumentale ». Ce brave homme ne se soucie guère de cohérence : à la position traditionnelle (« après la mort il ne reste rien, jusqu'à la fin des temps, ou tout le monde ressuscitera en bloc ») il juxtapose une foi non moins traditionnelle (la tradition est le cache-misère intellectuel le plus répandu) assise sur les message reçus par la TCI 'La mort n'est qu'un passage et la vie continue ensuite dans le sens de la révolution spirituelle.
Interrogé sur la position officielle (mais pas très criée sur les toits) de l'église il rappelle le feu vert” de Pie XII en 1952 et la déclaration beaucoup plus récente du théologien Gino Concetti à l'ANSA (agence de presse italienne) en 1996 : L'église n interdit plus les contacts avec l'au-delà, si c'est dans le but de soulager les personnes en deuil ou de faire avancer la science. Monument de jésuitisme qui invoque pêle-mêle le besoin névrotique de consolation et le progrès de la science qui n'attend évidemment rien de ces inepties.

Le journaliste du Figaro, Didier van Cauwelaert, s'étonne alors :
- La plupart des messages reçus nous parlent de bonheur et de lumière. L'enfer et le purgatoire sont t'ils désaffectés ?
A cette question effarante à plus d'un titre, l'abbé Brune répond très sérieusement :
- Dieu ne punit jamais. Mais nous subissons les conséquences de nos pensées. Ceux qui ne croyaient à rien se retrouvent prisonniers de l'obscurité et de la solitude qu'ils ont eux-mêmes créés. Ceux qui n'ont pas su aimer demeurent la proie de leur égoïsme. Ceux qui n'ont pas réussi à pardonner continuent à souffrir de la haine qu'ils éprouvent.

“Nous subissons les conséquences de nos pensées : C est la définition même de la pensée magique, de la superstition : et quelles délices de culpabilité à la clé !

Ceux qui ne croient à rien sont reconnus au moins capables de créer l'obscurité et la solitude. Mais c'est une importante concession cela ! S'agissant de personnes comme nous qui demandons simplement d'abord qu'on nous fiche la paix, c'est même un hommage à une réussite certaine. Le nouveau dieu ne punit jamais, ne nous rendez pas l'ancien.

L'ensemble du discours participe d'une conception assez hugolienne du mérite automatique et de la « justice immanente », peut-être d'origine antique (païenne !), qui marque le triomphe de l'humanité autosuffisante sur une quelconque divinité régulatrice.

Le comble est atteint avec cette déclaration : Certains messages (de la TCI CC) nous affirment que la dernière miséricorde de Dieu, pour ceux qui refusent indéfiniment d'aimer, est de les laisser retourner au néant. Ce serait la seconde mort dont parlent les Ecritures.

C'est une consolation pour le R.P. que les « Ecritures” aient prévu le cas où son dieu ne peut s'opposer à notre ténacité. - Que demande le peuple ?

Si le spiritisme (comme l'astrologie) est le matérialisme des imbéciles, il est instructif de voir l'église catholique tentée d'explorer cette voie.


1) D'après le Figaro Magazine du samedi 15 avril 2002 p. 49.

Claude Champon et Tribune des Athées 10/9/2002



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