La chronique
   
LES COMPOSANTES PRIMITIVES DE LA PRIERE

LE BLASPHEME EST UN DROIT DE L'HOMME


- De quel droit un athée parlerait-il de la prière ?

- Du même droit que s'arrogent les croyants de nous bassiner avec leurs dieux. Des exposés les moins douteux (le “Catéchisme de l'église catholique” édition française Mame-Plon de 1992) il ressort que la pratique religieuse dite de la prière repose sur toute une conception de l'homme et de l'univers aberrante du sens commun, que les “orants” eux-mêmes (orant : celui qui prie) auraient honte d'utiliser hors du champ de l'aliénation religieuse et qui constitue une insulte à l'encontre des autres formes de méditation et de pensée.

1 - LES LIEUX NATURELS : HAUT et BAS absolus.

L'orant est en bas et sa prière monte. Pour une couche idéologique extrêmement ancienne de notre évolution il y a, dans le langage d'abord et dans la pensée spontanée quotidienne ensuite, un haut et un bas absolus dans le monde.
Bien sûr il y a certainement toujours des gens, une minorité, pour penser que la terre est ronde et que nos antipodes n'ont pas besoin de semelles adhésives puisque NOUS n'en avons pas.

Inspiré ou plutôt aspiré par son axe dominant le bipède vertical, l'homme debout, se voit “en bas” par rapport à son seigneur, le christ “en bas” du père. Il s'agit d'un monde qui repose sur la vision sociale du despotisme oriental avec ses soumissions et ses contre-plongées successives, le reflet des grands empires tyranniques d'où nous viennent toutes ces sales habitudes de courbettes, aplatventrissements et autres agenouillements.
Innombrables métaphores normatives orientées en termes d'arbres des séphirots, de vie, des karmas, échelles de Jacob, dont le phallisme infantile n'est qu'une reconquête illusoire sur fond d'abaissement essentiel. Le premier est le dernier, le plus haut le plus profond ! “altus” en latin.

Au siècle de Louis XIV, plutôt celui de Galilée, on disait couramment « le ciel » pour désigner le dieu. Bossuet ou le Dom Juan de Molière parient le même langage indigent et petitement anthropocentrique. Toute oraison est adoration d'une autorité humaine divinisée sur le modèle du Roi-Soleil (!) ou du “lion” selon La Fontaine. Le christianisme trahit ses origines solaires.


2- LE A TU ET A TOI ET L'APORIE DU LANGAGE DU DIEU.

Alors que l'être humain se jette comme un pont de l'animal à la machine, une monarchie internationale comme celle du Vatican patauge et se noie dans un personnalisme de l'entre-deux et se raccroche à une relation hallucinée en deuxième personne, faisant fi de l'irréalité des interlocuteurs supposés.
L'orant, perdu dans une aliénation de son mental, l'arrêt de sa vigilance et l'irréalisation de lui-même et du monde est posé comme une personne, ce qui est une prétention osée, puisqu'on a seulement affaire alors à un être diminué, amputé, gymnaste (“athlète de dieu”) qui aurait perdu bras et jambes. On connaît de nos jours l'altération neuronale du cerveau des orants qui affecte leur aptitude à distinguer et à relativiser (cf C. Champon TA n0 107 et R. Roze des Ordons TA n0 108).
Plus téméraire encore la représentation du dieu comme personne, présente avec ses humeurs, son attention, sa réflexion, sa jugeote, son espace de négociation dans une affaire juridique ou une querelle conjugale. On est évidemment là dans le reflet de la relation entre un soumis, un serviteur, un esclave et son maître, son roi, dont il essaie de percer, de sonder, de deviner, d'anticiper l'état d'esprit et les intentions. Sordide.
Et tout cela se passe dans la prière chrétienne ou autre par la parole, ce qui ne choque pas l'anthropologie moderne, s'agissant de la personne humaine plus ou moins mutilée, mais fait sourire quand on attribue cette parole au dieu tout-puissant. Le petit Jean-Christophe de Romain Rolland qui donne des ordres aux nuages et se fait “obéir” par eux n'est pas ridicule ; toute parole, humaine, est magique.
Par contre le dieu unique et parfait est évidemment muet, les catholiques jansénistes, voire les jésuites, leurs grands ennemis, en avaient eu le pressentiment. Les attributs absolutistes par lesquels on croit le flatter comme un roi sauvage : unique, très bon, très grand, miséricordieux (mais nos Etats “civilisés” connaissent bien aussi le cirage de pompes), éliminent toute possibilité de lui prêter un langage et la possibilité de répondre à l'orant.

Si la matière et ses formes organisées en êtres vivants constituent un gigantesque réseau de signaux qui convergent en l'homme (encore que le rat, la mouche ou la pieuvre pourrait avoir la même prétention), c'est justement que la transcendance divine marque le seuil d'incompétence du divin en termes de langage. Pouvoir penser la nature est le seuil de la transcendance (Kant) ; dès qu'il est atteint celle-ci se pétrifie dans le silence qui effrayait tant Pascal. Je constate que les hommes pérorent, c'est pour cela que leur dieu est muet.

C'est l'argument ontologique renversé : l'absolue perfection dont l'orant accable le dieu le prive de toute existence humaine, c'est-à-dire de tout langage (autant implorer une souche ou un autobus), car le langage de type humain, je n'en connais pas d'autre, s'inscrit dans l'abandon de tout mythe de la langue universelle ou de plénitude absolue, puisqu'il est précisément la marque d'un manque qui renvoie l'illusion de l'omnipotence tyrannique au magasin des accessoires. On trouverait une exception chez les grands intoxiqués de la parole paternelle capables alors de faire les réponses avec les questions comme le président U.S. presbytérien narcissique, Woodrow Wilson, amené à se prendre pour Jésus-Christ et à la limite pour le père, magistralement disséqué par Freud dans le livre écrit avec l'ambassadeur William C. Bullitt (“Le président Thomas Woodrow Wilson” Portrait psychologique (1938) ALBIN MICHEL 1967, livre qui est aussi bien un pamphlet et une brillante descente en flammes de toute politique chrétienne qui s'inspirerait “de l'écriture sainte”).

Plus l'orant s'escrime à prier, plus il prouve l'inexistence de son dieu ; lui, pas nous, les athées, qui avons autre chose à faire.

On ne s'étonnera pas de trouver Jacques Lacan au nombre de ceux qui affirmaient que le silence de l'interlocuteur n'équivaut nullement à son absence ; la réponse est à découvrir et à enregistrer, même si on ne l'entend pas. il n'est pas de parole sans réponse même si elle ne rencontre que le silence pourvu qu'elle ait un auditeur”. (Tzvetan Todorov “Freud sur l'énonciation» in la revue langages” n
0 17 mars 1970 page 36). Lacan en remettait même avec son histoire du psychanalyste mort à son poste sans que cela ne gêne le cours de la séance ni son efficacité …


Le mystère de la réponse absente mais exaucée par la demande même de l'orant trouve plutôt une illustration réjouissante dans les propos d'un taulard arabe dans le roman “Monsieur Jadis ou l'école du soir” d'Antoine Blondin :

“C'est trop con, tu comprends : tu passes la vie à faire la queue, pour ta soupe, pour le chômage, pour le secrétaire de mairie, pour l'assistante sociale, pour le sous-chef de mon zob, t'attends partout, t'attends toujours, tu vois personne... Et là, t'as qu'à fermer les yeux, t'es reçu directement par le patron, tu peux rester autant que tu veux et plus tu lui parles, plus il est content, ma parole !“ (La Table Ronde 1970 page 145).

On saluera l'astuce de la description clinique : fermer les yeux pour voir, bien sûr, et plus et plus loin, dialectique courante dans toutes les mystiques ainsi que le clin d'œil du juron courant ma parole”, qui sonne comme lapsus révélant la solitude réelle de l'orant. C'est la logique des autruches qui se mettent la tête dans le sable pour ne pas être vues. Combien d'humains, trop humains ne sont-ils pas autruches à ce compte ?
Les présences qui déçoivent fraient la route à l'absence qui comble. C'est l'explication marxienne de la religion dans l'introduction à la “Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel” (1843-1844).

3- DE LA PRIERE CROYANCE-CREANCE AU FORMALISME VIDE.

La prière, notamment chrétienne, est un syncrétisme, une salade qui ramasse et brasse des fonctions religieuses primitives trop grossières pour être désormais exhibées une à une séparément : l'oraison simple, la bénédiction, la célébration, l'adoration, la demande, la conjuration, le témoignage (la”pro-testation”), l'intercession, la louange et la gratitude, tout cela dans un fatras ambigu et réciproquement circulaire.
Le “Catéchisme de l'église catholique” ne répugne pas à présenter la diversité de la prière, sa “richesse”. Mais nous nous souvenons tous des simplifications de notre enfance et des manuels réduisant la prière à une situation de mendicité (cf “L'explication simple et pratique de Mon catéchisme” par le chanoine Quillet Les éditions de l'école 1938). La prière créance est l'interprétation demeurée la plus répandue.

Prière du boutiquier : “O mon Dieu, faites hausser mes actions de Lyon, doux seigneur Jésus, faites-moi gagner 25 pour cent sur mes Naples certificat Rothschild, Saint-Esprit vendez mes vins. Bienheureux martyrs, doublez mes loyers, Sainte Marie, mère de Dieu, daignez jeter un oeil favorable sur mon petit commerce.”
(Victor Hugo “Napoléon le Petit»)
Prière d'une jeune sicilienne selon Anatole France : “Sainte Marie mère de Dieu, vous qui avez conçu sans pécher, donnez-moi la grâce de pécher sans concevoir»

Avec son manque habituel d'honnêteté intellectuelle l'église papiste qui postule l'origine innée, naturelle et surnaturelle de la prière, invoque aussi une tradition et un apprentissage. Les prêtres catholiques ne tiennent pas à laisser les fidèles prier seuls ; cela pourrait faire désordre et leur échapper... S'ensuit une véritable bureaucratie de la prière et un encadrement total de ses manifestations. La foi, l'espérance et la charité y sont claquemurées dans des idioties. Un des griefs les plus répétés de la hiérarchie (pouvoir sacré) contre l'apostolat nouveau était que les prêtres-ouvriers n'arrivaient pas à trouver le temps de s'abrutir en moulinant leurs prières, pardon en lisant leur bréviaire (d'après les prêtres-ouvriers” brochure de 1954 et Jean Anglade “Les greffeurs d'ortie” 1958).


4- UN CORPS HYSTERIQUE REFOULE MAIS AUSSI MOBILISE.

“Il faut distinguer entre la prière privée et la prière publique. L'Eglise a nettement encouragé la dernière, malgré les paroles consignées dans les évangiles : “Lorsque vous voudrez prier, entrez dans votre chambre et, la porte étant fermée, priez votre père en secret” (Matthieu VI, 6). On a tout dit du psittacisme de la prière et des “oraisons». Les prêtres catholiques, ces croqueurs d'oremus, se gaussent des prières bouddhistes. On sait que les disciples de Confucius font tourner des moulins à prières, c'est-à-dire des moulins dont les ailes sont ornées de textes laudatifs adressés à la divinité. Que de chrétiens sont eux-mêmes de véritables moulins à prières ! La formule, c'est tout. Le cœur et la raison n'y sont pas.» (Henri Perrodo-Le Moyne “Prêtre, j'ai choisi la liberté» Ed. Union des Athées 1972).

Pendant des siècles on a récité le rosaire (un petit grain = un Ave ; un gros grain un Pater, phallocratie oblige) devant l'hostie dite consacrée. Vatican II a fini par interdire cette récitation.

“Ce besoin d'associer les sens à la prière intérieure répond à une exigence de notre nature humaine. Nous sommes corps et esprit, et nous éprouvons le besoin de traduire extérieurement nos sentiments» (“Catéchisme catholique” 1992 page 547).

Cette expression si gauche du dualisme mal surmonté de l'intérieur et de l'extérieur (comme du haut et du bas) marquera du sceau du ridicule l'église catholique pour la fin des temps. Voilà des gens qui en sont encore à se débattre avec un dualisme primitif à dominante spiritualiste (mens agitat mollem), dont ils n'arrivent pas à se débarrasser et que nous sommes amenés à croiser dans les rues. Que fait la police ? Ils ne sont pas encore sûrs d'être des animaux (un peu) fous et semblent ignorer les contraintes de leurs viscères, de leurs hormones, de leurs variations endocriniennes, de leurs hypophyses, de leurs endorphines et de leur adrénaline.
En redécouvrant le corps humain l'église romaine manifeste l'oubli profond et le mépris durable dans lequel elle l'a tenu. Elle refoule et tait la qualité de jouissance qu éprouvent les orants en action : le croyant ou la croyante qui dit “mon Dieu” éprouve, n'en doutons pas, un plaisir énorme à recéler et à déguster l'objet total de la foi dans sa bouche. Ca fait du bien par où ça passe. La manducation (vocabulaire ecclésiastique !) de l'hostie qui pose déjà pas mal de problèmes (avec ou sans les mains ? ) est moins gratifiante, d'ailleurs entourée d'obsessions : il n'est pas indiqué de la mâcher, ni même de la toucher avec les dents ! En revanche la masturbation orale du nom du dieu est toujours disponible. Ce qui conduit à l'inverse de la prière et par le même chemin à son envers, soigneusement dissimulé, l'imprécation.

Sur fond commun d'obsession orale, la prière se renverse en son contraire (précation et prière viennent toutes deux de “pregare”). Le rite renforce cette obsession.
Le patient de Freud, “l'homme aux loups”, était en proie à des impulsions irrésistibles qui lui faisaient dire : “Dieu merde, Dieu cochon”. J'ai connu un ancien communiste qui ne pouvait se mettre à table (et seulement à ces occasions) sans proférer : “Communistes ... assassins ! »sous la forme même de la demande-répons “Dominus vobiscum ... et cum spiritu tuo”. Il fallait seulement qu'il fût seul, ça ne se produisait pas quand il mangeait en compagnie.

Le registre de l'obscène ne serait pas complet sans l'imprécation, la vocifération blasphématoire. Comme il y a la bénédiction, il y a la malédiction, et les croyants sont étonnamment réducteurs qui croient qu'on peut faire l'économie du négatif et “positiver” dans l'innocence.

Le spectacle offert par certains touristes des JMJC à Paris en 1997 était obscène comme l'escamotage médiatique du C de l'adjectif catholique.
L'obscénité religieuse ne se partage pas. Seulement l'organisation de référence veut en voiler la moitié nocturne, la part d'ombre et nie la gémellité de l'anti-prière attachée à toute prière. Les chrétiens si volontiers “choqués”, “agressés” par les blasphèmes qu'ils dénichent à toute occasion témoignent d'une fascination pour ce dont ils se plaignent non sans délectation morose. Etre choqué témoigne d'un intérêt obscène pour ce qui choque.
Les accroupissements rituels (cf Rimbaud !) renvoient à la posture du singe dominé devant son dominateur ; les balancements des fidèles à la synagogue évoquent un ritualisme masturbatoire obsessionnel, repéré par Freud ; d'une manière générale le corps en prière se donne à voir et exhibe contradictoirement ses projections lourdes et fines au moment même où il prétend les transcender et témoigner d'une autre dimension, irréelle, diaphane, céleste ... Que certains éprouvent une joie à se prosterner, à se traîner par terre, à joindre ou à lever les bras, libre à eux, mais qu'ils ne nient pas la nature terrestre des gestuelles, des stéréotypes ni du plaisir qu'ils en tirent.


5- LA FUITE DANS LA MUSIQUE ET DANS LA PAR(AB)OLE.

Double réponse apportée au problème des dualistes religieux : l'èthérisation du corps trop encombrant, sa sublimation dans la musique et le chant. “Chanter, c'est prier deux fois”. Pourtant on n'a pas oublié les railleries de nos ancêtres (Voltaire) sur les piaulements, les mugissements et les nasillements séculaires des chants sacrés. Ou la musique est belle, mais les prêtres craignent alors qu'il s'agisse d'un autre culte, esthétique, mondain, harmonique et, oh horreur, pythagoricien. Ce Bach est bien suspect qui se balade de chorals en messes, oecuménique ou j'm'en foutiste du moment qu'on le laisse se prendre pour le dieu de la musique (“Le clavecin bien tempéré”)?
Version moderniste : la parole “inspirée». Les bons pères ont suivi mai 1968 et la culture 'psy”, thérapique comme psychédélique (cf la “médiologie” resucée de la religion selon les analyses de Régis Debray). La parole, libre expression “de gauche” est politiquement correcte ; vivent les transes en langues (de préférence régionales) et le “renouveau” charismatique. Comme on avait eu le socialisme médiéval au 19ème siècle, la mode est au capitalisme moyenâgeux : accès par péage et processions d'enfants hallucinés à la Jack Lang, le troubadour techno. Et l'écrit est rejeté comme immobile et périmé, surtout susceptible de critique !
On peut et on doit admettre que les êtres humains ont besoin de gesticuler et de divaguer (très beau mot qu'on aurait tort de prendre pour péjoratif). Mais qu'ils sachent au moins qu'ils sont seuls à faire leurs intéressants ; Vigny et aussi Nerval ont écrit de fort belles choses là-dessus.

Sous la formule de Beaumarchais : “Sans la liberté de blâmer il n'est pas d'éloge flatteur” se dissimule un aphorisme autrement vigoureux : “Sans la liberté de blasphémer (“blâmer” vient bien de “blasphémer”) il n'est pas de prière élogieuse.” Ceux qui parlent volontiers au nom de leur dieu et prétendent défendre ses intérêts devraient ... prier pour que le droit au blasphème soit inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme.


L'anti-prière, le blasphème reconnus sont la clé des libertés privées et publiques. Ou encore la “publicité comparative” en principe interdite ... à tort. La promotion d'une agence de rencontres comporte la réclame suivante : “Pas d'animatrices, pas de temps perdu”. On imaginerait bien un syndicat d'animatrices portant plainte pour insupportable blasphème contre leur noble profession ... Seul remède à de telles dérives : universaliser le droit au blasphème.


Une excellente nouvelle est celle de la relaxe le 17 septembre 2002 de l'écrivain Michel Houellebecq devant la 17° chambre correctionnelle de Paris. Il y avait été traîné par des associations musulmanes et ... La Ligue des Droits de l'Homme. On croit rêver. C'est le procureur qui dès le début de l'audience avait requis cette relaxe. Enfin une volonté politique - il s'agit de la magistrature debout - de signifier qu'on peut mépriser une religion, et le dire et l'écrire.


Claude Champon et Tribune des Athées 27/9/2002



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