La chronique
   

Rien de nouveau sous la Coupole

 

L'ex-philosophe gauchiste Alain Finkielkraut (64 ans) est récemment devenu immortel surmontant une cabale intellectuelle, car l'ancien maoïste d'opérette est en crise d'identité - dernier ouvrage paru: L'Identité malheureuse, 2013 - conduisant certains à redouter que « le Front national rentrera au Quai Conti ».

Ce contre quoi il s'est élevé en s'estimant « très différent de l'image que je peux donner de pleureuse réactionnaire ».

Juif sioniste...de Paris, il demeure laïque et athée : « Dieu ne me vient jamais à l'esprit » avoue-t-il à Anne Fulda dans Le Figaro du 11 avril 2014.

Dès lors il rejoint d'autres athées immortels : rien de nouveau sous la Coupole !

 

Le croirez-vous ?

 

L'Institut de recherche américain Pew vient de mettre au point un indice de la diversité religieuse (IDR) qu'il a appliqué au monde entier, y compris les « non-affiliés », agnostiques et athées.

Ainsi, plus il y a de religions dans un pays, mieux c'est !

En tête viennent Singapour et Taïwan, des modèles !

La France, encore trop catho, n'est que 25e en dépit de sa « laïcité ouverte » !

MB

 

Aux portes du ciel

 

La statuaire taoïste du Hunan

 
Patrice Fava  2014

 

Merveilleux livre splendidement illustré avec des commentaires savants et pourtant accessibles d'un expert en art et anthropologie qui sait nous parler sans s'abriter derrière sa science qui est grande !

Une exploration du taoïsme dans le centre du Hunan, religion populaire célébrée par des Grands maîtres dont l'auteur a découvert des statues ignorées des Occidentaux jusqu'à ce jour, chez des marchands et des antiquaires.

Le taoïsme qui remonte à l'aube de la civilisation chinoise fut persécuté en diverses périodes de l'histoire de la Chine et en dernier lieu durant la Grande (mais courte) Révolution culturelle prolétarienne sur laquelle je réserve mon jugement.

Malgré ce, philosophie naturaliste devenue religion, le taoïsme se perpétue à l'heure de la modernisation effrénée et Mao Tsé-toung lui-même fait l'objet d'un culte, non pas comme tyran - l'auteur parle de « dictateur » terme occidental, p.316 - mais bien comme figure tutélaire, comme « empereur céleste », dont les exploits outre-tombe consolent ou prodiguent des bienfaits. Ainsi « Plusieurs temples lui sont consacrés dans différentes provinces. Au Hunan, il est omniprésent » - p.314 - le Hunan étant sa province natale avec Shaoshan et Changsha. « Sa canonisation s'inscrit dans un courant théologique » par-delà son bilan politique qui reste à faire.

Personnellement, je n'ai pas l'esprit religieux, mais je m'intéresse à toutes les religions, sujets, témoins et acteurs de l'aventure humaine de tous les temps sur tous les continents: intérêt et respect dans la liberté de pensée de la laïcité.

 

Un voyage spirituel dans les profondeurs du peuple hunanais quand Changsha explose de modernisation sous la pression de ses sept millions d'habitants, là où se dressera bientôt le building le plus haut du monde.

Combien de temples taoïstes dans cette tour de 838 mètres?

 

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Dans les années 80, j'ai imaginé par un graphique original que la dialectique de Mao Tsé-toung dans De la contradiction (1937) et autres œuvres philosophiques, s'apparentait au Yin et au Yang mais inégaux et en mouvement perpétuel au lieu de la forme taoïste équilibrée et stable, telle du moins que je la perçois. 

Chez Mao, un se divise toujours en deux, c'est la lutte ininterrompue des contraires, loi fondamentale de la nature, moteur de l'histoire humaine universelle.


Max Bayard

 

Jeanne d'arc

 

Qui était Jeanne d'Arc ?

Une jeune Lorraine encore pucelle et très pieuse qui se déguisa en chef de guerre pour bouter les Anglais hors de France.

Elle libéra Orléans et rejoignit le dauphin Charles à Chinon en 1429 qu'elle mena sacrer roi à Reims sous le nom de Charles VII.

Mais elle fut capturée, jugée par un tribunal franco-anglais présidé par l'évêque Pierre Cauchon et condamnée au bûcher  sur la place  du Vieux-marché de Rouen où elle expira dans les flammes le 30 mai 1431.

 Il y a au musée des Beaux-arts d'Angers un grand tableau figurant cette scène par Eugène Marie François Devéria (1808-1865) qui fut acquis par l'État en 1829 : c'est la première représentation picturale du martyre de Jeanne.

Sereine, grassouillette, en robe décolletée blanche et sobre, nus pieds, les yeux tournés vers le ciel s'en remettant à Dieu, elle sert un  crucifix sur son cœur quand sa tête nimbée d'une fine auréole lumineuse annonce sa sainteté qui sera proclamée en...1920!

Au premier plan un moine dominicain tonsuré lui présente Jésus en croix en haut d'une longue perche en or pour la rémission de ses péchés inscrits sur un écriteau fixé sur le poteau d'exécution : Sorcière, Idolâtre, Sacrilège, le reste étant illisible.

Ce sont les motifs de sa condamnation par le tribunal présidé par l'évêque de Beauvais et le cardinal de Winchester assis sur une estrade dominant des hommes en armes avec en arrière-plan des bourgeois et la populace près de la cathédrale gothique de Notre-Dame de Rouen sous un ciel menaçant.

Crevant l'écran, deux bourreaux activent le foyer qui réduira bientôt Jeanne en cendre à la honte indélébile de l'Église pour les siècles des siècles.

 
Max Bayard

 

Du contrat de travail spirituel

 

Un prêtre angevin a abandonné son sacerdoce il y a trente ans « parce que j'avais une lecture matérialiste de la Bible qui n'avait plus rien à voir avec Dieu ».

Aujourd'hui âgé, défroqué, marié, père de famille, il réclame à la Caisse d'assurance vieillesse invalidité et maladie des cultes (Cavimac) la prise en compte pour sa retraite de quatre années et trois mois durant lesquelles il a été « embauché pour une période d'apprentissage » par l'évêque d'Angers.

Il invoque ses obligations d'obéissance, de prière jour et nuit, de vie en communauté et surtout de célibat durant ces trop longues années.

L'affaire étant devant la Cour d'appel, celle-ci est en délibéré le temps de recueillir la Voix du Très Haut.

 
Max Bayard


À cœur vaillant rien d'impossible!

 

C'était le soir de Noël, il était déjà 18 heures. Le front appuyé à la fenêtre, Louis était perdu dans ses pensées.

Soudain, d'un mouvement brusque, il s'est écarté de la vitre en murmurant : « Je ne peux pas laisser faire ça ! ».

Il a attrapé son blouson, son écharpe et ses gants, et il est sorti sans rien dire à personne.

Dehors, la neige tombait à gros flocons et les rares passants avançaient avec précaution.

Une voiture, tous feux éteints, s'éloignait au bout de la rue et il passa près de Fleur d'eau sans vie.

Mais il s'arrêta devant les chalets du Ralliement qui offraient de belles vitrines bien éclairées et acheta un couteau-scie suisse.

Il remonta la rue d'Alsace sur la gauche alors que le tram vide descendait et entra à la Salamandre où débutait le dîner de réveillon.

Peu à peu l'ambiance s'échauffa, devint pétillante et lui communiqua des dispositions particulières.

L'heure venue, d'un cœur vaillant, il sortit discrètement, prit sur la droite pour la place Lorraine et, armé d'une farouche détermination, grimpa sur le cadre en bois placé là presque exprès et de son couteau, scia consciencieusement ce foutu « arbre de la laïcité » municipal planté de manière manifestement provocante pour commémorer la loi blasphématrice de « séparation » de l'Église et de l'État de décembre 1905.

Il ne pouvait laisser faire ça.

C'était à ses yeux une juste décapitation vengeant enfin celle de Louis Capet, de son épouse autrichienne, des prêtres au Ralliement en l'an II du calendrier impie et de Jean Nicolas Stofflet fusillé non loin de là le 25 février 1796; fameux général de la Grande Armée Catholique et Royale laquelle avait réussi à assiéger la ville par deux fois en 1793.

Son forfait accompli dans le soulagement, il s'enfonça dans l'obscurité alors que l'on entendait au loin les chants pleins de haute spiritualité de la messe de minuit en l'église St- Joseph, le faux père de l'Enfant-Roi dont les fidèles célébraient la Naissance miraculeuse dans une mangeoire, le premier-né d'une vierge selon le témoignage de Luc.

Certain de ne rencontrer aucune patrouille de la police nationale, de la police municipale ou de la gendarmerie malgré Vigipirate en rouge renforcé du fait des événements tragiques en Afrique centrale, il rentra chez lui tranquillement, fier d'avoir prouvé avec courage que la Vieille France vit toujours à l'ombre du château d'Angers; et le Ciel reconnaissant avait cessé de neiger.



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