La chronique
   

TURQUERIES

 

 

La question de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne semble concentrer toutes les folies et tous les désordres possibles.

D'abord chez les Turcs ou ceux qui parlent en leur nom. Depuis quand ont-ils souhaité devenir "européens" ? L'idée dominante du Grand Turc était simplement de conquérir les pays "roumis" (romains) pour y renverser la chrétienté alors dominante et y substituer son pouvoir et selui de l'islam. L'Europe entière aurait été turquisée comme le furent les Balkans, la Grèce.

Depuis, les pays européens se sont largement sécularisés, même si pas assez ni complètement, et la Turquie du "Père des Turcs" (Ataturk) s'était déclarée laïque. Disciple de Pierre le Grand, Kemal faisiat raser les barbes et interdisait le voile (alors que la France coloniale le tolérait en Algérie "française"). Les femmes turques eurent le droit de vote en 1932, bien avant les Françaises.

Les Turcs cherchent-ils vraiment le progrès en voulant entrer dans l'Union Européenne ? Ne sont-ils pas les premiers grands fous dans cette affaire ? Qu'ils maîtrisent leurs "islamistes modérés" et ne souhaitent pas se coltiner les Bayrou et autres "démocrates chrétiens" dont le moins dangereux n'est certainement pas Rocco Butiglione, ami personnel et créature de jean-Paul II, qui avait été présenté au poste de commissaire européen à la justice, à la liberté et à la sécurité, un peu comme si le ministre turc de la justice était un taliban... On pourrait aussi bien parler de l'entrée de l'U.E. dans la Turquie, c'est à dire dans un pays où le parlement vote sur ce genre de questions, à la différence du parlement de l'Union Européenne ou de la France sous la Vème république..., et où le voile islamique est interdit dans les écoles publiques, à l'université et pour les fonctionnaires. Mais aux conditions d'adhésion demandées à la Turquie, combien d'états de l'Union Européenne mériteraient d'en être ? Bien que le divorce soit interdit à Malte du fait de l'omnipotence de l'église catholique, qui s'en est soucié ?

Sur le "malentendu" concernant le Code Pénal turc, il me semble que tout le monde marche à front renversé et sur la tête.

- Pour le Turc moyen, il est maintenant avéré que les Européens sont favorables à l'adultère et à la license des moeurs (les Grecs, les Polonais, les Irlandais, les Maltais et autres culs bénits apprécieront).

- Dans la tradition occidentale, la Turquie et le mahométanisme en général ont toujours été assimilés à la license sexuelle et à la luxure (images folkloriques du harem et polygamie remontant jusqu'aux préceptes et à la considérable sexualité du prophète).

La loi contre l'adultère pouvait très bien être une mesure anti-islamique (onsait qu'existe dans le droit musulman, non seulement la polygamie, mais aussi une procédure de mariage accéléré et temporaire qui confine, aux yeux des occidentaux, à la prostitution).

Dans un esprit kémaliste, cette loi pouvait être destinée à séduire les Européens, chrétiens ou laïques, et à mettre un terme à une réputation d'immoralité encombrante. Si c'était le cas, ce fut un contre-sens total.

Les futures négociations promettent. Car ni les Turcs ni les Européens ne savent ce qu'ils sont ni ce qu'ils veulent. Il est vrai que d'autres s'en occupent.

Claude Champon et tribune des Athées, 06/10/04



 

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