Fête de la laïcité
01 juillet 2001
   
"Il s'est élevé au milieu de nous une secte impie et audacieuse ; elle a décoré sa fausse sagesse du nom de Philosophie ; sous ce titre imposant, elle a prétendu posséder toutes les connaissances. Ses partisans se sont élevés en précepteurs du genre humain. Liberté de penser, voilà leur cri, et ce cri s'est fait entendre d'une extrémité du monde à l'autre. D'une main, ils ont tenté d'ébranler le Trône ; de l'autre, ils ont voulu renverser les Autels. Leur objet était d'éteindre la croyance, de faire prendre un autre cours aux esprits sur les institutions religieuses et civiles ; et la révolution s'est pour ainsi dire opérée. Les prosélytes se sont multipliés, leurs maximes se sont répandues : les Royaumes ont senti chanceler leurs antiques fondements ; et les nations étonnées de trouver leurs principes anéantis, se sont demandées par quelle fatalité elles étaient devenues si différentes d'elles-mêmes."

Antoine-Louis Seguier 1726-1792 - Tournai
(Avocat Général du Parlement de Paris)

Au nom de l'Union des Athées, j'aimerais présenter deux réflexions inspirées par l'affaire de la Barre.

Liberté d'expression

D'abord il s'agit de l'attachement sourcilleux que nous devons porter à la liberté d'expression la plus large.
Quand l'église catholique se déclare dans les médias persécutée, ce qui est un comble alors qu'elle ne vit que sous perfusion de l'état, des régions, ou des communes, comme Paris …, nous devons rester vigilants. Pour des croyants, ne pas partager leurs croyances, c'est les agresser !! Le chevalier de la Barre a été accusé au fond de nier la liberté d'expression de l'église !!

Ne point saluer une procession peut être présenté par les dévots comme une atteinte à leurs droits humains, à leurs ego démesures.

L'église qui, en France (Mgr Frepel, Vichy), en Espagne… dénonçait "les droits de l'homme" que la papauté ne reconnaît toujours pas, est parfaitement capable de les invoquer à son profit.
Ils sont tellement aptes à présenter des vessies comme des lanternes que de nos jours on pourrait essayer d'intimider des esprits libres et des athées en les taxant d'intolérance et d'entrave à la liberté d'expression, bref de crime. contre… la religion exactement ce qui a été imputé au chevalier de la Barre et a entraîné son assassinat légal.
Le respect de la liberté d'expression doit commencer par une remise de la réalité à l'endroit. Le chevalier de la Barre n'avait jamais prétendu interdire ou empêcher la procession. Mais il a été (aussi) condamné pour avoir détenu des livres interdits.

Droit à l'irrespect

Dans une époque horriblement sérieuse et moraliste (la nôtre), je pense que nous devons aussi soutenir le droit à l'impertinence et à la dérision qui ne font pas de mal aux personnes, normalement constituées. Un potentat africain disait un jour que dans son pays il n'y aurait jamais de "canard enchaîné". Les élections démocratiques sont une parque de défiance et d'irrespect puisque mettant régulièrement en cause les gens qui exercent le pouvoir.
Il n'y a pas de démocratie sans irrespect de principe.

Face à l'avalanche actuelle de réclamations et d'injonctions d'avoir à respecter les autorités "spirituelles", aux censures parfois sanglantes de films ou de livres, nous devons fermement répliquer aux respectueux de tous bords que "sans la liberté de blâmer il n'est pas d'éloge flatteur". La liberté d'expression des religions ne doit pas interdire celle des sceptiques, des questionneurs, des indifférents ou des blasphémateurs, faute de se nier elle-même.

Claude Champon

Prononcé au nom de l'Union des Athées le dimanche 1er juillet 2001 square Paul Nadar devant la nouvelle statue du chevalier de la Barrre



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