La Tribune N° 104
(extraits) septembre 2000
   






On nous reproche souvent d'être trop anticléricaux, et c'est parfois vrai. Ce numéro par exemple, et par hasard, l'est terriblement : voyez la couverture, l'image ci-dessus, le texte à côté, le petit "miquet" p.5, c'en est trop. Ces pauvres chrétiens, on les traite de danger public, d'ivrognes, de cannibales et j'en passe. On se moque même de leur martyr le plus sacré, qui a donné sa vie pour nous sauver, et je dois bien l'avouer, depuis, qu'est ce que je me sens sauvé, extrêmement (mais de quoi ?).

Il est vrai que l'anticléricalisme, c'est de mauvais goût. C'était bien plus raffiné, bon chic bon genre, d'aller, en famille, sur la place publique, voir cramer à petit feu en hurlant, un juif, une sorcière quelconque, un hérétique obstiné ou un "incroyant". Ca au moins, ça ne blessait personne et c'était mieux que la télé, ça amusait tellement les petits, ces braves chéris et on n'avait pas grand-chose d'autre pour les distraire un peu, parce que vous avouerez que la messe, hein, c'est pas très rigolo, surtout que le type en jupons, là devant, il boit tout seul, en suisse, en parlant de charité sans même penser à nous offrir un coup. On a tout bien compris : massacrer des gens, ou les faire s'entre-tuer pour une sainte cause, c'est bien, mais se moquer des croyances imbéciles qui les conduisent à faire ça, c'est une atteinte à la dignité humaine, et aujourd'hui, c'est un crime. Vous voyez bien que depuis qu'on a été sauvés, on a fait des gros progrès, ce ne sont pas les Palestiniens qui diront le contraire.

L'opinion publique, la bonne, a donc décidé que l'anticléricalisme, surtout primaire – c'est le pire ! – n'était pas de bon ton et même un peu vulgaire. Et nous braves petits, baissant la tête en rougissant, une main derrière le dos, un doigt dans la bouche et tortillant les pieds, nous n'avons plus qu'à dire "J'le f'rai plus, m'sieur". Promis ? Bien sage ? Allez, c'est bon, tu pourras regarder le journal à la télé, mais sans rire, hein.
Je vais vous surprendre : je ne suis pas d'accord.
Non pas que j'estime qu'il faille se limiter à cette attitude, mais de là à s'autocensurer systématiquement pour ne pas "blesser les sentiments profonds et les convictions intimes" de mes petits camarades, voire d'un peuple entier, il y a un pas que je ne veux pas franchir. Soyons sérieux, ce serait trop simple. On voudrait quoi ? Que nous discutions calmement entre nous de l'existence ou non de dieu ? Problème crucial j'en conviens (quoique…), mais dont je me fiche éperdument : que ce soit pour affirmer, nier ou douter de l'existence d'une chose, on est supposé de savoir de quoi on parle, et ce n'est pas mon cas.
Mais ce que je constate, c'est que le cléricalisme est l'expression visible d'un pouvoir religieux, qui exploite notre bêtise et ma faiblesse, et que la dérision est l'une des armes les plus efficaces de celui qui refuse la violence ou la contrainte. Ce fait est tellement bien connu que lorsqu'elle porte et atteint sa cible, elle est souvent plus sévèrement punie que le vol ou le meurtre.

Prendre au sérieux les déclarations de Jean-Paul II, en discuter ou même les contester, c'est lui reconnaître une certaine autorité, et tout le monde, beaucoup de "laïques" y compris, tombe dans le même panneau.
Les déclarations qui ont suivi les journées Mondiales de la Jeunesse Catholique en sont un bel exemple : le Dominus Jesus a voulu remettre les choses au point "Tout comme il existe un seul Christ, il n'a qu'un seul corps, une seule Epouse, une seule et unique Eglise catholique" et on est prié de reconnaître "qu'il existe une continuité historique – fondée sur la succession apostolique – entre l'Eglise instituée par le christ et l'Eglise catholique" et que "les communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique ne sont pas des Eglises au sens propre." A bon entendeur, salut ! Mon église est la seule vraie et les autres une bande de zozos déguisés.

Tollé chez tous les chrétiens non catholiques, et il y en a un paquet ! Même des laïques ont exprimé leur désapprobation devant cette autorité monopolisante et exclusive. Mais quoi ? Tous ces gens sont d'une inconséquence qui frise le délire ! D'abord ce brave homme ne fait que rappeler les textes fondamentaux qui instituent et définissent son église depuis des siècles et puis, tous ces rouspéteurs, qui donc leur a demandé de quitter la seule vraie église chrétienne ? Etre fâché sur le chef d'une église que vous avez quittée en claquant la porte (et parfois, en brûlant vous aussi l'un ou l'autre hérétique) sous prétexte qu'il ne vous reconnaît plus le statut de vrai chrétien c'est toujours le reconnaître comme autorité valable.

Et insinuer lâchement qu'il avait bu en signant ce texte est de la pure méchanceté gratuite : voyez l'image en haut à gauche, je puis vous assurer qu'il n'y a pas une goutte de vodka dans son godet, ce qui doit être très triste pour un polonais ; d'ailleurs, est-ce qu'il a l'air de rigoler ?
        
Nos états donnent un pouvoir aux églises et à leurs institutions. Nous interdire la dérision c'est reconnaître ce pouvoir. Discuter de dieu ? Il n'en est pas question. Se moquer des représentations puériles qu'on veut nous faire admettre ou de ceux qui prétendent LE représenter sur terre ? A l'occasion, oui, pourquoi pas, mais nous avons aussi autre chose à faire : nous définir enfin nous-mêmes, athées, sur d'autres bases que religieuses. Il est remarquable que de plus en plus souvent des croyants ou des agnostiques éprouvent le besoin de se définir par opposition à l'athéisme, mais qu'ils définissent alors à leur manière ; il ne faut plus les laisser faire, ce serait trop facile.

"Athée", c'est SANS (absence de) dieux, et venir nous expliquer que la non-croyance en dieu fait partie de la même "catégorie" d'idées que la croyance, c'est se moquer du monde et ignorer que la relativité, si importante en physique, s'applique aussi aux idées : une table vide fait penser à l'absence d'un verre de bière pour celui qui a soif, ou aussi bien à l'absence d'une machine à coudre pour celui qui pense à autre chose. La situation de l'observateur influence l'idée qu'il a d'une absence…
Johannès Robyn


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UNE RELIGION CANNIBALE

ADMETTONS : Jésus prend un dernier repas (le repas pascal) avec ses douze disciples : c'est la Cène.

A la fin, il bénit le pain et en donne à ses apôtres :"prenez et mangez-en tous, car ceci est mon corps". Puis il prend une coupe de vin et dit : "prenez et buvez-en tous, car ceci est mon sang", et selon les évangélistes Matthieu, Marc et Luc, Jésus a véritablement changé le pain en son corps et le vin en son sang.

Mais revenons en arrière avec Jean-6 : dans la synagogue de Capharnaüm, les Juifs se mirent à discuter violemment entre eux: "Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?" Jésus leur répondit alors :

" En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'Homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraie nourriture et mon sang vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui." (Tob)

        C'est d'ailleurs ce qui se passe lors de la communion, lorsque les fidèles se partagent le corps du Christ et que leur prêtre célèbre l'eucharistie. Lui seul rompt le pain et boit le sang, ses ouailles doivent se contenter de la chair (à la bouche ou à la main).
Cannibalisme mystique dit l'église, mais peu ragoûtant quand même. Louis Malle, dans son film "Bonjour les enfants" fait s'évanouir un enfant à l'écoute des paroles de Jésus. Avant lui, Léon Tolstoï avait aussi été frappé d'un malaise : "Quand le prêtre m'obligea à répéter que je croyais que ce que j'allais avaler était le vrai corps et le vrai sang, je sentis une douleur dans le cœur" (confession-1882).

        Et l'on recommande malgré ça de communier le plus souvent possible, même sans confession !

        Dans un long article sur la première croisade prêchée et organisée par le pape Urbain II et l'ermite Pierre, Henri Tincq raconte (Le Monde du 17/07/1999) la sinistre journée du 11 décembre 1098 où l'armée des croisés arrive à Maara, en Syrie, à trois jours de marche d'Antioche.

        Là, "pendant trois jours, hommes, femmes enfants vieillards sont passés au fil de l'épée." Le chroniqueur franc Raoul de Caen ajoute cet épisode moins banal : "Les nôtres faisaient bouillir le païens adultes dans les marmites, puis fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient tout grillés." Un autre témoin, Albert d'Aix, confirme : " Les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turcs et les Sarrasins tués, mais aussi les chiens."

        Et pourtant, ils étaient chrétiens et ce n'était pas de l'anthropophagie mystique, mais du cannibalisme venu des "Temps Obscurs", du fond des âges.

Alors, quel pardon, quelle repentance ?
Max Bayard


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ISLAMO-CHOCS ?

        Ecroué pour "violences volontaires", un imam exorciste d'Etampes, dans l'Essonne, avait en vain passé une nuit entière à frapper sur la tête d'une Marocaine pour "en faire sortir le démon".
Le Monde, 05/10/2000



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DIEU A ELU SON PEUPLE

        Réflexion à propos du dieu qui a élu son peuple "Election, piège à cons. Pouvait pas nous foutre la paix, merde!"



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LES PREUVES QUE JESUS ETAIT :

Juif : il a habité chez sa mère jusqu'à 30 ans ; il croyait que sa mère était vierge ; sa mère le prenait pour un dieu ; de l'entreprise de charpentier de son père, il a fait une multinationale qui marche encore 2000 ans plus tard.

Irlandais : il ne s'est jamais marié ; il était au chômage ; sa dernière volonté fut de réclamer à boire.

Grec : il pensait que sa mère était vierge ; sa mère, elle, le prenait pour Dieu ; il est né de père inconnu ; il a attendu 30 ans pour se mettre à bosser.

Italien : il parlait avec les mains ; il prenait du vin à tous les repas ; il travaillait dans la construction.

Noir : il appelait tout le monde "mon frère" ; il était sans domicile fixe ; personne ne lui donnait de travail.

Californien : il ne se coupait jamais les cheveux ; sur l'eau, il faisait du barefoot ; il était le gourou des hippies esséniens.

Portoricain : son prénom était jésus ; il avait toujours des problèmes avec la loi ; sa mère ne savait pas qui était son père.

Français : un jour, Jésus dit à Pierre : "Pierre, tu es la première pierre sur laquelle je bâtirai mon église."

Imaginez que Jésus eut été anglais : "Stone, tu es la première stone sur laquelle je bâtirai ma church."

Ou allemand : "Stein, tu es la première stein sur laquelle je bâtirai ma kirche."

        Ca n'a aucun sens.

Pour faire un jeu de mots pareil, il faut être français, et même... MARSEILLAIS : il allait très souvent à la pêche, il construisit une équipe de douze disciples avec de nombreux supporters et l'un de ses disciples toucha un pot-de-vin...

www.multimania.com/ch
Vos réactions sur a.bercoff01@cybercable.fr


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QUELQUES PERLES AU BAC 1999

recueillies par notre adhérent Hubert Richard

  • Il fut condamné après un procès en bonnet de forme... (on dit aussi "bonnet difforme", ndsr)
  • Les français sont de plus en plus intéressées par leur arbre gynécologique...
  • La Tsar a perdu le pouvoir malgré les occases...
  • Les escargots sont homosexuels...
  • La génétique arrivera à clowner les gens...
  • L'hypopotamus est le siège su système neurovégétatif...
  • En 1934, Citroën révolutionne la construction automobile en sortant la traction à vent.
  • L'éther est un produit volubile...
  • Le chèvre est un fromage fait avec du lait de brebis...
  • Le cerveau a deux hémisphères, l'un pour surveiller l'autre...
  • Quand il voit, l'œil ne sait pas ce qu'il voit. Il envoie une photo au cerveau qui lui explique...
  • Toute bactérie a deux doigts, un pour marcher, l'autre pour manger...
  • Les végétaux fixent l'oxygène grâce aux globules verts...
  • Un litre d'eau à 20°C plus un litre d'eau à 20°C égalent deux litres d'eau à 40°C...
  • Privé de frites, Parmentier inventa la pomme de terre...
  • Depuis Archimède, les bateaux flottent...
  • Les continents dérivent, peinards...
  • En 2020, il n'y aura plus assez d'argent pour les retraites à cause des vieux qui refusent de mourir...
  • Un ver solitaire est un ver qui vit à la campagne...


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LE PRINCIPE DE "NOMA"

Vient de paraître en français un nouvel ouvrage de Stephen Jay GOULD : Et Dieu dit : "que Darwin soit" (Seuil, mai 2000).

Quelques mots sur l'auteur : J.S.Gould est professeur à Harvard. Paléontologue de formation, il enseigne et vulgarise avec un incomparable talent l'histoire des sciences, la Biologie, et a publié de nombreux livres sous forme de recueils d'essais traitant de différents aspects de l'Évolution. Néo-darwiniste, il professe que l'apparition d'espèces nouvelles peut résulter non seulement d'une variation lente et continue, mais aussi de modifications brusques et considérables du matériel génétique, et que, de toutes façons, l'évolution n'est nullement une progression plus ou moins préprogrammée vers un but précis comme par exemple l'espèce humaine.

Un athée ne peut que souscrire à cette conception.
L'idée de base développée dans ce livre est qu'il faut mettre fin à la guerre permanente qui fait rage entre Science et Religion.
Pour Gould, cette opposition est aujourd'hui sans objet : si depuis l'aube de l'humanité religion, magie et chamanisme étouffaient, réprimaient, ÉTAIENT la Science, celle-ci a acquis son autonomie au siècle des Lumières.
Les domaines de chacun des deux "Magistères" sont désormais distincts et ne peuvent ni ne doivent interférer en aucune manière.
        A cet effet, il propose d'appliquer dans les deux domaines un principe dit de NOMA : NOn-empiètement des MAgistères (NOn overlapping MAgisteria en anglais).

        "Le principe de NOMA prône le respect mutuel, sans empiètement quant aux matières traitées, entre deux composantes de la sagesse dans une vie de plénitude : notre pulsion à comprendre le caractère factuel de la Nature (c'est le magistère de la Science) et notre besoin de trouver du sens à notre existence et une base morale pour notre action (c'est le magistère de la Religion)" (p.163).
Au nom de ce principe, il fustige les fondamentalistes religieux pour qui le texte de la Bible a la même valeur que les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS, pour les initiés).
Mais il réprouve également les scientifiques qui, en raison de leur athéisme, attaquent les croyances religieuses.
        Au passage, on peut remarquer que l'environnement social de l'auteur ne peut que moduler sa réflexion.
Gould, évolutionniste militant, réagit violemment lorsque le candidat républicain à la présidence des États Unis proclame dans son programme qu'il est favorable à ce que le créationnisme selon la Genèse ait la même place que l'évolution dans les programmes d'enseignement.
Ce genre d'absurdité est (actuellement) spécifique de la vie américaine, et il est inconcevable qu'en Europe, et surtout en France, un homme politique fasse figurer la Bible dans son programme. Aux États Unis, le problème est assez brûlant pour qu'un chapitre entier du livre lui soit consacré.
        En ce qui concerne ce que l'on désigne ordinairement par le terme "Religion", la position de Gould paraît donc parfaitement justifiée : que les tenants de la Bible s'abstiennent de nier les observations les plus incontestables concernant l'âge de la Terre et l'évolution des espèces vivantes !
Plus généralement, le principe de NOMA permet d'éliminer sans appel les positions traditionalistes caricaturales, du genre Fatima, liquéfaction du sang de St Janvier, et toutes les expressions paroxystiques de dogmes obtus qui n'ont rien à voir avec ce que Gould considère comme le véritable Magistère de la Religion (mais il trouve que le festival de San Gennaro à New York est merveilleux !).
        Mais, à ce point de l'exposé, le lecteur est contraint de se poser une question : qu'est-ce que l'auteur entend par le terme "Religion" ?
        En ce qui concerne le Magistère de la Science, il n'y a pas de difficulté : la Science est une, et les différentes branches que l'on distingue classiquement ne sont que des commodités de langage et de compréhension, un seul cerveau étant incapable d'assimiler la totalité des informations scientifiques disponibles.
La distinction entre Mathématiques, Physique, Bio-logie, Astronomie etc. masque superficiellement l'interpéné-tration de ces "différentes" disciplines à l'intérieur du vaste ensemble de connaissances en perpétuel remaniement que constitue la Science.
        Pour la Religion, il n'en est pas de même.
On peut définir assez aisément UNE religion, à partir de textes, de rites, de croyances. Mais il est évident qu'il existe DES religions, et qu'elles s'affrontent, le plus souvent de façon sanglante (ce qui est assez rare parmi les scientifiques !).
Cette constatation suffit à démontrer que la réponse à la question "qu'est-ce que LA religion ?" n'est pas immédiate. (2)
Au fil de la lecture, on peut trouver dans le texte plusieurs pistes permettant d'approcher une image approximative de ce que l'auteur considère comme "la Religion".
- "Le magistère de la Religion s'attache aux significations ultimes et aux valeurs morales" (p.19).
- "…considérer comme religieux tout discours moral fondé sur des principes susceptibles d'activer l'idéal d'entente universelle" (p.67).
La Religion (ne) serait-elle (que) "la Morale" ou "l'Éthique"?
Que devient Dieu dans tout cela ?
Gould rappelle que Darwin avait déjà déclaré que ses recherches l'avaient conduit à conclure qu'il "ne distinguait pas (dans la Nature) un dessein général ou une bienveillance à notre égard". Il est certain que la Nature est parfaitement indifférente au déroulement de la vie des individus, qu'ils soient hommes ou vermisseaux, qu'elle n'est ni bonne ni mauvaise, ces deux adjectifs se référant à des sentiments humains, que nous n'avons pas le droit d'appliquer en dehors de notre espèce.
        Cette observation élimine donc toute nécessité d'une puissance bienveillante ou malveillante censée intervenir par exemple dans les manifestations de la vie sur notre planète.
        Mais ce constat résulte de raisonnements scientifiques, et la conclusion, s'appliquant à un domaine que l'on est bien obligé de désigner comme religieux, est-elle une transgression du principe de NOMA ?
        D'autre part, lorsque les tenants d'une religion quelconque parlent "d'âme", c'est-à-dire de quelque chose qui aurait une sorte d'existence en l'absence de support matériel, et qui éventuellement persisterait après la destruction du cerveau, cette impossibilité élevée au rang de dogme n'est-elle pas aussi une atteinte à ce même principe ?
Cette courte (et incomplète) analyse donnera peut-être l'envie à certains de nos amis de lire ce livre et de méditer sur ses conclusions. L'expérience en vaut la peine, c'est un livre honnête et franc, comme tous les autres ouvrages de cet auteur.
Jean Legault-Démare


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DIEU, CET INCONNU...

        A la question profonde que beaucoup de philosophes au regard pénétrant posent :"Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" et qui est supposée mettre l'athée au pied du mur (c'est là qu'on voit le maçon !), je réponds généralement, lassé des vaines discussions sur des sujets dépourvus de sens, par la boutade : "Et ton rien, tu vois ça comment ? Et puis même, il n'y aurait pas un seul zozo pour poser une pareille question." dont le style désinvolte cache la profondeur. Mais les boutades, même très sensées, n'attirent que le mépris des vrais intellectuels.
Aussi pensons-nous qu'il est utile de vous livrer cette traduction d'un texte de Frank R. Zindler, éditeur de "American Atheist" qui répond de manière détaillée à cette question. J.R.

        La question "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien" est une des grandes - mais dépourvue de sens - questions que les philosophes (et même parfois des scientifiques) posent depuis des siècles.
        Du point de vue scientifique elle est dépourvue de sens parce qu'aucune réponse ne peut être donnée qui soit susceptible d'être vérifiée, au sens où les propositions scientifiques peuvent être évaluées - même par l'imagination.
En sciences, pour qu'une proposition ait du sens, elle doit pouvoir être vérifiée au moins en principe (vérifiable en théorie).
        Si elle est invérifiable, elle ne peut même pas être qualifiée de fausse : elle est simplement dénuée de sens.
Avant de rentrer dans les détail de cette question, examinons deux propositions incorrectes qui paraissent semblables :
1 - La lune est constituée de fromage vert.
2 - Des Gremlins indécelables habitent les anneaux de Saturne.
        La première proposition est vérifiable.
Même avant que nous construisions des fusées pour atteindre la lune et déterminer de première main le goût que pourrait donner à la mayonnaise la poussière lunaire, les scientifiques étaient capables de d'étudier le spectre lunaire capté par leurs télescopes et pouvaient être sûrs qu'il ne s'agissait pas de fromage vert.
        Avant l'invention des télescopes et des spectromètres, ils pouvaient au moins imaginer d'être transportés physiquement sur la lune et imaginer les expériences pour déterminer sa composition. Il n'y avait là aucune violation des lois physiques connues et nécessaires pour de telles expériences.
De la manière dont les choses se sont déroulées, des tests on été faits sur la lune et on sait maintenant que la proposition - c'est du fromage vert - , même si elle a du sens, est fausse.
        Mais que faire de la deuxième proposition ?
Les Gremlins sont, par définition, indécelables. Si vous prenez le prochain départ pour Saturne en embarquent les gremlinolètres les plus performants fournis par la NASA, vous ne serez toujours pas capables de vérifier l'existence de Gremlins indécelables - cette proposition ne peut même pas être fausse !
Pour comprendre que la science doit restreindre la signification des mots "qui a du sens" à des propositions qui sont vérifiables au moins par l'imagination, examinons cette autre proposition :
3 - Je suis moi-même dieu et je t'ai créé toi et tout l'univers il y a juste trois minutes - rempli de fausse mémoire et d'apparences d'existence antérieure.
Il n'y a absolument aucun moyen de vérifier cette assertion.
        Si vous pensez me kidnapper et me torturer pour me faire avouer que je ne suis pas dieu, je pourrai toujours vous confondre avec l'assertion non vérifiable suivante :
        "Je suis un dieu qui prétend être un homme avec toutes les limites que cela comprend.
Bien sûr, si vous me faites mal, je prétendrai que je souffre, et je pourrai même paraître mourir !
Mais je vous punirai pour l'éternité après votre mort."
        Comment pourrez-vous vérifier cette assertion après votre mort ?
        Comme vous le voyez, une première assertion invérifiable peut conduire facilement à une autre et ainsi de suite, par régression jusqu'à l'infini.
Pire encore, quelqu'un pourrait imaginer un nombre infini de propositions idiotes suivant le principe de la troisième citée ici.
        Pour éviter de s'enfoncer dans un bourbier de non-sens sans fin, la science a dû se limiter à des questions qui sont au moins vérifiables en principe.
Les assertions invérifiables sont reléguées au royaume du non-sens. En fait, on ne "saura" jamais rien à leur sujet.
        Retournons maintenant à notre question de départ et voyons s'il peut exister des réponses sensées, c'est-à-dire vérifiables.
Si vous supposez que l'univers existe parce qu'un dieu l'a créé, vous devrez être capable d'imaginer un moyen de vérifier cette proposition. Pouvez-vous seulement imaginer une expérience ? Comment allez-vous distinguer un univers créé par un dieu seul d'un autre créé par dix-sept dieux ?
        Pour vérifier votre proposition, il faudra que vous donniez une définition de ce dieu plus précise que celle de votre redondant "dieu est le créateur de l'univers". Puisque des dieux n'ont jamais été décelés par aucune expérience scientifique connue, ils sont absolument inconnus - et inconnaissables.
Par contre, l'univers est connaissable dans la mesure où on peut être sûr de son existence. Alors que nous avons une connaissance directe de l'existence de l'univers, l'existence d'une ou de plusieurs divinités ne peut être établie par l'observation directe.
De plus, loin du concept de propositions qui ont du sens ou qui n'en ont pas, il y a une autre faille dans le fait de poser qu'un dieu créa l'univers.
C'est l'erreur qui consiste d'essayer d'expliquer l'inconnu par du moins connu encore - ignotum per ignotius - comme disaient nos anciens logiciens.
Quand nous posons qu'un dieu est la cause de l'univers nous posons un problème bien plus important que celui qu'on cherchait à résoudre. Puisque l'univers est observable et les dieux pas, les dieux sont moins connus que l'univers. Nous essayons alors d'expliquer l'inconnu par ce qui est encore moins connu.
Les méthodes scientifiques exigent que l'inconnu soit expliqué en termes de connu.
Aussi, quand Benjamin Franklin réalisa son expérience de la clé suspendue à un cerf-volant, il a été capable d'expliquer l'éclair en termes d'électricité - quelque chose qui lui était très familier depuis que les discussions de salon ne s'occupaient que de cela en ces jours. L'éclair - cet inconnu - était expliqué en termes d'électricité, mieux connue.
Avant lui, évidemment, l'éclair résultait de la vengeance de Thor ou de Jupiter ou de Jéhovah. Cela n'était évidemment pas du tout une explication puisque rien de quoi que ce soit n'était connu de ces soi-disant divinités vengeresses.
On aurait particulièrement voulu savoir pourquoi ils avaient tant de rancune contre les chênes et les clochers d'église !

Pour en revenir à la question pourquoi il existe quelque chose plutôt que rien, dire "un dieu l'a fait" n'a pas de sens parce que cela ne peut être vérifié.
Pire, cela n'aboutit à rien puisqu'on explique de l'inconnu par du moins connu encore, et on fait surgir le spectre de la régression infinie de questions vides de sens.
Si quelqu'un dit qu'un dieu a créé l'univers, nous devons demander si à son tour ce dieu a été créé par un super-dieu qui aurait été créé lui aussi par un hyper-super-dieu et ainsi de suite à l'infini. Si quelqu'un affirme que l'univers fut créé par un seul dieu qui existait depuis toute éternité, il reste ce petit problème que nous n'avons absolument aucune raison d'appuyer une telle assertion, - ni même qu'il soit possible d'envisager une telle raison.
Si on admet que quelque chose puisse exister éternellement, la loi d'économie nous fera supposer que c'est l'univers qui est éternel, et pas quelqu'inobservable chose de l'au-delà.
On ferait mieux de supposer que la singularité à partir de laquelle le Big Bang explosa a existé de tout temps que de supposer que l'explosion fut déclenchée par un gremlin inobser-vable qui existait avant.
Evidemment, nous ne pouvons pas savoir si l'univers est éternel ou non. Pour prouver l'éternité de l'univers, on devrait pouvoir l'observer plus longtemps qu'une éternité - ce qui est absurde. Pour prouver que l'univers a commencé d'exister, disons avec le Big Bang, quelqu'un devrait l'avoir observé plus longtemps que son temps d'existence.
Puisque tous les observateurs font partie de l'univers, ils ne peuvent avoir existé plus longtemps que lui, ce qui montre l'impossibilité physique pour eux de témoigner de la création d'un univers dont ils font partie.
On ne peut pas dire non plus s'il y avait quelque chose "avant" le Big Bang. Si on inverse l'explosion - rétrécissant l'univers jusqu'au point supposé de son début - l'espace et le temps se confondent en une "singularité" en accord avec la théorie de la relativité d'Einstein. Si nous retournons au moment du Big Bang, le temps lui-même disparaît et il devient absurde de parler d'un temps avant le temps.
Nous sommes donc forcés de conclure ce que nous affirmions au début : la question "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" est dénuée de sens.
On ne peut y répondre scientifiquement, parce que toutes les solutions suggérées sont invérifiables.
De même, il ne peut y être répondu en aucune manière sans être entraîné dans une suite infinie de contradictions logiques.
Nous devons simplement accepter le fait que les limites de l'univers sont celles de nos connaissances.
        Les entités transcendantes - choses supposées se trouver en dehors de l'univers ou qui existeraient avant lui - ne peuvent être connues, quels que soient les efforts déployés par les prêtres et les apologistes religieux pour nous le faire croire.

(Trad. J.R.)


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CRACOVIE (Pologne) 25.09.2000 (AFP)

Le président polonais Alexander Kwasniewski s'est efforcé lundi de désamorcer l'effet de la diffusion d'une vidéo qui le montre invitant un collaborateur à parodier le pape.
A moins de quinze jours des élections présidentielles, M. Kwasniewski, jusque-là favori, a été clairement mis en difficulté par cette séquence vidéo diffusée depuis samedi dans un spot de campagne de l'opposition où on le voit inviter Marek Siwiec, responsable de la sécurité nationale à la présidence, à baiser le sol à la manière du pape.
        Qualifiant la diffusion de ce film de "manipulation", le chef d'état polonais a profité d'une conférence de presse pour mettre en avant ses bonnes relations avec l'Eglise polonaise.
En effet, se moquer du pape, en Pologne, est une affaire grave car il y est considéré comme une autorité morale incontestée et comme le "père de la Nation". (BKA)
Ne riez pas, il n'y a pas que les polonais pour considérer l'église comme "autorité morale"… Pauvre Europe !


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DECHRISTIANISATION RAMPANTE
DE FIN DE SIECLE

L'Eglise catholique de France souffre : son cœur s'essouffle et ses membres s'ankylosent. Les évêques réunis en synode à Rome peinent à sortir de leur torpeur (tc du 28.10.99).
Le nombre de prêtres diocésains ne cesse de diminuer faute de vocations nouvelles suffisantes et leur moyenne d'âge atteint maintenant soixante-neuf ans. D'ailleurs, les Français les trouvent de moins en moins utiles à la société (sondage CSA - La Croix des 22 et 23.10). Même le clergé régulier est frappé : "si nous ne réévangélisons pas nos structures, nous finirons dans la poubelle de l'histoire" s'alarme Dom Bernardo Olivera, abbé général des trappistes (La Croix du 12.11).
Certains parlent de supprimer le Jour du Seigneur sur France 2 pour cause d'érosion régulière et donc manque d'audience : 1,8 point seulement contre trois fois plus pour Télé-foot sur TF1 à la même heure (La Croix du 26.11).
Ainsi, le phénomène ancien de l'indifférence religieuse s'aggrave et s'étend, principalement chez les jeunes malgré le trompe-l'œil des JMJ(C !).
C'est pourquoi "il y a beaucoup de raisons d'être assez morose dans l'enseignement catholique" (interview du secrétaire général de l'enseignement catholique dans La Croix du 23.11) : baisse des effectifs (17,6 % des élèves, surtout dans l'enseignement agricole), obligation de respecter la liberté de conscience des enfants, arrivée de la violence et du vandalisme (incendie criminel du lycée technique Saint-Joseph à Landerneau dans le Finistère la nuit du 26 au 27.11), profs dans
la rue le 27.11 pour réclamer un statut de droit public (!) etc.
Les adultes aussi "n'espèrent plus grand chose de l'Eglise" (sondage ISL - Semaines Sociales du 14 au 29-09).
30% seulement des sondés sont des catholiques pratiquants à divers niveaux quand il y a au moins 21% de "sans religion".
43% des 18-34 ans déclarent ne pas connaître du tout les principales valeurs chrétiennes soumises à leur appréciation.
Seuls 5% les connaissent très bien. Ce taux d'ignorance des valeurs diminue avec l'âge mais reste élevé.
En définitive, la place de l'Eglise est très sérieusement contestée (La Croix et la Vie datée du 25.11).
Sont écartées à une forte majorité les valeurs de l'Evangile : dans la vie familiale (49,2 %), dans l'action sociale (52,8 %), dans les rapports entre les peuples (56,1 %) et surtout dans la vie de l'entreprise, par 75,1 % des sondés. Même la petite CFT y perd ses repères comme vient de le montrer son tout récent congrès fort houleux.
Pire - ou mieux ! - à peine un quart des Français inter-rogés scientifiquement se réfèrent explicitement à l'humanisme chrétien : c'est la preuve de la laïcisation croissante de la société qui débouche sur une déchristianisation rampante.
Ce qui est bien fâcheux pour l'Eglise de France à l'aube du troisième millénaire qui sans doute finira mal pour elle.
Les fastes du Jubilé n'abuseront pas tout le monde !
M.B.
Post-scriptum : élargissant le débat lors d'un colloque en Sorbonne fin novembre 1999, le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican est allé jusqu'à dire que "le christianisme se trouve en Europe dans une crise profonde qui repose sur la crise de sa prétention à la vérité". La solution, il la voit dans le "primat de la raison" et le retour à la vieille synthèse "raison, foi et vie". (Le Monde du 3.12). Mais est-ce bien raisonnable ? Sûr que non.

Voilà qui doit nous faire jubiler.

        Dans la "Tribune" N° 103 vous avez pu lire quelques extraits des textes les plus sacrés et donc inamovibles de deux grandes religions traditionnelles (les chrétiens et les musulmans) sur la manière correcte de traiter les femmes.
        Voici quelques détails sur la loi judaïque en la matière.
        Le principe de base reste la femme aux fourneaux (faut aimer).
        - On sait que la transmission de la judéité est matrilinéaire (on est juif par sa mère), mais, tout comme dans le Nouveau Testament et dans le Coran, elle n'a pas le droit de parole dans la synagogue.
        - Elle est censée connaître les 613 commandements de la mitsva, mais n'a pas le droit de les lire ("mieux vaut brûler la Torah que de la confier à une femme" - le Talmud).
        - Le Talmud nous dit que Dieu a créé la femme à partir d'une côte de l'homme parce que s'il avait choisi les yeux, elle aurait été curieuse, les mains, chapardeuse (pourquoi pas habile ?), la bouche, bavarde etc.
        (Commentaire hors texte : ça n'a servi à rien, puisqu'elles sont, comme chacun sait, curieuses, chapardeuses, bavardes etc. Pourquoi la côte alors ? Parce que c'est pas droit, et que tous les hommes savent que les femmes ne sont pas droites. Pourquoi pas le cerveau ? Surtout pas, imaginez qu'elle ait été capable de réfléchir...). Retour aux textes :
        - Une femme qui vient d'accoucher ne peut s'approcher du sanctuaire pendant quarante jours ; si c'est un garçon, bien entendu, mais si c'est une fille, cette "quarantaine" dure soixante jours (Lévitique)
        - Souillée par nature, elle doit régulièrement se purifier par des ablutions rituelles.
        - Pour éviter de distraire l'homme qui prie ou étudie, elle doit cacher ses cheveux, ses bras, ses jambes ou tout ce est susceptible de séduire (Muhammad n'a rien inventé !).
        - Sa fonction d'épouse consiste à pondre le plus d'enfants possible dont elle devra s'occuper seule et pourvoir à leurs besoins pendant que l'homme se livre à des occupations supérieures typiquement masculines (étudier la loi ou les livres sacrés ou boire un pot avec les copains). D'ailleurs :
        "Dieu ne pouvait être partout à la fois, c'est pourquoi il a créé la mère juive" (vieux proverbe yiddish).
        Le cas de l'adultère (uniquement féminin bien sûr) est évidemment traité comme partout ailleurs : la lapidation, traitement également réservé aux hérétiques, innovateurs ou à ceux qui reniaient le dieu unique.
        Tout cela est dépassé ? Que non pas : aujourd'hui, les juifs orthodoxes estiment qu'elles ne peuvent pas utiliser un téléphone portable en public, parce que... cela porte gravement atteinte aux règles de la pudeur (???).
Et "chez nous", alors ?. Engoncés jusqu'aux yeux dans notre "culture" chrétienne, notre "civilisation" n'accordait pas à la femme une place plus enviable que celle que nos philosophes critiquent si bien chez les autres.
J.R.

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