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DANS CE NUMÉRO :
Prix de l'Union (Finngeir Hiorth)
L'athéisme, hier et aujourd'hui
Prix Albert Beaughon (André Lama)
Prix Albert Beaughon (Bruno Alexandre)
Dieu dans la constitution européenne
L'église et l'Europe
Fêtes laïques
Recette de la galette à la merde
L'encéphalopathie spongiforme religieuse
Méthode critique, comment on écrit l'histoire
Le missile et l'anathème
Epouses intouchables
Le diable au corps
Brèves
Histoire de voiles
La maladie des physiciens L'uchronie, ou précession du temps,
maladie religieuse
Les puissances néfastes s'acharnent sur nous : déjà
que nous vous avons fourni la T.A. n° 114 avec un retard appréciable,
cette fois, les bornes sont dépassées.
En effet, la T.A. 115 n'a pu être livrée, même
hors délai.
Il est inutile, je présume, d'encore présenter des
excuses, mais aucun membre du bureau ne peut être mis en cause,
et de ma part, je puis vous assurer que c'est n'est pas simple négligence.
Tout ce que j'ai pu faire en réparation, c'est de vous faire
parvenir en un seul envoi, deux numéros de la Tribune, la
115 (qui vous a sûrement manquée !), et une tribune
116 qui elle sera livrée, cette fois (j'espère) à
peu près dans les temps.
Le congrès annuel, lui aussi, a souffert de circonstances
néfastes imprévisibles : une grève des chemins
de fer a empêché bon nombre de personnes de se rendre
à Paris.
Malgré tout, le nombre de présents était suffisant
pour créer une ambiance chaleureuse et les discussions se
prolongées tard dans l'après midi.
Les débats se sont ouverts sur une présentation des
textes proposés dans la convention européenne : l'article
2 du préambule et l'article 37.
Envahissant l'école publique, le "fait religieux"
se veut encore européen.
Nous avons déjà abordé l'an dernier le problème
de l'enseignement du "fait religieux" à l'école,
et nous y reviendrons à nouveau lors de l'examen des manuels
scolaires.
Retenons cependant déjà que certains pays, dont l'Espagne,
entendent bien remettre les cours de religion proprement dite dans
les programmes scolaires, où cette matière serait
alors enseignée au même titre que les mathématiques
ou l'histoire.
Ne perdons pas de vue non plus, que le "modèle alsacien"
a de plus en plus tendance à être pris non plus comme
une exception, mais comme référence pour le reste
du pays.
En introduisant les "valeurs religieuses" dans la constitution
européenne et en entérinant les communautés
religieuses comme interlocuteurs privilégiés, on ignore
délibérément le fait que les croyances religieuses
et leur pratique sont en perte de vitesse phénoménale
depuis des années, et que le "mal" ne fait que
s'accroître.
En envahissant l'enseignement ainsi que les textes fondateurs européens,
on voudrait faire croire que l'état de "croyant"
est "naturel" et allant de soi.
On ignore simplement de la sorte les préoccupations intellectuelles
de près d'un quart de la population.
Et ajouter aux "communautés religieuses" privilégiées
les "organisations philosophiques et non confessionnelles"
ne change rien à l'affaire, sinon à tout embrouiller
au grand bénéfice des églises : depuis quand
une religion est-elle à mettre en parallèle avec une
"philosophie" ?
Et que désigne plus particulièrement les "organisations
non confessionnelles" ?
Si le but était de tenir compte de l'avis de n'importe quelle
organisation, religieuse ou autre, sur le même pied d'égalité,
pourquoi alors mentionner plus particulièrement les "communautés
religieuses" ?
Pourquoi donc tant de sollicitude ?
Si quelque chose aurait dû être dit, c'est peut-être
que ces fameuses "communautés religieuses" n'avaient
PAS à être privilégiées par rapport aux
autres, comme c'est visiblement le cas maintenant. Mais ne valait-il
pas mieux ne rien dire ?
L'agaçant, et les croyants le savent bien, c'est cette prétention
des "communautés religieuses" à s'accaparer
tous les aspects "positifs" de nos sociétés
actuelles, de se considérer comme les initiateurs de la civilisation
actuelle et de vouloir "légaliser", ou normaliser
cette prétention dans des textes fondateurs, voire même
d'imposer cette vision dans l'enseignement public.
Et, quitte à nous faire encore traiter d'anticléricaux
(mais quel mal y aurait-il ?), c'est bien le Vatican en tête
qui mène la charge.
Au nom de quoi ? De notre "héritage chrétien"
?
On l'a déjà dit, nous n'héritons que des morts
ou des disparus, et le christianisme n'en est (hélas) pas
encore là.
De plus cet "héritage" est largement usurpé,
nous avons déjà plus d'une fois insisté sur
ce point (voir édito du n°114).
S'inspirant lui-même de traditions religieuses millénaires,
le christianisme s'est empressé, dès que possible,
de gommer, d'éradiquer par des méthodes pour le moins
brutales (incendies de grandes bibliothèques "païennes",
profanation et destruction de lieux de culte, interdits et persécutions)
les traces de ses concurrents ou de ses inspirateurs.
Il a aussi largement dû s'adapter, dans nos pays, à
ce qui n'a pu être effacé entièrement des traditions
anciennes.
Ceux à qui on impose par la violence une forme de société,
n'en sont pas les "héritiers", mais plutôt
les victimes.
Vu sous cet angle, on devrait plutôt admettre que c'est le
christianisme qui s'est fait de force l'héritier d'une partie
du monde qu'il a partiellement détruit.
Parricide violent et autoritaire, légataire "universel"
(catholique) autoproclamé d'un "héritage"
dont il n'a conservé que ce qui lui plaisait, il s'est constamment
opposé à toute évolution intellectuelle (à
tout "spiritualisme" qui s'écarte de son orthodoxie),
à tout progrès social ou scientifique.
Il n'y a pas vraiment là de quoi être fier, et pourtant,
c'est ce dont il se glorifie, et personne ne proteste, ou si peu...
***
Cette année, le bureau a décidé d'inaugurer un nouveau prix: le prix Albert Beaughon.
En effet, nos scrupules de ne pas sombrer dans l'autosatisfaction en distribuant des prix à nos propres membres sont tombés.
Parallèlement au "prix de l'Union des Athées", qui peut éventuellement être décerné à un non membre (s'il l'accepte !!) ce nouveau prix (tout symbolique d'ailleurs, comme l'autre) sera particulièrement destiné à un membre de l'Union.
Pour rattraper le temps perdu et faire bonne mesure, nous avons décerné un prix 2002 ainsi que le prix 2003.
Il est dommage qu'André Lama n'ait pu être présent.
Il vaudrait mieux que les grèves dans les transports publics laissent la gratuité pendant la période de grève, au moins l'utilisateur n'en voudrait pas aux grévistes !
Finngeir Hiorth, lui, lauréat du prix de l'Union, est venu tout spécialement d'Oslo (Norvège) pour le plaisir (eh oui) de nous rencontrer.
Fidèle lecteur et fournisseur d'articles pour la Tribune, il s'est montré extrêmement sympathique et intéressé par les débats qui ont suivi.
Le déjeuner fut, comme d'habitude, un moment agréable de rencontre et de discussions.
L'après-midi fut consacrée aux dérives "totalitaires" religieuses des manuels scolaires. Les interventions, dont celle, remarquable, de Bruno Alexandre, seront reprises dans la Tribune n°116.
Le contenu de ces manuels, lié directement à l'enseignement du "fait religieux", montre d'une manière éclatante le prosélytisme intensif de la religion catholique.
Encore une fois, on va nous taxer d'anticléricalisme, mais cette fois, le morceau est trop gros pour le laisser passer sans réagir : tout se passe comme si la "vraie" civilisation prenait enfin naissance avec le christianisme, dans sa version catholique principalement.
Il serait temps, effectivement, comme notre adhérent Claude Courouve l'a signalé au "Monde" qu'il
" faudrait enseigner tout autant l'histoire de l'irreligion que l'histoire des religions. Bruno, Galilée, Vanini et Buffon ne valent pas moins que Voltaire, Diderot et le protestant Calas. Il est navrant que les oeuvres émanant de la libre pensée et de l'athéisme, et plus généralement les oeuvres philosophiques, ne soient connues que des incroyants. Voltaire, Diderot et Martin du Gard ne devraient pas passer à la trappe du politiquement correct."
Johannès Robyn
Remerciements chaleureux à
l'Union des Athées !
(Allocution prononcée par Finngeir Hiort au Congrès
Annuel de l'Union des Athées à Paris, dimanche 8 juin
2003).
Je suis heureux d'être ici à Paris comme invité
de l'Union des Athées. C'est naturellement un grand honneur
pour moi que l'Union des Athées m'ait donné son prix
de 2003. Mais plus qu'un sentiment d'honneur j'ai un sentiment de
plaisir. J'ai été athée, pas toujours, mais
certainement pendant 56 années et je crois aujourd'hui que
je vais mourir comme athée.
Mais j'espère naturellement que je peux vivre encore quelques
années, sain et sauf.
Ici je voudrais remercier le Bureau de l'Union des Athées
et particulièrement monsieur le président Johannès
Robyn.
J'ai eu des contacts avec lui pendant à peu près 10
ans et nous nous sommes rencontrés en Inde il y a à
peu près 7 années.
J'ai aussi quelques souvenirs d'Albert Beaughon parce que j'avais
quelques contacts avec lui, par lettre, aux environs de 1990. C'est
alors que je suis devenu membre de cette Union et en ce temps là
j'ai eu quelques contacts avec un athée en Algérie.
C'est clair qu'il se sentait très isolé. Il croyait
qu'il était le seul athée de la ville où il
demeurait.
J'ai été athée depuis que j'avais 19 ans. Mais
je n'ai pas souvent publié mon état d'athéisme.
Tout d'abord, au commencement, je ne savais pas moi-même que
j'étais athée.
Je savais que je ne croyais pas en dieu, mais je ne savait pas que
j'étais un athée. Cela semble être un paradoxe,
mais ne l'est pas. Parce que pendant ces années là
je me sentais comme agnostique. Je croyais qu'il était possible
d'être neutre entre le théisme et l'athéisme.
Et dans un certain sens je le crois encore.
Quelques philosophes radicaux ont dit que le mot "dieu"
n'a pas de sens. Ils pensent que le mot "dieu" est vide
de sens.
Cela implique que le théisme est vide de sens, mais implique
aussi que l'athéisme est vide de sens.
Je trouve cette opinion très intéressante, mais je
crois que c'est une opinion erronée. Le mot "dieu"
n'est pas un mot vide de sens, au contraire, c'est un mot avec trop
de sens.
L'imagination humaine a produit un monde plein de dieux, tous imaginaires.
Ou peut-être pas ?
Est-il possible qu'il existe un dieu réel ?
Un problème serait qu'un dieu réel ne serait pas un
dieu des religions. Les dieux réels ne sont pas les dieux
des religions, et les dieux des religions ne sont pas réels.
Qu'est-ce que ça veut dire être athée ?
Être athée n'est pas la même chose pour tous
les athées.
Il y a beaucoup de manières d'être athée. On
peut être athée sans s'en rendre compte.
On peut croire que l'on est athée sans l'être en fait.
Dans un sens étroit du mot athée, on est athée
si l'on ne croit pas en un dieu ou des dieux. L'état d'athéisme
n'implique pas plus. On peut être un athée de haute
moralité ou de basse moralité, on peut être
un athée timide ou un athée insolent, un athée
intelligent ou stupide etc.
Est-il important d'être athée ou non ?
Souvent il n'est pas important d'être athée. Si l'on
est dentiste il est important de savoir beaucoup des dents et d'être
capable d'employer une fraise. Mais pour être un bon dentiste
il n'est pas important d'être athée ou chrétien.
Est-il important d'avoir des organisations athées ?
Pour beaucoup d'athées ce n'est pas important. Beaucoup de
gens ne sont pas membres des organisations de la libre pensée
ou d'athéisme ou de rationalisme.
La situation mondiale des athées implique qu'il y a des organisations
athées, des libres penseurs, des rationalistes, brièvement
des laïques, dans environ 30 pays.
Dans les autres pays du monde, c'est-à-dire plus de 160 pays,
il n'y a pas des organisations de libres penseurs.
Dans ces pays il est ou défendu d'organiser les athées
ou il n'y a pas beaucoup d'intérêt pour telles organisations.
Il semble que ce sont les pays islamiques qui sont les moins libéraux
en ce qui concerne les athées.
Je veux conclure ce petit discours de remerciements à l'Union
des Athées par mentionner quelques souvenirs de mon enfance.
J'ai grandi dans une famille religieuse, une famille qui travaillait
pour l'Armée du Salut, une organisation protestante, ou plus
précisément méthodiste, une organisation sociale
et mondiale qui a fait beaucoup de bonnes choses pour les pauvres.
Mon père était assez autoritaire et comme prédicateur
il parlait beaucoup de dieu, un dieu comme lui, sévère.
Pour moi ça devenait de plus en plus un problème parce
que je ne pouvais pas voir qu'il y avait la moindre preuve de l'existence
de dieu, ou des dieux en général.
Plus tard, et souvent, il m'a étonné que tant de gens
croient en dieu sans la moindre preuve.
Parmi eux il y a des gens qui dans d'autres choses peuvent demander
des preuves les plus détaillées pour presque quoi
que ce soit. Mais dieu ? Non, quant à "lui", il
suffit de croire, sans la moindre preuve.
Dans des affaires religieuses il est permis de croire presque quoi
que ce soit et il y a même des gens qui exigent qu'on les
respecte quand ils croient sans preuve.
Dans les religions, croire sans preuve est souvent devenu une vertu.
Cela naturellement est inacceptable !
L'athéisme,
hier et aujourd'hui
par Finngeir Hiorth (Oslo,
Norvège)
Cet exposé a été écrit à l'occasion
du Prix de l'Union des Athées 2003, dont le président
Johannès Robyn, m'a gratifié pour mes travaux sur
l'athéisme et pour mon oeuvre littéraire en général.
J'y exposerai le résumé d'un certain nombre de faits
et points de vue abordés de façon plus détaillée
dans mon livre Atheism in the world publié chez Human-Etisk
Forbund (Société humaniste), St. Olavsgate 27, 0166
Oslo, 2003.
Les preuves de l'importance de l'athéisme dans le monde contemporain
sont écrasantes, mais difficiles à trouver dans beaucoup
de pays. Une source importante de ces preuves statistiques est la
World Christian Encyclopedia dirigée par David B.
Barrett, George T. Kurian et Todd M. Johnson, Oxford University
Press, Oxford 2001, en 2 volumes.
En dépit de son titre, cette encyclopédie ne se limite
pas à l'étude du Christianisme, mais est riche d'informations
sur les autres religions et, plus important encore d'un point de
vue athée, sur l'athéisme et l'absence de religion.
Le directeur de cette précieuse encyclopédie, David
B. Barrett, s'est particulièrement attaché à
rassembler des informations statistiques sur de nombreuses religions,
mais aussi sur l'absence de religion et l'athéisme.
En conséquence, la World Christian Encyclopedia est
bourrée de chiffres. Pour presque tous les pays figurant
dans cette encyclopédie, nous avons le nombre précis
d'athées déclarés. Si nous devons croire l'Encyclopédie,
le Vatican, pays d'environ 1.000 habitants, était en 1995
un pays sans athées, tous étant chrétiens.
S'il y avait des athées au Vatican, il s'agissait d'athées
cachés.
Ce qui pose problème dans la World Christian Encyclopedia,
c'est qu'elle considère comme athée, une personne
"anti-religieuse militante, agnostique anti-chrétienne,
ou marxiste". Le militantisme est considéré comme
le critère principal pour distinguer les athées des
personnes sans religion.
Mais ce critère n'est pas retenu pour distinguer, par exemple,
les différentes catégories de Chrétiens.
Dans la World Christian Encyclopedia, il n'y a pas d'athées
dans tous les pays, sans doute, dans la majorité des cas,
en raison de l'absence de données. Mais pour la plupart des
pays, le nombre d'athées est donné par année.
C'est ainsi qu'en 1995, nous avons le nombre d'athées pour
les pays suivants : Afghanistan 400 ; Indonésie 460.000 ;
Iran 7600 ; Irak 31.000 ; Libye 90 ; Mauritanie 180 ; Arabie Saoudite
4.400 ; Sénégal 3.600 ; Syrie 30.000 ; Tunisie 3.400
; Turquie 62.000.
Dans tous ces pays, l'Islam a une position dominante.
La plus grande partie des pays islamiques dans le monde n'ont jamais
fait partie de l'U.R.S.S. Les statistiques dont nous disposons montrent
qu'il y a un plus grand nombre de laïques dans les pays qui
ont fait partie de l'Union Soviétique (Azerbaidjan, Kirghizie,
Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan), 11,7 % ou
plus en 1995, contre 3 % ou moins dans les pays n'ayant jamais appartenu
à l'Union Soviétique.
Cela indique que les méthodes contraignantes massives utilisées
en Union Soviétiques pour répandre l'athéisme
n'ont pas été sans effet.
Les pays n'ayant pas appartenu à l'Union Soviétique
étaient généralement dirigés par des
régimes qui, au moins en théorie, avaient une attitude
bienveillante envers la religion.
On entend dire parfois que l'on peut trouver des athées partout.
Le problème d'une telle affirmation est qu'elle est loin
d'être claire. On peut définir l'athée comme
une personne qui ne croit pas en Dieu, mais que signifie "Dieu"
?
Et que signifie "partout" ? Y a-t-il un ou plusieurs athées
à chaque cérémonie religieuse ? Y a-t-il toujours
eu des athées au Vatican bien que les statistiques prétendent
le contraire ?
Et qu'en est-il des circonstances historiques ?
Y a-t-il eu des athées à toutes les périodes
de l'histoire ?
Pour de nombreuses parties du monde, nous n'avons
aucune indication fiable permettant de savoir combien il y a d'athées
et combien il y en a eu dans les siècles passés.
Pour la sphère occidentale, il est possible, dans certains
pays, de trouver des documents sur l'athéisme aux XVIIIème
et XIXème siècles. Mais pour les siècles précédents,
les données sont plus rares ou complètement manquantes.
Cela ne signifie pas que l'athéisme est apparu, par exemple,
au XVIIème siècle. Mais rien ne permet d'affirmer
que, dans l'histoire de l'humanité, il y a toujours eu un
nombre significatif d'athées. Ce que nous savons montre que
l'athéisme, dans le monde occidental, était rare au
XVIIème siècle, et davantage encore dans les siècles
précédents.
Le mot "athée" vient du grec atheos dont
le sens est à peu près "sans dieu, qui refuse
les dieux, mais aussi abandonné des dieux". En Grec
ancien, le mot atheos était généralement
utilisé comme une insulte. Un certain nombre d'individus
étaient appelés atheoi, ou personnes impies.
Pendant la période pré-socratique (env. 479-399),
on trouve Xenophane et Anaxagoras qui furent accusés d'impiété,
alors que Diogène d'Apollonie, Hippo de Rhegium, Protagoras,
Prodicus, Critias et Diagoras de Melos furent accusés d'athéisme.
Cependant, la plupart de ces personnes croyaient en un ou des dieux,
mais pas toujours les dieux qui convenaient.
Nous ne savons pas grand'chose sur ces personnes, et le peu que
nous en savons ne présente pas beaucoup d'intérêt
pour l'histoire de l'athéisme. L'histoire de l'athéisme
montre cependant que, dès ses débuts, l'athéisme
fut mêlé à d'autres points de vue essentiels
fort différents.
On dit que l'une des personnes sus-nommées, Protagoras d'Abdère
(env. 490-421), déclara : "Je suis incapable de savoir
si les dieux existent ou s'ils n'existent pas, ni quelle forme ils
ont. Car il y a beaucoup d'obstacles à la connaissance -
à la fois l'obscurité du sujet et la brièveté
de la vie humaine."
Protagoras déclarait donc ne pas savoir si les dieux existaient
ou non. Une telle position est souvent appelée "agnostique".
Mais on peut aussi interpréter ses paroles comme celles de
quelqu'un qui ne croit à aucun dieu, et est par conséquent
athée.
Ses vues sur la religion conduisirent Protagoras devant un tribunal
où il fut accusé d'impiété, et à
la fin de sa vie, il fut exilé d'Athènes et au moins
un de ses livres fut brûlé en public.
Protagoras était un éminent sophiste - ce qui en fait
une sorte de maître, et ses principales doctrines sont considérées
comme d'un grand intérêt philosophique, même
par ceux qui réfutent l'importance des sophistes en général.
Les plus célèbres philosophes de la Grèce antique,
Socrate, Platon et Aristote n'étaient pas athées.
Ils croyaient en un ou des dieux. Il y avait aussi des matérialistes
dans la Grèce antique, mais à la différence
des matérialistes modernes, ils n'étaient pas athées.
On a souvent supposé que, comme d'autres pays de culture
ancienne, l'Inde possédait une longue tradition athée.
On peut difficilement douter qu'il y ait eu quelques athées
dans l'Inde ancienne. L'athéisme, le naturalisme (l'idée
que la nature est l'ultime cause) et le matérialisme étaient
alors intimement mêlés.
On pense que Carvaka est l'un des auteurs de l'école athée
indienne, mais nous savons peu de choses sur lui.
L'oeuvre principale censée représenter ses idées
est le Brhaspati Sutra (env. 600 av. J.C.), qui est perdu.
Mais on a cru possible de retrouver sa pensée à partir
de vieux textes jaïnistes et bouddhistes, et aussi à
partir de sources hindoues du VIII ème siècle.
Il semble qu'il y ait eu peu d'athées dans le monde occidental
antique et médiéval. Lorsque nous arrivons à
la fin du XVIème siècle, nous rencontrons le nom de
Giulio Cesare Vanini (1585-1619) qui était athée.
Il demanda comment un dieu immatériel peut créer un
monde matériel, et si un être spirituel peut communiquer
avec un être corporel. Il déclara que la seule adoration
possible était celle de la nature. Il accepta l'éternité
de la matière et railla la doctrine de la création.
Il argumenta contre l'existence d'êtres immatériels,
comme les fantômes, les démons et l'âme humaine.
Il prétendit que les religions, y compris le Christianisme,
étaient des fictions, inventées par les princes et
les prêtres pour asseoir leur pouvoir.
Pour lui, les prétendus miracles avaient une explication
naturelle. En 1619, à l'âge de 34 ans, après
de longues et cruelles tortures, Vanini fut brûlé à
Toulouse pour blasphème et athéisme.
Le Polonais Kazimierz Lyczynski (1634-1689), qui publia De non
existencia Dei (De la non existence de Dieu), fut un autre athée
de la première heure. Il fut également exécuté.
En 1992, Michael Hunter et David Wooton publièrent à
Oxford un livre très intéressant, Atheism from
the Reformation to the Enlightenment (L'Athéisme de la
Réforme au Siècle des Lumières). Cet ouvrage
contient des renseignements intéressants sur les premières
critiques de la religion et sur l'athéisme en Europe.
Son champ d'investigation se limite à l'Angleterre, la France,
l'Italie et les Pays-Bas et, pour la période 1500-1700, donne
les noms d'une trentaine de personnes qui furent de possibles athées.
La plupart étaient des Italiens.
Avec Jean Meslier (1664-1729), nous abordons la France et le XVIIIème
siècle. On sait depuis deux siècles que Meslier était
athée. Il passa toute sa vie dans les Ardennes, dans la France
du nord.
De 1689 à sa mort, il fut curé d'un village nommé
Estrepigny. Il y mena une existence paisible et discrète,
même s'il eut quelques démêlés avec son
évêque et un propriétaire terrien.
Il laissa trois exemplaires d'un long mémoire (que l'on appelle
aussi son testament), qui devait être rendu public après
sa mort. La plus grande partie de ce testament est une violente
critique du Christianisme.
De ce mémoire, il résulte clairement que Meslier était
athée, matérialiste et précurseur du socialisme.
À partir de 1730, des copies du mémoire circulèrent.
En 1762, Voltaire en publia des extraits.
Dans ces extraits, d'après le chercheur Aram Vartanian, la
diatribe contre la religion chrétienne était préservée,
mais avec une tournure déiste. Vartanian déclare aussi
que Voltaire expurgea le texte de Meslier de ses doctrines athées
et matérialistes, ainsi que des critiques socio-politiques
qui en découlaient.
Le texte authentique et intégral du mémoire ne fut
édité qu'en 1864. L'importance de Meslier sur les
Lumières demeure donc limité.
Après Meslier, l'athéisme ou le matérialisme
(ou des opinions proches) furent soutenues en France par des écrivains
comme La Mettrie (1709-1751), Diderot (1713-1784), Helvétius
(1715-1771), Holbach (1723-1789), Naigeon (1738-1810), et Cabanis
(1757-1808).
Parmi ceux-ci, Diderot et Holbach tiennent une place particulièrement
importante. En 1770, Holbach publia un important ouvrage, "Système
de la Nature", sous le pseudonyme de Mirabaud. Ce livre fit
sensation en France et fut violemment critiqué par les représentants
de l'Eglise.
Ce livre clairement athée et matérialiste fut longtemps
considéré comme la Bible du Matérialisme.
À partir du XIXème siècle, on connaît
davantage d'athées. Karl Marx (1818-1883), Friedrich Engels
(1820-1895) et Friedrich Nietzsche (1844-1900) furent parmi les
plus célèbres.
Ces trois noms confirment ce qui est dit plus haut, à savoir
que l'athéisme peut s'accompagner d'opinions par ailleurs
extrêmement diverses, une tendance qui s'amplifiera au XXème
siècle.
Pour terminer cet exposé, nous envisagerons l'athéisme
à la fin du XXème siècle. Dans mon ouvrage
Atheism in the World, j'ai écrit que les statistiques
officielles veulent nous faire croire qu'en 2.000, il y avait en
Corée du Nord, 68 % d'athées ou de personnes sans
religion, ce qui était alors la proportion la plus élevée
du monde.
Mais pouvons-nous croire ces chiffres ?
Encore aujourd'hui (avril 2003), la Corée du Nord est un
pays étroitement contrôlé politiquement.
Les partis d'opposition y sont illégaux et il y a peu d'organisations
contestataires à cause de la répression du régime,
d'une étroite surveillance interne et d'une politique isolationniste.
Si nous mettons à part le cas litigieux de la Corée
du Nord, et essayons de fournir les pourcentages d'athées
ou de personnes sans religion dans les divers pays du monde à
l'aide du livre Religious Freedom in the World de Paul Marshall,
ed. 2.000, Nashville, on arrive à ces résultats pour
29 pays :
1/ Lettonie 43,7 % ; 2/ Cuba 40 % ; 3/ Estonie 39 % ; 4/ Russie
32,1 % ; 5/ Pays-Bas 30 % ; 6/ Moldavie 28,1 % ; 7/ Biélorussie
27,7 % ; 8/ Allemagne 27 % ; 9/ Ouzbekistan 25,5 % ; 10/
Ukraine 25,3 % ; 11/ Kazakhstan 23 % ; 12/ Belgique 20 % ;
13/ Arménie 17,7 % ; 14/ Géorgie 15 % ; 15/ Singapour
14,3 % ; 16/ Roumanie 14 % ; 17/ Taïwan 14 % ; 18/
Lituanie 13,1 % ; 19/ Espagne 13 % ; 20/ Hongrie 12,5 % ; 21/ Finlande
12 % ; 22/ USA 11 % ; 23/ Chine plus de 10 % ; 24/ Vietnam 10 %
; 25/ Autriche 9 % ; 26/ France 9 % ; 27/ Royaume Uni 5 % ;
28/ Norvège 3,2 % ; 29/ Brésil 3 %.
Beaucoup de ces chiffres sont probablement erronés.
Il faut savoir que Paul Marshall n'utilise pas systématiquement
le concept d'athéisme.
Dans plusieurs pays, on trouve des catégories comme "sans
religion/autres", "athées, agnostiques, autres",
"aucune", etc... "Sans religion" peut éventuellement
regrouper les athées et les agnostiques, mais "autres"
peut désigner des croyants.
D'un point de vue athée, l'Estonie est un pays très
intéressant, on y trouve beaucoup d'athées et la liberté
d'opinion et d'association y est très élevée.
Un problème avec les athées, c'est qu'il est souvent
difficile de les rencontrer, même dans les pays où
ils sont supposés être nombreux.
L'athéisme reste en grande partie "invisible".
Il est donc très étonnant que David B. Barrett et
ses collaborateurs aient pu fournir des chiffres aussi précis
sur le nombre d'athées et de non-croyants, non seulement
dans des pays ouverts, mais même dans des pays aussi peu accessibles
que l'Arabie Saoudite ou la Lybie.
(trad. J.M. Capmarty)
ANDRÉ LAMA
prix Albert Beaughon 2002
ANDRÉ LAMA est né à Paris en 1935, d'un immigré
italien, ouvrier du bâtiment, et d'une Normande, ouvrière
d'usine.
Sa mère meurt en 1941 à 29 ans. En pleine occupation,
à cinq ans, il se retrouve seul avec un père obligé
de le placer ici où là.
La guerre finie, son père se fixe dans le 20ème
arrondissement de Paris. André Lama s'élève
seul, au cur d'un quartier populaire, dans les pires conditions
: logement sans eau, sans chauffage, sans WC, sans cuisine, sans
salle de bain, un WC et un robinet d'eau communs par étage,
dans le couloir
Dans ce milieu où les jeunes issus de l'immigration européenne
(Italiens, Espagnols, Portugais, Polonais,
) sont nombreux,
on ne poursuit pas "d'études" au-delà
de l'âge de quatorze ans. Chaque jeune met un point d'honneur
à travailler le plus tôt possible, afin de rapporter
de l'argent à la maison, de ne pas se sentir à charge
Après divers "boulots" pénibles et mal
payés de 14 à 17 ans, André Lama fait un
stage de six mois dans un centre de formation professionnelle
pour adultes (FPA) des métiers du bâtiment. Il en
sort avec un C.A.P. de maçon et travaille en cette qualité
sur les chantiers de la région parisienne jusqu'en 1960
avec une coupure de deux ans pour cause de service militaire en
France et en Algérie (1957-1958).
Après douze ans de travail manuel, il ressent le besoin
de faire autre chose, d'utiliser plus sa tête que ses mains.
Que faire sans aucun diplôme ?
Il entre à la préfecture de police de Paris comme
simple agent où, après 4 ans de service, le droit
aux concours internes est ouvert sans le barrage du diplôme.
Il a l'honneur d'être reçu le premier du concours
d'inspecteurs de police auquel il s'est inscrit, ayant découvert
pour l'étude un goût dont il avait été
tenu à l'écart par la dureté de son enfance
et de son adolescence.
Inspecteur divisionnaire retraité de la police judiciaire
parisienne, André Lama est donc l'autodidacte intégral.
Membre du Cercle Ernest Renan de Paris depuis une dizaine d'années,
il fournit à cette occasion des textes de conférence
et surtout des articles et des études publiés dans
sa revue. Vous trouverez la majeure partie de ces textes dans
les ouvrages suivants parus aux Éditions des Écrivains,
147 rue St Honoré à 75001, Paris :
- Des dieux et des empereurs, tome I, 235 pp. (1998) ;
- Des dieux et des empereurs, tome II, 284 pp. (2002);
- Propos mécréants (tant qu'il est encore possible
d'en
prononcer, 420 pp. (2002).
À paraître :
- La mort (antique et actuelle, avec ou sans Dieu, subie ou choisie
),
250 pp. ;
- L'Univers, l'infini, Dieu, la vie (et autres balivernes et billevesées),
300 à 400 pp.
Peut-être parce qu'il n'a pas été mis sur
des rails par des études dont on reste souvent plus ou
moins prisonnier, le ton d'André Lama est particulièrement
libre.
Il aborde sans complexe nombre de grandes questions à la
lumière d'une réflexion dont athéisme et
scepticisme sont manifestement les fils conducteurs.
C'est que les temps s'annoncent durs pour nous.
Un nouveau genre de procès commence à apparaître
dans les prétoires de la justice française : ceux
que font les représentants des religions aux écrivains,
journalistes et orateurs qui expriment des opinions ou des commentaires
estimés contraires à leur Vérité.
Avec le renfort massif de l'islam, ces gens-là veulent
nous étouffer. Tous les esprits libres doivent se serrer
les coudes car le retour des temps inquisitoriaux se profile à
l'horizon
Derrière la façade de ses écrits, là
se trouve l'essentiel du message d'André Lama.
Aussi avons-nous choisi de lui décerner le prix Albert
Beaughon 2002.
Bruno Alexandre
Prix Albert Beaughon 2003
Je suis né en 1938. Mes parents
avaient décidé de me faire poursuivre des études
jusqu'en classe de 3ème.
Aussi m'avaient-ils envoyé dans un cours complémentaire
où l'on ne pratiquait qu'une langue vivante.
Il était normalement, de ce fait, impossible de continuer
au lycée.
Le sort a voulu que je bénéficie de la première
année d'une réforme qui établissait une passerelle
pour le lycée : l'option"sciences naturelles"
pouvait remplacer la deuxième langue.
C'est ainsi que j'ai pu continuer dans cette même matière
: Bac (en sciences expérimentales), licence, agréation.
J'ai enseigné de longues années au lycée
Alain d'Alençon (Orne).
Le cursus littéraire m'était fermé (j'aurais
été tenté par la philo !
) mais je ne
regrette pas cette orientation "forcée", j'ai
trouvé beaucoup de plaisir à enseigner la biologie
et accessoirement la géologie.
J'ai vécu des progrès exaltants dans ces disciplines,
et cela continue, surtout dans le domaine de la biologie. Et puis
cette discipline est un carrefour où peuvent se croiser
bien des disciplines : physique, chimie, voire mathématiques,
psychologie, philosophie
religions !
Un élève musulman m'a interpellé à
propos du cours sur l'évolution : "monsieur, ce que
vous dites ne correspond pas au Coran"
Je dois peut-être développer l'itinéraire
qui m'a conduit à l'athéisme.
J'ai été élevé dans le catholicisme
traditionnel et j'ai très soigneusement appris mon catéchisme
(communion confirmation).
Bien que l'attitude de mon père, ancien prisonnier de guerre,
avec qui je communiquais très peu (mais j'ai su plus tard
que la guerre lui avait fait perdre la foi), ait éveillé
en moi quelques doutes, c'est en classe terminale, sous l'influence
des cours de philosophie bien sûr, que je me suis vraiment
posé le problème de dieu ou pas dieu.
Je ne louerai jamais assez cette matière (la philosophie)
accoucheuse d'esprit qu'il faut contre vents et marées
maintenir au niveau du lycée car certains voudraient bien
l'en faire sortir!
J'ai d'abord réalisé combien l'église (catholique)
avait trahi les textes dont elle se prétendait la gardienne.
J'ai été très influencé aussi par
le livre de Prosper Alfaric "De la foi à la raison"
; il réalisa que sa foi était devenue rationnellement
intenable. Il subit l'excommunication majeure en 1932.
Après le bac, je suis donc devenu assez vite athée.
J'ai refusé de me marier à l'église.
C'est surtout la question du mal qui m'a fait basculer dans l'athéisme.
J'ai eu l'occasion de faire une critique du livre du philosophe
chrétien "avant gardiste" en son temps, Claude
Tresmontant : "comment se pose aujourd'hui le problème
de l'existence de Dieu".
Il s'en est suivi des échanges épistolaires et des
rencontres qui m'ont permis de bien cerner la psychologie du croyant
cultivé désireux d'intégrer les connaissances
scientifiques de son époque et de proposer une foi modernisée.
Bien que se disant "rationaliste intégral" il
n'était finalement qu'un néo-scolastique ; j'ai
lumineusement vérifié avec lui ce qu'avait écrit
mon prof de Philo : "
ceux qui concluent à
dieu à partir du monde se sont déjà donné
un monde tel qu'il conduise à dieu."
Autre anecdote très révélatrice. Je suis
intervenu plusieurs années aux colloques de l'association
"Diderot, l'Encyclopédisme et Autres".
En 1993 le thème était : "Le divin". J'avais
choisi comme sujet : "L'encyclopédie, Dieu
et le mal".
Cette communication m'a valu une mise sur la touche apparemment
définitive car j'attends encore aujourd'hui une invitation.
Je savais mes 3 collègues animateurs quelque peu "orientés"
mais pas à ce point.
L'un est aujourd'hui prof de français à l'université
de Rennes et l'autre donne des cours de philo à l'institut
catholique de Paris.
Je suis en retraite depuis 1997 j'ai donc plus de temps pour écrire
d'où "Église qu'as-tu fait de l'évangile
de la vie
".
Je continue à m'intéresser à l'histoire des
sciences, j'ai publié depuis peu "La controverse
Needham - Spallanzani sur la génération spontanée
ou l'anticipation de la querelle Pouchet - Pasteur".
Il est intéressant de voir discuter deux abbés dont
l'un fait de la science en ne pensant qu'à dieu alors que
l'autre n'en parle pratiquement jamais
Actuellement je travaille sur les rapports sciences - dogmes.
Mon violon d'Ingres : la poésie.
***
DIEU DANS LA CONSTITUTION EUROPEENNE
Introduction : Johannès Robyn
Nous consacrerons cette première partie de notre congrès
annuel à un autre "fait religieux", bien réel
celui-là : la mention de "dieu" dans la constitution
européenne.
Alors que tous les "indicateurs de croyance" sont en baisse
dans la plupart des pays européens (sauf quelques irréductibles
comme la Pologne ou la Croatie, mais qui ont une histoire lourdement
chargée), c'est paradoxalement le moment choisi pour faire
mention de la notion de "dieu" et de l'héritage
religieux dans les textes fondateurs de l'Union européenne.
Sans vouloir passer pour paranoïaque, cette charge du religieux
voulant à tout prix s'imposer coûte que coûte
comme la norme de la pensée européenne dans l'éducation
ou la législation, et s'imposant comme interlocuteur privilégié
auprès des représentants de l'État apparaît
de plus en plus comme une opération savamment orchestrée
depuis longtemps.
Que le vingt et unième siècle sera religieux (ou ne
sera pas) est une prophétie que les communautés religieuses
veulent contre vents et marées se voir réalisée.
Que ce soit précisément l'érosion de la religiosité,
amorcée de manière plus visible depuis une bonne vingtaine
d'années, qui ait provoqué ce sursaut de volonté
de regain d'influence et de puissance des églises est plus
que vraisemblable
On peut être assuré que les moyens financiers mis au
service des communautés religieuses par les gouvernements
européens ont permis une action en profondeur, au moyen d'une
véritable campagne tous azimuts, afin de s'assurer la bienveillance
des médias et la complicité d'hommes politiques.
L'héritage de l'Europe n'est pas plus "religieux "
qu'autre chose, ou alors ce serait une monopolisation outrancière
de la part des religieux qui imposerait l'amalgame culture = religion.
Et cet "héritage" est encore moins "chrétien",
religion elle-même redevable, par son syncrétisme,
à toute une série de croyances millénaires,
et qui a dû s'adapter à la culture "européenne"-
géographiquement parlant - préexistante.
La proposition de texte de l'article 2, consacré aux valeurs
de l'Union, en son paragraphe 2, s'énonce comme suit :
"Les valeurs de l'Union Européenne comprennent les
valeurs spirituelles de ceux qui croient à Dieu comme source
de la vérité et de la justice, de la bonté
et de la beauté et de ceux qui ne partagent pas cette croyance
mais qui trouvent ces valeurs universelles dans d'autres sources"
; texte calqué sur le préambule de la constitution
polonaise et inspiré par la Vatican.
L'article 37, quant à lui, est proposé sous la forme
:
1 - L'Union européenne respecte et ne préjuge pas
le statut dont bénéficient, en vertu du droit national,
les églises et les associations ou communautés religieuses
dans les états membres
2 - L'Union européenne respecte également le statut
des organisations philosophiques et non confessionnelles.
3 L'Union maintient un dialogue régulier avec ces
églises et organisations, en reconnaissance de leur identité
et leur contribution spécifique.
Il s'agit bien là d'une volonté de communautarisation
indéniable, et d'une hypocrisie à peine voilée
: cette « reconnaissance de leur identité
et de leur contribution spécifique » étant
évidemment proportionnelle aux moyens que les états
eux-mêmes fournissent à ces "communautés".
Interventions qui ont suivi l'introduction de J. Robyn
1 - Une auditrice précise que le Préambule n'a pas
le caractère contraignant du corps de la Constitution et
est une simple orientation.
2 - C. Demeautis (Libre Pensée) : l'art 51 est déjà
en puissance dans la Traité d'Amsterdam sous la forme de
la résolution n°11, traité lui-même découlant
du Traité de Nice.
À partir du moment ou un état adhère au traité
d'Amsterdam, il adhère à la résolution n°11.
Il n'est pas besoin de référendum pour abolir la Loi
de séparation de 1905.
Un exemple : comment on a intégré l'Islam de France
et la méthode utilisée pour ce faire. On l'a intégré
dans une France régionalisée. En 1986, M. Jospin interpellé
à Metz sur le statut d'Alsace-Moselle répondit : "Je
ne verrais pas d'un mauvais oeil que celui-ci fût appliqué
à l'ensemble des départements de l'hexagone".
La France, c'est 18 statuts dérogatoires, celui d'Alsace-Moselle,
1 par département d'Outre-Mer, plus 1 statut fiscal pour
la Corse.
En 1981, alors qu'il en avait tous les pouvoirs, le gouvernement
n'a rien fait pour rétablir le texte original de la loi de
séparation de 1905, caviardé par Vichy et les gouvernement
précédents. Il n'a rien fait pour réviser la
Constitution et la rendre encore plus démocratique.
Quand M. Jospin a été ministre de l'éducation
nationale, il n'a pas abrogé la circulaire Monory sur les
aumôneries dans les collèges et lycées dans
lesquels il n'y avait pas d'internat ; et pourtant une circulaire
est en-dessous des lois.
L'Art. 37 était trop dur dans sa formulation de départ.
En y incluant les associations philosophiques - dont la Franc-Maçonnerie
- on tranquillise certaines personnes qui pourraient allumer l'incendie.
On va se focaliser sur l'Art. 37 et envoyer des gens pour le combattre,
ce qui permet d'oublier l'Art. 2.
La révision constitutionnelle du 17 mars, c'est le retour
à la Ferme Générale d'avant 1789. Le 17 mars,
on a créé 22 républiques bananières
en France.
À partir du moment où la décentralisation va
se mettre en place, les lois de la République auront vécu.
Si Giscard obtient une majorité pour cette constitution avant
décembre, à partir du 1 janvier 2004, ce seront les
lois organiques européennes et non plus des directives qui
seront émises. Les lois organiques, contrairement aux directives,
sont d'application immédiate.
"DIEU" dans la Convention européenne ?
Claude Champon
Argumentation :
La tentative d'infiltrer un "dieu", la transcendance,
les origines spirituelles ou des valeurs religieuses dans le texte
de la Constitution européenne en cours d'élaboration
(art. 2 ou 37 ou ailleurs) repose sur un sophisme
et une pétition de principe.
Elle est politiquement dangereuse.
1 - La pétition de principe consiste
à fonder l'Europe de l'avenir sur le passé, et en
plus qui n'est pas le sien ! Les origines ou racines européennes
sont celtiques, nordiques, ibériques, germaniques, slaves,
atlantiques et méditerranéennes, sans parler des hongrois,
des finnois ou des basques.
Le "Judéo-christianisme" ne vient pas de là.
Ses valeurs sont étrangères ou au mieux métissées
par la rencontre avec le monde grec d'Égypte, Alexandrie.
C'est pourquoi le folklore de la bible, après des siècles
de bourrage de crânes, reste toujours étranger à
nos populations plus habituées aux châtaignes et aux
cochons qu'aux chameaux et aux palmiers, ou alors converties aux
sushis et aux pizzas turques.
L'Europe a été amenée à écrire
en grec, puis en latin, jamais en araméen, arabe ou hébreu.
Si l'on veut parler "passé", parlons-en : la première
mention de l'Europe comme espace géographique remonte au
troisième hymne homérique dédié à
Apollon, sept siècles avant Jissé, reprise par Hérodote,
cinq siècles avant itou.
Comme dieu tutélaire, Apollon (sur qui Montaigne conclut
ses "Essais") fait l'affaire, ou Zeus ou Hercule.
2 - Le sophisme consiste à privilégier
le moment de l'histoire ou un empire (romain) se transforme en un
autre (chrétien).
Le dieu judéo-chrétien n'est pas plus romain que le
bernard l'hermite n'est le légitime habitant de la coquille
vide dont il a usurpé le bail.
D'ailleurs à cette époque l'Europe politique n'existait
(déjà) pas du tout.
C'est ça son "origine" !
Si Rome c'est l'Europe, alors ce n'est pas le cas de l'empire de
Charlemagne qui ressemble quand même déjà pas
mal à l'Union Européenne, et qui a perdu comme lui
l'essentiel de la Méditerranée, tout en poussant vers
la Saxe (c'est-à-dire l'Allemagne)
. Et réciproquement.
Les origines de la future Europe sont comprimées et canalisées
dans la conduite forcée qu'est la forme devenue vide de l'empire
romain, comblée au profit de Constantin.
Il s'agit d'une réduction illégitime que dénonça
l'empereur Julien l'Apostat.
Au-delà de ce goulot d'étranglement les diversités
se poursuivent : les nordiques par exemple refondent la Normandie,
l'Angleterre ou encore l'Écosse, et même la Sicile
et Naples !
Les Germains repoussent les slaves et s'installent aussi jusqu'en
Espagne actuelle (Andalousie).
Avec les croisades et les colonies, d'autres Europes verront le
jour, impulsées par la volonté missionnaire des églises.
Bien pire c'est le prétendu dieu (judéo-chrétien)
européen qui fut l'occasion des querelles théologiques
et politiques qui déchirèrent une Europe soi-disant
en gestation et la ruinèrent à coups de schismes (empire
d'occident et d'orient, redoublés par le refus des catholiques
byzantins d'obéir à l'évêque de Rome)
et d'hérésies : guerres des Albigeois, répression
des mouvements millénaristes, enfin réformes de Luther,
Calvin et Zwingli, et comble de l'ironie de l'histoire : l'installation
des nationalismes "modernes" sur la base du principe "cujus
regio, ejus religio" des traités de Westphalie (1648).
Les pro-européens ne leur disent pas "Deo gratias".
Le dieu judéo-chrétien n'est pas européen et
il n'a jamais uni l'Europe. L'Europe deviendra en tout cas autre
chose que la vieille chrétienté, depuis longtemps
mangée aux « mythes ».
Chaque dieu des monothéismes a son passé révolu.
Resterait-il sérieusement envisageable par les temps qui
courent de confier l'unification européenne à un autre
dieu monothéiste non européen (le troisième
de la liste), Allah ?
L'avenir de l'Europe sera peut-être justement de protéger
les humains, arabes, turcs et aussi les états-uniens contre
les fanatismes de tous bords, même ceux de l'Hudson et du
Potomac.
3 - Le danger : À réfuter les
prétentions du "dieu" unique et anonyme sous
ses diverses présentations, je n'ai évoqué
que des Europes impérialistes. La référence
AU "dieu" convient bien à LA direction de l'empire
TOTAL : LA Rome chrétienne, sa brève résurrection
par Charlemagne, LA Rome chrétienne d'orient jusqu'en 1453,
L'Europe des Habsbourg, L'Europe napoléonienne, LA Gross
Europa nazie, L'Europe stalinienne et post stalinienne jusqu'en
89.
Federico Fellini dénonçait l'église (catholique)
comme matrice du fascisme italien (cette façon de s'en remettre
à quelqu'un la mamma, le papa, le mari, le Duce, la
Madone, l'évêque...)
Une Constitution DÉMOCRATIQUE de l'Europe ne peut que renoncer
à toute mention divine et religieuse pour ce motif.
L'ÉGLISE
ET L'EUROPE
Mgr Hippolyte Simon, vice-président de la Conférence
des évêques d'Europe, explicite, dans Le Monde,
les quatre revendications de l'Église catholique à
la Convention pour l'avenir de l'Europe. Cependant la terminologie
choisie ne participe pas de la clarification, mais plutôt
de la dissimulation.
En réclamant la reconnaissance du "droit d'association
religieuse", l'Église catholique ne revendique pas le
droit de créer des associations, qui lui est reconnu par
tous les États membres de l'Union européenne et qui
est garanti par la Convention européenne des Droits de l'homme.
Elle demande que les associations religieuses soient distinctes
des autres associations de sorte qu'elles puissent jouer un rôle
politique et social différent des autres associations de
citoyens.
En réclamant, au nom du principe de subsidiarité,
que le statut particulier de l'Église catholique dans les
États concordataires ne soit pas remis en question par l'Union,
Mgr Simon exige en réalité que les associations catholiques
ne soient pas soumises aux lois générales et à
la Convention européenne des Droits de l'homme, de sorte
qu'elles puissent continuer à exercer des discriminations
en leur sein.
Simultanément, il réclame que l'Union adopte avec
l'Église catholique un rapport de type concordataire, bien
que des États membres ne soient pas concordataires.
L'Église serait donc au-dessus des lois, le Concordat serait
la règle et la laïcité l'exception de subsidiarité
pour les États laïques. En réclamant que la Constitution
européenne reconnaisse son héritage religieux, l'Église
catholique exige que l'Union européenne ne soit pas fondée
sur le principe du Contrat social, mais sur la nécessité
de l'histoire collective.
Enfin, en réclamant une référence à
la transcendance, l'Église catholique exige que les organisations
religieuses disposent d'un magistère moral sur le pouvoir
politique de l'Union. Ces revendications sont exactement celles
de Pie VI condamnant la Déclaration de 1789. La seule évolution
notable en deux siècles étant que l'Église
romaine accepte de partager son magistère avec d'autres confessions.
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René Thirifays
FÊTES LAÏQUES
Alain Jakubowicz, avocat et président du CRIF Rhône-Alpes,
vient de donner un point de vue au Monde (daté du 6 juin
2003), dans lequel il déclare notamment :
"Juifs et musulmans ont donc les mêmes droits que
leurs concitoyens catholiques et protestants, pour ne parler que
des grandes religions monothéistes. [...] la prise en considération
des seules fêtes chrétiennes dans le calendrier républicain
est choquante.
Le citoyen chrétien peut, sans avoir à prendre sur
ses congés ou RTT, se rendre à l'église ou
au temple le jour de ses fêtes religieuses. [...]
Ce n'est pas contester la tradition chrétienne de notre pays
que de considérer que la laïcité ne peut pas
être à géométrie variable et justifier
une rupture d'égalité entre les citoyens [...] supprimer
toutes les fêtes religieuses du calendrier républicain
ou y intégrer celles des cultes israélite et musulman."
Une fois de plus, dans cette recherche de l'équité,
les incroyants, les athées, sont passés à la
trappe, alors qu'ils représentent environ 20 à 25
% de la population (60 % pour les catholiques, 4 à 6 % pour
les musulmans, et seulement 0.5 à 1% pour les juifs).
Les fêtes républicaines ne sont pas seulement des fêtes
religieuses ; il y a la fête nationale, une fête
sociale (le 1er mai) et deux anniversaires de victoires militaires.
S'il est envisageable d'introduire une fête musulmane et une
fête juive, et de supprimer deux ou trois des six fêtes
chrétiennes (lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte,
15 août, Toussaint, Noël) en tant que jours chômés,
il conviendrait alors d'introduire deux ou trois jours pour les
incroyants : ce pourrait être la commémoration de l'exécution
du chevalier de La Barre, Carnaval, le solstice d'été
(21 juin), l'entretien du souvenir de Bruno, Galilée, Voltaire
ou Vanini, ou encore l'anniversaire de la rétractation du
savant Buffon devant les théologiens, le 12 mars 1751.
N'oublions pas cependant que nous devrons un jour faire une place
à une fête européenne.
Vient alors l'épineux problème des noms des jours
de la semaine, six sont païens et un seul chrétien (dimanche)
; considérons que les noms païens satisfont les incroyants
; faut-il en retirer un ou deux pour les attribuer aux musulmans
et aux juifs ? On pourrait alors donner le samedi, qui deviendrait
shabbat, aux juifs, et le vendredi aux musulmans (sous quel nom
?)
Enfin, le compte des années depuis la naissance de Jésus-Christ
ne satisfait pas les 40 % de non catholiques ; les possibilités
évidentes sont le retour à l'origine du calendrier
républicain ou à celle de la fondation de Rome, mais
d'autres solutions existent sans doute.
Cela fait des années que j'attire l'attention du Monde sur
le déséquilibre entre la représentation des
croyants et la représentation des incroyants. Ce week-end
encore, des articles de deux juifs pour exposer un conception fort
contestable de la laïcité, puisqu'elle évacue
l'existence de 20 à 25 % d'incroyants dans leur propre pays.
Le Monde est-il décérébré, ou
quoi ?
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Claude Courouve
UN PEU D'HUMOUR :
Deux amies blondes arrivent dans une station de sports d'hiver.
Dans le hall de l'hôtel est affiché le tableau d'enneigement
des stations. MEGEVE : 15 cm, molle. L'ALPE-D'HUEZ : 20 cm, souple.
MERIBEL : 30 cm, dure. Alors une des filles s'approche du réceptionniste
et lui demande :
- S'il vous plaît, Monsieur, vous pourriez nous indiquer le
numéro de la chambre de M. Méribel ?
Jean-Max
DIEU LE GASTRONOME, ou
LA RECETTE DE LA
GALETTE À LA MERDE
Dans Ézéchiel IV, Dieu omnipotent,
multi-casquettes, mais miséricordieux et grand chef de cuisine,
se met aux fourneaux.
Il donnera à Ézéchiel une succulente recette
de galette digne d'anthologie...
Les différents traducteurs, grands sauciers, ont fait un
travail d'assaisonnement remarquable pour faire passer la pilule.
Chaque traducteur de la bible ira de son grain de sel pour faire
croire aux lecteurs que cette galette devra être cuite grâce
à des excréments desséchés auxquels
on aurait mis le feu... alors qu'il s'agit bel et bien d'une galette
d'excréments humains dont la pâte d'orge est cuite
sous la cendre, comme le confirme la dernière traduction
proposée, celle de Lemaître de Sacy.
4 : 10 - La
nourriture que tu mangeras sera du poids de vingt sicles par jour;
tu en mangeras de temps à autre.
4 : 11 - L'eau que tu boiras aura la mesure d'un sixième
de hin ; tu boiras de temps à autre.
4 : 12 - Tu mangeras des gâteaux d'orge, que tu feras cuire
en leur présence avec des excréments humains.
4 : 13 - Et l'Éternel dit : C'est ainsi que les enfants
d'Israël mangeront leur pain souillé, parmi les nations
vers lesquelles je les chasserai.
4 : 14 - Je dis: Ah! Seigneur Éternel, voici, mon âme
n'a point été souillée; depuis ma jeunesse
jusqu'à présent, je n'ai pas mangé d'une bête
morte ou déchirée, et aucune chair impure n'est entrée
dans ma bouche.
4 : 15 - Il me répondit : Voici, je te donne des excréments
de boeuf au lieu d'excréments humains, et tu feras ton
pain dessus.
4 : 16 - Il me dit encore : Fils de l'homme, je vais briser
le bâton du pain à Jérusalem; ils mangeront
du pain au poids et avec angoisse, et ils boiront de l'eau à
la mesure et avec épouvante.
4 : 17 - Ils manqueront de pain et d'eau, ils seront stupéfaits
les uns et les autres, et frappés de langueur pour leur iniquité.
Pas convaincus avant de goûter
?
Fichtre... C'est sans doute que la traduction de 1946, Bible
Segond, est un peu subjective... Voyons voir une autre, la Bible
Thompson de 1998 :
4 : 12 - Tu mangeras des gâteaux
d'orge, que tu feras cuire sous leurs yeux sur des excréments
humains.
Ici ce serait donc les excréments
qui servent de combustible pour la cuisson ; c'est donc encore mangeable.
Mais penchons-nous maintenant (pas trop près tout de même)
sur une traduction réputée plus littérale,
comme la Bible de Chouraqui par exemple :
4 : 12. - Mange un gâteau
d'orge. Il sera pâtissé avec des crottes d'excréments
humains, sous leurs yeux.
Et celle de la Bible de Jérusalem :
4 : 12 - Tu mangeras cette nourriture
sous la forme d'une galette d'orge qui aura été cuite
sur des excréments humains, à leurs yeux.
Notons au passage la subtilité
des déviations des prépositions "sur", "sous",
et "avec", qui servent tantôt les cendres, tantôt
les excréments, et tantôt les crottes... ceci au bon
vouloir du traducteur-saucier, et selon sa recette...
Mais pour quelle raison ?
La réponse est apportée sans garnitures par la version
de Lemaître de Sacy, Bible Lemaître de Sacy,
édition 1990, traduite du grec de la Vulgate :
4 : 12 - Tu mangeras des gâteaux
d'orge, que tu feras cuire AVEC des excréments humains,
SOUS LA CENDRE devant eux.
Alors, toujours envie de manger
la galette du roi des cieux ?
Ci-dessus, et donc sans ambiguïté, une galette d'orge
cuite AVEC des excréments humains et SOUS la cendre est
la vraie recette recommandée par Dieu, délicieuse
et exquise comme il se doit, selon la bonne vieille méthode
de cuisson de nos arrières grand-mères sumériennes
ou égyptiennes.
Recette divine de haute gastronomie que l'on trouvera difficilement
dans les restaurants terrestres, mais dont la technique de cuisson
est encore pratiquée de nos jours sur terre, par certains
peuples du désert, mais pour faire cuire un délicieux
pain, cuit dans le sable avec des cendres de bois...
Bizarrement, les peuples sub-sahariens et du Maghreb, qui fabriquent
encore le pain de sable, ont changé de dieu-cuistot assez
récemment.
On se demande vraiment pourquoi...
(source : Henri Fabre)
ERRATUM
Dans le n° 114, p.14, l'article « Le sabre et
le goupillon » de Claude Champon comportait une série
de renvois aux notes qui ont mystérieusement disparu. Elles
ont été retrouvées et les voici :
1) On verra dans la suite que la croyance reste la plus forte et
que les diverses étoiles ou polygones variés qui marquent
les divers grades de la Légion d'honneur sont « vus »
comme des « croix » dans doute par référence
transhistorique à des ordres anciens (la Croix de Saint-Louis
de la monarchie), et puis, vous l'auriez deviné, ça
fait le lien avec la France, fille aînée de l'Église
(catholique).
2) L'orateur n'a pas remarqué que le R.P. exprimait cette
joyeuseté un premier avril
3) Habile réunion de toutes les techniques de démarchage.
4) !
5) !!
L'Encéphalopathie Spongiforme Religieuse (ESR)
Une maladie terrible résultat de la malbouffe spirituelle en Occident
Par Enrico Riboni, ancien malade guéri.
CONTENU :
- Introduction, causes
- Diagnostic
- Thérapie
Introduction, causes
L'Encéphalopathie Spongiforme Religieuse, connue comme ESR ou "Maladie du Fou de Dieu" persiste à l'état endémique dans toutes les régions du monde traditionnellement monothéistes, soit essentiellement l'Europe, le bassin méditerranéen et les Amériques.
Cette dégénération du cerveau résulte de l'absorption de Farines Religieuses. Ce redoutable substitut d'éducation est souvent donné aux enfants des zones touchées par la maladie, avant qu'ils n'aient pu atteindre le développement complet de leur intellect et les effets sont alors dévastateurs.
Qui n'a jamais vu ces images terribles de foules de jeunes au cerveau spongieux acclamant en levant les bras un vieillard impotent qui radote des absurdités sur la sexualité ou sur l'économie mondiale ? Ou ces groupes de mâles au cerveau spongiforme qui s'enferment pour la vie dans un enclos jurant pauvreté, abstinence sexuelle et obéissance à vie ? Ou encore ces gens qui lisent une phrase banale d'un bouquin du genre "Dieu fit X
Dieu vit que cela était bon " avant de commencer à glousser d'émerveillement en levant les yeux au ciel ?
La dégénération du cerveau entraîne une perte sélective de l'esprit critique.
Ainsi, le patient se met à croire à tout ce que disent les gens qui portent des chapeaux bizarres qui le convainquent facilement de commettre des actions contre son intérêt bien compris : renoncement à une vie sexuelle saine, paiement d'impôts ecclésiastiques, "dons" à des pervers sexuels parlant d'une voix mielleuse, etc.
Diagnostic
Comment savoir si vous êtes atteint de l'Encéphalopathie Spongiforme Religieuse ?
Si vous répondez oui à 1 ou 2 questions ci-dessous, vous êtes atteint d'une forme bénigne. 3 réponses positives ou plus indiquent un danger grave et la nécessité de soins rapides :
Vous avez la conviction qu'une vierge peut rester vierge après avoir eu plusieurs enfants, et que cela est arrivé au moins une fois dans l'histoire.
Vous dites "il est écrit que" puis citez une phrase d'un vieux livre plus d'une fois par jour.
Vous êtes convaincu que la mort n'est qu'un "passage" vers Sirius ou vers un quelque autre au-delà.
Quand un vieillard impotent et complètement gâteux raconte des âneries sur la sexualité, vous écoutez attentivement, si et seulement si le dit vieillard a un habit blanc ou rouge et porte un chapeau bizarre.
Vous pensez qu'un amalgame de quelques cellules est pensant et mérite autant de respect qu'un humain si et seulement si cet amalgame de cellule résulte de la fécondation d'un ovule (humain) par un spermatozoïde (humain également), et que même le congeler est une horreur.
Vous pensez que quelques part un être tout puissant et créateur de l'univers veille sur vous personnellement, pauvre mammifère parmi des milliards de mammifères habitant une planète insignifiante .
Quand vous vous regardez dans un miroir le matin, vous ne pensez pas "Voici un Homo Sapiens Sapiens, primate de la famille des grands singes", mais "Voici l'être crée à l'image du Dieu tout puissant, placé par lui au sommet de la création".
Quand vous entrez dans un édifice de cultes catholique, vous plongez votre main dans le bassin d'eau à l'entrée, ignorant les dangers posés par les bactéries fécales des gens qui ont fait ce même geste avant vous alors que, eux, ils ne se sont pas tous lavés les mains après avoir été aux toilettes.
On vous dit "Dieu est un Dieu unique en 3 personnes et une seule" et vous ne bronchez pas.
Vous partez en voyage pour voir un endroit ou une vierge est apparue et a dit des banalités à des enfants.
Vous attribuez au Diable les agissements de vos contemporains que vous ne comprenez pas.
Thérapie
La thérapie d'une maladie aussi terrible n'est pas chose
aisée. Le soussigné recommande les étapes suivantes
:
Abstention de la consommation de Farines Religieuses, c'est-à-dire
pas de bible, pas de visites à des lieux de cultes monothéistes
pendant au moins 30 jours.
Substitution des Farines Religieuses par une nourriture spirituelle
plus saine : lecture de livres de philosophes non-monothéistes,
grasse matinée le dimanche matin, lecture de livres d'introduction
à des religions non monothéistes, livres sur l'évolution
et les autres primates avec lesquels nous partageons la planète.
Une fois que le cerveau commence à retrouver ses facultés
critiques regardez à nouveau les dogmes auxquels vous avez
cru : tout seul, en toute discrétion. Ils vous feront rire.
Le rire est la meilleure des thérapies.
Se regarder dans le miroir et se demander en toute franchise "Vois-je
là l'être crée à l'image du Dieu tout
puissant, sommet de la création, ou un primate de la famille
des grands singes ? " Si vous ne voyez toujours pas le grand
singe c'est que (1) vous êtes petit ou
(2) vous êtes affecté de narcissisme pathologique,
voir un psy.
Correspondance avec l'auteur : eriboni@ozone.ch
MÉTHODE CRITIQUE, COMMENT
ON ÉCRIT L'HISTOIRE
ou les mésaventures de Henri-lrénée Marrou
Les athées déclarés devraient, moins que les
autres, tomber dans les panneaux quotidiennement tendus par les
media : les intoxications, manipulations et rumeurs diverses.
Vaste programme
Henri-lrénée Marrou était un historien
de renom, membre de la secte catholique romaine et fier de l'être,
dont le livre "De la connaissance historique" (Seuil Points
Histoire H 21, 1975) fut utilisé par des générations
d'étudiants en histoire ou en philosophie, sans parler de
"l'honnête homme" de référence convoqué
à sa lecture effectivement intéressante.
Historien et croyant, il écrivit quelques pages assez plaisantes
et finit par admettre certaines contradictions qu'il résolut
- avec le minimum de malhonnêteté possible ... (pp
99 à 103 ; 128 à 131).
Les athées peuvent profiter de son effort intellectuel d'analyse.
Marrou commence par énumérer les précautions
à prendre dans la recherche historique fondée sur
des « documents », à partir de la tradition
de Droysen, Langlois et Seignobos, Bernheim et Harsin :
CRITIQUE EXTERNE.
Critique d'authenticité ; critique de restitution (reconstituer
un original disparu).
Critique de provenance.
CRITIQUE INTERNE.
Critique d'interprétation.
Critique de crédibilité.
Mais il regimbe contre l'orientation "positiviste" de
la défiance, du soupçon et de la violence faite aux
"documents". Le bonhomme a des raisons de relativiser
cette méthode qui le ramène d'ailleurs à ses
obsessions favorites... :
" En fait ce programme a été surtout
prôné par les spécialistes de l'histoire politique
ou ecclésiastique du Moyen Age occidental, domaine dont la
documentation est encombrée de chroniques de seconde main,
de diplômes et de chartes falsifiés, de vies de saints
outrageusement antidatées."
On ne lui fait pas dire.
Mais H-I Marrou est pressé de dépasser la critique
"négative" à laquelle il lui "paraît
utile de substituer la notion positive de compréhension du
document".
C'est le concept "Carrefour" (il faut positiver, coco)
hors duquel point de salut.
"Prenons comme exemple l'interprétation des Evangiles
canoniques. Que de temps perdu par la critique à
rechercher la crédibilité du témoignage qu'ils
portent sur les événements de la vie de Jésus
! "
On notera avec intérêt la nature de "l'exemple",
certainement pas péché au hasard, les guillemets agacés
qui affublent le mot "critique" et " les événements
de la vie de Jésus" qui supposent donc l'existence historique
du personnage, alors que c'est toute la question.
" un Evangile : ce n'est pas un recueil de procès-verbaux,
de constats d'événements, plus ou moins exacts ou
tendancieux, plus ou moins fidèlement transmis ; l'auteur
ne se proposait pas de fournir un jour une documentation à
l'histoire historisante, mais bien autre chose : il voulait, dans
la perspective existentielle de la catéchèse ecclésiastique,
transmettre à ses lecteurs la connaissance du Christ nécessaire
au salut ; pour élaborer cette image de Jésus, il
a pu être amené à toute une manipulation de
ses sources qui nous déconcerte peut-être (par son
indifférence, par exemple, à la chronologie), mais
qu'il serait naïf de qualifier de falsification ou de mensonge."
Les non-dupes errent, on connaissait la chanson ; mais si à
ce compte les "critiques" sont des "naïfs",
alors ceux qui se gaussent d'eux sont des cyniques, il n'y a pas
de milieu.
" Il serait plus naïf encore d'imaginer qu'on
puisse décomposer ce témoignage et, séparant
le bon grain de l'ivraie, isoler un pur noyau de « faits »
authentiques : les Evangiles ne sont pas un témoignage direct
sur la vie du Christ, ils sont un document primaire, et d'une valeur
incomparable, sur la communauté chrétienne primitive
: nous n'atteignons Jésus qu'à travers l'image que
ses disciples se sont faite de lui - ce qui ne veut pas dire que
cette image soit trompeuse, encore qu'elle ne soit pas celle que
l'historien événementiel aimerait qu'elle eût
été."
Ouf ! bel effort !
Parachute ultime et prime à la préméditation
: le bon père Marrou nous explique ensuite qu'un document
"faux" peut se révéler "positif"
sous un autre rapport, car susurre-t-il exquisément :
" il est rare qu'un faux ait été un acte
gratuit ".
Voilà qui est bien rassurant en effet !
" (la connaissance historique) repose en définitive
sur un acte de foi : nous connaissons du passé ce que nous
croyons vrai de ce que nous avons compris de ce que les documents
en ont conservé."
Voilà qui est "révisionniste"
en diable !
"Constater que la connaissance historique est issue
d'un acte de foi (car faire confiance et avoir
la foi, c'est tout un, comme le montrent bien le grec et
le latin, pisteuô, credo) n'est pas pour autant nier sa
vérité, nier qu'elle puisse être susceptible
de vérité."
Évidemment, ça l'arrange bien, mais nous, on n'a pas
confiance.
Et le bouquet :
" ... à la différence d'autres religions
qui ne mettent en cause que des vérités éternelles
ou des symboles mythiques (toujours la concurrence déloyale
- C.C.), le christianisme repose sur des vérités
de caractère historique (l'Incarnation, la Passion, la Résurrection,
...) est chrétien celui qui croit en Celui à qui saint
Pierre a cru."
Et est ourson celui qui croit en l'ours qu'a vu l'homme.
S'ensuit un procès en négationnisme à l'encontre
de ceux qui de bonne foi ou pour s'amuser auraient mis en doute
l'existence de Napoléon (Whately et Pérès),
de Max Müller ou de Descartes, tout cela pour prouver l'inanité
des démonstrations de l'inexistence de toute la sainte famille.
Le vrai du réel sert finalement à faire passer les
hallucinations.
Aux contorsions en « compréhension »
de H.-I. Marrou il est permis de préférer le sérieux
critique de Gabriel Bonnot, l'abbé de Mably (c'était
le frère de Condillac avec qui il instruisait le futur prince
de Parme) dans ses traités :
"De l'étude de l'histoire" et "De la manière
d'écrire l'histoire" (Corpus des oeuvres de philosophie
en langue française Fayard 1988).
Comme quoi un athée du 21ème siècle peut se
sentir plus proche d'un prêtre de l'ancien royaume de France
que d'un sorbonnard de la république soi-disant laïque.
----------------------------------------------------- Claude
Champon
LE MISSILE ET
L'ANATHÈME
Dès l'enfance nous sommes pris dans une toile de fils imperceptibles, tissée par les conventions, les idées préconçues historiques, politiques, économiques, philosophiques, reli-gieuses. Des préjugés figés.
Sans aucune base objective, des concepts nous sont imposés d'une manière péremptoire comme des évidences.
Indéniablement, une collusion s'est établie entre les bénéficiaires de cette mise en condition du citoyen de base.
Ainsi, au hasard, sur France Inter le jeudi 19/03/03 à 18h30, le professeur Jacquard lance-t-il : "Il y a 2.000 ans un type prêchait dans le désert ; 2.000 après, on l'entend encore."
Mais :
-
Le "type" dont il parle a-t-il jamais existé ? Ce point fondamental n'a jamais été prouvé. Les évangiles ont été écrits au 3ème siècle de notre ère.
- Cette affirmation passe sous silence les moyens qui ont été utilisés pour que ce "message" nous parvienne. Et c'est dommage car ils sont efficients : armes, législation, endoctrinement, guerres, abolition ou détournement de cultures anciennes, occupation outrancière de l'espace (chapelles, calvaires, cloches), calendrier, censure, violences, violences sous toutes ses formes.
- La tournure employée suppose que le fait est universellement accepté : le "on" généralise. Or si Jacquard avait dit "quelques uns l'entendent encore", c'eut été moins spectaculaire mais plus exact. Beaucoup de religions en effet ne relèvent pas du christianisme et les incroyants sont particulièrement sourds à ce genre de référence.
- M Jacquard utilise parfois ses connaissances scientifiques mais il fait plus généralement de la philosophie ou de l'affirmation de croyance comme ici, ce en quoi il n'a pas qualité de professeur.
De tels exemples pourraient être cités à l'infini.
Pour celui qui avale quotidiennement ce brouet, sans y réfléchir, ces propos péremptoires finissent par avoir force de loi. Ces stéréotypes imposés ont la vie dure ; ainsi l'image de la femme malgré les efforts des féministes a-t-elle des difficultés à se faire plus positive.
Bien évidemment le premier de ces stéréotypes qui vient à l'esprit dans nos civilisations occidentales c'est l'Ève de la genèse dans la bible. Mais même les travaux scientifiques sur les premiers hommes ont parfois dessiné le portrait d'une femme préhistorique soumise, pondeuse, dépendante du bon vouloir de l'homme chasseur, pourvoyeur de provende.
Les ethnologues qui ont étudié les actuelles civilisations de chasseurs cueilleurs (par exemple Claude Lévi Strauss, "Tristes tropiques" en Amérique du Sud) démontrent que la femme dans ces sociétés archaïques participe activement à la survie du groupe par des actions complémentaires qui ne se résument pas à la maintenance du foyer et à la mise au monde de petits.
De plus, "si la femme a maintenant voix au chapitre dans la préhistoire c'est surtout parce que sa descendante contemporaine s'est émancipée et a fait elle-même ses études" (Claudine Cohen, rapportée par A.A. " Marianne" L 12811 n°307)
Mais Ève croquant la pomme sous l'il du serpent ou Madame Cro-Magnon tirée aux cheveux par son costaud en peau de bête, pourquoi ces images nous obsèdent-elles encore ?
C'est que tout au long de l'histoire elles ont été constamment remises au goût du jour sous divers prétextes. Un exemple ? Pour rendre hommage à Chagall, la Poste, administration d'une république laïque, édite un timbre, reproduction d'un vitrail représentant Ève te le serpent.
Ainsi réactualisées, rafraîchies, modernisées, ces images démodées se réimposent aux jeunes esprits justifiant les actions coercitives, les unes s'appuyant sur les autres.
Chaque époque, chaque pays a ses interdits, ses lois restrictives, ses usages contraignants à l'égard de la femme.
En Égypte, Hatshepsout, reine de la XVIIIème dynastie, bien qu'héritière légitime du pharaon ne peut régner sans se marier. Elle épouse donc son demi-frère Thoutmes II. De fait elle régnera, puis sera régente mais à sa mort toute trace de son long règne sera effacée.
Dans les sociétés gréco-romaines la femme est inférieure et incapable juridiquement (imbecillitas sexus)
Dans la société hindoue ou juive elle est désignée comme impure et souillante (Lév. XV : 19 et sqq)
Le Coran établit formellement, comme l'Ancien Testament, que "la femme est en puissance de son mari".
Saint Paul réaffirme la supériorité de l'homme sur la femme ( "La femme doit avoir sur la tête un signe de sujétion" - Cor. X). Elle ne doit pas prendre la parole en public.
Sous Clovis, la loi salique interdit aux femmes de prétendre hériter de la terre. Cette loi est rédigée de nombreuses fois et particulièrement sous Charlemagne. On s'en servira plus tard pour éloigner les femmes de la couronne.
Au XIIIème siècle, le droit romain est remis au goût du jour pour restreindre ce que les femmes avaient pu conquérir.
Petit à petit, au cours des siècles, on va restreindre aussi son salaire : 65% du salaire masculin au XIVème siècle, 50% au XVème siècle, 45% au XVIème siècle.
Par ailleurs, les métiers qu'elle exerçait lui sont un à un interdits.
En 1791, Olympe de Gouge essaie d'aborder la question de l'égalité en rédigeant une déclaration "des Droits de la Femme et de la Citoyenne", mais elle sera envoyée à la guillotine en 1793.
Ce n'est qu'en 1881 qu'il y a création de lycées de filles mais ils ne préparent pas au baccalauréat et la loi même stipule que "les femmes ne doivent pas songer à faire usage de leurs diplômes ni prétendre entrer dans les facultés".
XXème siècle : même si les femmes remplacent les hommes dans les usines et aux champs durant la guerre 14-18, leur statut ne s'améliore pas. Les femmes n'obtiennent le droit de vote en France qu'en 1946, et ce n'est qu'en 1948 que les Droits de l'homme reconnaissent l'égalité des sexes.
Longtemps désignées comme "homme manqué", "être accidentel", "sexe faible" ou même "le sexe" (cf la littérature classique et l'article "sexe" du Larousse du XXème siècle) on peut lire encore à son sujet des phrases comme celle-ci : "forcée à l'origine d'accepter les données de sa physiologie et les hasards qui déterminent sa vie, elle avait moins que l'homme l'habitude du choix conscient et de la responsabilité " (Encyclopédie Alpha, article"femme").
Ce n'étaient donc pas les contraintes de la vie sociale, ni les restrictions législatives qui l'empêchaient de prendre des responsabilités, c'était tout simplement sa physiologie !
Dans l'histoire enseignée aux enfants le rôle attribué aux reines intrigantes, néfastes, étrangères, traîtres n'est guère positif. Les seules femmes qui trouvent grâce sont les mères (Blanche de Castille) et les héroïnes sacrifiées (Jeanne Hachette, Jeanne d'Arc) qui n'auront jamais le pouvoir.
Cependant qu'en est-il de Blanche de Castille ?
Elle "se soucie surtout de bien élever son fils (Louis IX, dit Saint Louis), d'en faire un bon chrétien et de le préparer à être un bon roi." (Histoire de France de Bonifacio et Maréchal 1956).
Or Blanche de Castille fut régente pendant la jeunesse de son fils et ensuite lorsqu'il partit en croisade elle eut de nouveau la charge totale du royaume.
Toutes les statistiques mondiales prouvent que les filles sont nettement moins scolarisées que les garçons et, toutes activités confondues ce sont les femmes qui effectuent le plus d'heures de travail. Plus près de nous le récent débat sur la mixité visait à, protéger les garçons parce qu'ils pâtiraient semble-t-il du côtoiement des filles !!
La politique de la ville, ces dernières années, a chargé les imams, à travers les associations cultuelles, de maintenir l'ordre dans les quartiers sensibles, pendant que les caïds étaient pourvus de terrains de sport, ce qui excluait les femmes et renforçait la domination masculine (France Inter, 06/03/03, émission de Sylvie Joncourt).
Tout ceci peut paraître anecdotique, superficiel et en effet il ne s'agit pas d'une analyse historique universitaire. Volontairement ce sont des informations disparates, comme chacun aurait loisir de récolter ça et là au hasard du quotidien.
C'est assez dire pourtant combien à travers le temps et l'espace les mêmes interdits, les mêmes restrictions, les mêmes marques de subordination sont imposées aux femmes.
Ici le voile, ailleurs le tchador ou la burka, en Orient le harem, en Russie le terem ou le werkh, en Afrique l'excision, en France le percement précoce des oreilles, de tous temps et quasiment en tous lieux la dot, "prix de la fiancée", qui sous divers prétextes, se voulant parfois valorisants, transforme de fait la femme en marchandise plus ou moins estimée.
Rappelons qu'en France le régime dotal a été supprimé par la loi du 13 juillet 1965 !!
Si nous revenons à la préhistoire, compte tenu des connaissances actuelles, nous sommes tous à égalité.
Il est vraisemblable que la faculté de la femme non seulement à se reproduire mais encore à reproduire ce qu'elle n'est pas (c'est-à-dire l'homme lui-même, qui en est incapable) a dû en faire un être pourvu de pouvoir magiques, surnaturels, et ceci d'autant plus qu'apparemment il ne lui fallait aucun appareil particulier : le chasseur a besoins d'armes, le musicien d'instruments, le sorcier de talismans, la femme, elle, vaque tranquillement à ses occupations et, miracle, elle a fait un être vivant. Ceci pourrait expliquer les multiples statuettes féminines trouvées sur les lieux de fouilles (Sibérie, Vienne, Dordogne etc
) cela a pu être des représentations divines ou de personnes respectées, vénérées.
Mais vraisemblablement à partir du moment où il est devenu éleveur l'homme a dû faire une relation entre l'acte sexuel et les naissances. Dès cet instant son attitude a dû se modifier complètement. "De toute manière, à partir du moment où l'homme a compris son rôle dans la procréation il a cherché à s'assurer des héritiers mâles : et la femme alors a surtout été considérée comme l'instrument nécessaire pour assurer cette lignée" (Encyclopédie Alpha, article "Femme").
Elle est considérée alors simplement comme le vase, le contenant, l'enveloppe, "l'enceinte" mot que nous utilisons encore au XXIème siècle malgré les connaissances scientifiques datant du XIXème siècle et révélant que la femme apporte la moitié des gênes.
L'homme, à partir de là, est supposé être le seul géniteur et si la femme avec la semence de l'homme donne naissance à une fille c'est une sorte de trahison.
" Si la femme après avoir conçu enfante un mâle elle sera souillée 7 jours
si elle enfante une fille elle sera souillée 2 semaines" (Bible, Lévitique Chapitre XII verset 2).
On a souvent expliqué la soumission de la femme par le besoin de la protéger à cause de sa complexité fragile, de ses grossesses autrefois très nombreuses, mais outre que cela n'explique pas toutes les exactions, cette mise en tutelle aurait dû s'estomper avec le temps. Or c'est le contraire qui s'est produit.
Si donc la femme a été l'objet d'un rabaissement, d'une infantilisation dans de nombreuses cultures nous sommes obligés de nous poser la question du motif : le ver est-il dans le fruit ?
La science nous a montré qu'elle était loin d'être un "sexe faible" au contraire, d'une manière générale elle survit plusieurs années à son compagnon. Débarrassé des préjugés son corps s'avère un organisme particulièrement bien construit pour mettre au monde l'enfant et le nourrir. Dans les écoles de haut niveau ses camarades mâles peinent à la suivre.
Avec l'émancipation, la liberté de penser et de s'exprimer on a pu constater qu'elle était capable de "choix conscient et de responsabilité".
Bref s'il y a erreur, elle ne viendrait pas de sa personne.
À ce niveau du questionnement il n'est pas inutile d'examiner une autre série d'évidences.
Une grande idée convenue : le monothéisme serait supérieur au polythéisme, "croyances vulgaires" (Larousse du XXème siècle).
Ainsi parlant d'Akhnaton, pharaon mort en 1338 avant notre ère et qui instaura le monothéisme, Carl Grimberg ("Histoire Universelle" Tome I) dit notamment "la période la plus remarquable de l'histoire des pharaons" alors même que mis à part cette curieuse invention il ne fit rien d'exceptionnel durant un règne bref (7ans) et laissa l'Egypte affaiblie. Que lit on dans le Larousse du XXème siècle - Tome 5, article "polythéisme" ? "En général, par le simple progrès de la réflexion, le polythéisme tend de lui-même vers le monothéisme".
Ce n'est pas l'avis de Jan Assman, égyptologue allemand qui explique dans "Moïse l'égyptien" (traduit de l'allemand par Laure Bernardi, Aubier) que "là où les polythéismes anciens procédaient à des adoptions, des mélanges, transformations de dieux et des déesses des "autres", les interdictions du monothéisme sont brutales et définitives. Plus de représentations, d'images de statues qui changent de noms au gré des histoires et des époques. Judaïsme, Christianisme, Islam défendront et propageront tour à tour cette prétention à la vérité." (cité par Jean-Luc Ponthier dans "le journal du dimanche 26-08/01).
Le passage du polythéisme au monothéisme n'est donc pas, comme on nous l'a enseigné, un progrès évident.
D'autant moins évident qu'à l'examen on constate qu'avec le monothéisme les personnages féminins surnaturels ont disparu : les nymphes, les fées, les déesses, escamotées aussi les prêtresses de la vie réelles.
Mais chose curieuse si les femmes "positives" n'existent plus dans la vie courante et ne perdurent que dans les contes et récits fantastiques, les femmes négatives, elles, sont bien là.
Oui, elles sont là les sorcières en chair et en os, que l'on va questionner, torturer, brûler et "pour cela les clercs (religieux) ont l'imagination dévorante" (Marianne n° 148).
La collusion du pouvoir politique et du pouvoir religieux est indéniable. Le but est celui-ci : il est nécessaire que la femme soit considérée par tous comme un être inférieur et néfaste afin que tout ce qui vient d'elle soit négligeable, la vie que la femme donne n'a aucune valeur.
En effet cette vie est éphémère, pleine de douleurs et de chagrin, "et d'ailleurs cette terre est une vallée de larmes" on y "gagne son pain à la sueur de son front" cette existence on peut donc la mépriser, la perdre. D'autant plus aisément, que dieu, lui donne la vraie vie, la vie éternelle.
Ainsi après avoir abaissé la femme, transforme t-on l'homme en chair à canon, l'un ne va pas sans l'autre.
Tout est lié. D'où le concept de "guerre juste", "guerre sainte" peaufiné au cours de siècles par les théologiens de toutes les églises.
Certes durant l'Histoire, les guerriers ont pillé, violé, trucidé les femmes mais cela était fruste manquait de finesse et pour tout dire d'organisation. Ce sont les religieux qui ont codifié, légiféré. Encore aujourd'hui alors que le pouvoir politique et la puissance militaire ouvrent timidement leurs portes, les théologiens refusent à la femme la prêtrise.
Alors que les lois laïques lui donnent liberté sur sa procréation par la contraception et l'avortement toutes les églises lui refusent ce droit (voir Lexicon du Pape).
Le christianisme, quant à lui en rajoute sur le monothéisme en faisant d'un être masculin et divin (le Christ) celui qui rachète la faute originelle commise par une femme terrestre (Eve). De plus si on analyse la naissance du fils de dieu (le Christ) par une femme (la Vierge) - procédé qui n'était pas nécessaire à un dieu Tout Puissant - on remarque, et c'est l'église catholique qui le souligne, que la vierge ne donne au Christ que sa nature humaine c'est-à-dire son corps douloureux, souffrant, vulnérable, mortel alors que dieu, son père, lui transmet sa divinité.
Quand Jean-Paul II parle de paix se souvenir du concordat entre Hitler et la papauté de Pie XII. Se souvenir que dans les années 50 le catéchisme du diocèse de Quimper - et sans doute quelques autres - imposait à apprendre par cur la question-réponse suivante :
"Q : Quand a-t-on le droit de tuer ? R : En cas de guerre, pour la peine de mort et en cas de légitime défense".
Et si on remonte plus loin dans l'histoire, l'église catholique ne fut pas économe de vies surtout de celles des mécréants, des impies, des hérétiques, ou jugés comme tels.
Il est actuellement de bon goût de prétendre que la foi religieuse a été instrumentalisée pour provoquer des guerres, entretenir des haines ethniques et justifier des invasions etc.
Ce qui serait étranger à sa réelle fonction.
Mais si les guerriers et les politiques se sont servi des croyances comme de moyens ou de motifs c'est qu'elles se sont avérées particulièrement efficaces. On ne fait pas la guerre avec des fleurs. Or nous voyons aujourd'hui une recrudescence de références au religieux dans tous les domaines scientifiques, social, politique ce qui fait prendre des décisions idéologiques (cellules souches embryonnaires, euthanasie, gestion de la ville, guerre en Irak etc.).
Tout le monde a en mémoire les prises de positions du Pape contre la guerre en Irak, nombreuses, sans appel mais il faut noter que dans ce domaine l'hypocrisie confine au grand art.
Jean Paul II a un compte à régler avec les américains à propos de ses prêtres pédophiles. Son prélat de Boston n'a-t-il pas été obligé de démissionner ?
Après avoir joué des pieds et des mains pour que les valeurs chrétiennes soient reconnues par Bruxelles comme valeurs fondatrices de nos civilisations occidentales, le porteur de tiare déplore la guerre en Irak parce que, dit-il "malheureusement dans le monde islamique il y a tendance à identifier l'occident avec le christianisme, certains commentateurs arabes parlent déjà de Xème croisade, c'est un chemin facile à prendre" (L'Union 25-03-03).
De fait islamistes et chrétiens ont un ennemi commun, le scepticisme des incroyants qui peut faire déraper la machine si bien huilée depuis des siècles et que nos politiques de tous bords s'évertuent à relancer.
La guerre en Irak est une démonstration de ce que j'avance : le pouvoir économique motive (pétrole, reconstruction) le pouvoir politique arme; le pouvoir religieux fanatise et justifie : "celui qui est tué sur le terrain au combat sera récompensé par un paradis éternel".
C'est un extrait d'un discours du Ministre de l'information Mohammed Saïd Al-Sahhaf, discours au nom de Saddam Hussein appelant au Jihad (guerre Sainte).
Bush n'a pas dit autre chose quand il a fait référence à dieu, au camp du bien contre le mal et qu'il a fait voter par le congrès une journée de jeûne et de prières.
L'attentat du World Trade Center le 11-09-01 revendiqué par des religieux intégristes aurait dû susciter la méfiance des politiques à l'égard des religions capables de telles dérives.
La réaction de la plupart des hommes politiques a été au contraire une réhabilitation du religieux.
Je ne citerai pour exemple que deux hommes politiques français à cause de leur rôle dans le gouvernement du moment :
"Ceux qui croient en dieu savent que "guerre" et "sainte" sont incompatibles" (Mr. Vaillant, Ministre de l'Intérieur et des Cultes - émission d'information, France Inter le 23-09-01) et :
"Les lois de la raison peuvent être religieuses" :
Mr. Forlani, Président de l'Assemblée Nationale (émission d'information, France Inter le 25-09-01).
Ce qui est caractéristique, lorsqu'on examine les critères dominants, c'est qu'ils ont servi à l'établissement des pouvoirs en place et que même les faits patents qui devraient démontrer l'inanité de leur fondement, sont utilisés au contraire comme tremplin pour leur réutilisation.
------------------------------------------------------ D. Rome-Émery
DÉTENTE :
Deux vieilles filles blondes se cherchent une voiture d'occasion. Finalement, elles trouvent une bonne affaire, paient et vont s'asseoir dedans.
Au bout de vingt minutes, le vendeur voit les deux femmes toujours assises dans la voiture qui n'a pas bougé.
- Mesdames, est-ce que vous regrettez votre achat ?
- Oh non, non, pas du tout !
- Mais alors, pourquoi ne partez-vous pas ?
- C'est parce qu'on a entendu dire que lorsqu'on achète une voiture d'occasion, on se fait toujours baiser. Alors on attend !
(Jean-Max)
***
ÉPOUSES INTOUCHABLES
La nature peut-elle être impure ?
Sans aucun doute, répond la Torah, pour qui une femme juive
reste souillée après ses règles ou un accouchement,
ce qui exige un temps d'abstinence sexuelle et même un bain
rituel, le mikveh
Là, après s'être lavées de la tête
aux pieds, les femmes introduisent un linge blanc dans leur vagin
qu'elles présentent ensuite à leur mari pour témoigner
de ce que leurs pertes sont terminées.
Voilà ce qui nous révélait récemment
sur France 3 le documentaire (FIFA d'or 2003 au Festival de Biarritz)
de l'israélienne Anat Zuria qui a connu cette humiliation.
Mais c'est aussi cela que célèbre chaque année
liturgique selon Missel des dimanches la Sainte Église catholique,
quarante jours après Noël, avec "la purification
rituelle de la Vierge Marie" le 2 février.
Comme si la naissance doublement virginale du Fils de Dieu était
finalement un acte impur marqué du sceau de l'infamie parce
que fruit amer d'un adultère connu de tous depuis vingt siècles.
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Max Bayard
LE DIABLE AU CORPS
J'ai découvert et lu passionnément
un livre du grand historien romantique Jules Michelet intitulé
" Du prêtre, de la femme, de la famille"
dans sa 4ème
édition de 1845.
Il est pour moitié consacré aux faits et gestes
de l'Église catholique sous le règne absolutiste
du Roi Soleil.
Une église parcourue (déchirée ?) par
quatre courants contraires : l'ultramontanisme des jésuites
entièrement dévoués au pape, le gallicanisme
franchouillard avec Bossuet comme porte-voix, le quiétisme
plus ou moins soutenu par Fénelon qui pense surtout à
sa carrière auprès des princes et le jansénisme
de Port-Royal qui sera finalement écrasé et dont
ne restent que les écrits de Pascal.
Dominant son sujet de main de maître, Michelet montre qu'au-delà
de ces chamailleries théologiques, ce qui excite le bas
monde clérical, c'est le pouvoir, l'argent, les femmes.
Ces femmes, les ecclésiastiques les trouvent facilement
et toutes soumises dans les couvents (maisons closes) où
leurs familles qui préfèrent les garçons
les jettent souvent très jeunes pour régler leurs
problèmes de succession.
Là, des confesseurs et des directeurs de conscience tout
puissants, sans scrupules et pervers, usent et abusent d'esprits
faibles et ignorants qui se donnent corps et âme, avec des
conséquences souvent effroyables mais toujours impunies
car seule compte, paraît-il, la justice de Dieu !
Voici un cas exhumé tardivement des registres de l'Inquisition
et que rapporte Michelet (pp. 205-206).
C'est l'affreuse histoire d'une carmélite de Lerma, réputée
sainte guérisseuse, mais qui en vingt ans enfanta cinq
fois et enterra le fruit massacré de ses entrailles dans
le jardin du couvent, où l'on retrouva les ossements.
Le père biologique était le provincial des carmes,
Jean de la Vega. D'autres religieux y avaient commerce charnel
avec d'autres filles qui croyaient fermement que c'était
là vie dévote souhaitée par Jésus-Christ,
l'époux mystique et suprême dont elles portent l'alliance
nuptiale.
Alors, on se prend à s'interroger sur ce qu'il en est aujourd'hui
même, dans notre pays, où les congrégations
féminines sont revenues sous Vichy après avoir été
chassées il y a cent ans et qui réunissent encore
plus de 40.000 religieuses.
Or, voilà que l'assemblée générale
des supérieurs maïeurs de France, qui s'est tenue
à Lourdes du 2 au 4 décembre 2002, avait justement
pour thème central "Vie religieuse et violence",
violence interne et externe aux établissements.
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M. B.
BRÈVES
ASTROLOGIES :
D'habitude l'astrologie se réfute par l'astronomie. Ce
fut le mérite de P. Couderc avec ses deux "Que sais-je
?", Histoire de l'astronomie (1960) et L'astrologie (1978).
Le "Que sais-je ?" actuel qui a remplacé le second
est l'uvre d'une voyante, comme quoi l'obscurantisme peut
atteindre une maison d'édition jadis réputée
comme le PUF.
Le philosophe T.W. Adorno aborda la problème de cette "superstition
secondaire" sous une angle sociologique et psychanalytique
(n'excluant ni Fromm ni Jung).
Ce fut l'étude de la rubrique astrologique du "Los Angeles
Times" publiée sous le titre The Stars Down to Earth
chez Suhrkamp Verlag 1975, traduite en français : Des
Étoiles à terre, Exils Éditeur 2 rue du
Regard Paris 6ème
2000.
Le corpus étudié remonte à 1952 : le lecteur
remarquera tout de suite que rien n'a changé dans le baratin
astrologique. L'auteur démonte les mécanismes et l'idéologie
de ce genre de littérature avec talent.
Une petite perle pour le plaisir : "On cherche à
imprimer au lecteur le sentiment que s'il est autorisé à
accomplir sa fonction sociale, c'est en vertu d'une sorte de bienfait
irrationnel accordé au fils peu méritant par un père
toujours aimant".
La grâce, quoi.
À lire, absolument.
DE NOUVELLES RÉGIONS EN FRANCE :
Les élections des conseils régionaux du culte
musulman ont redessiné une FRANCE nouvelle et étrange.
La projection de la "deuxième religion de FRANCE"
sur la carte donne le résultats suivants :
La région Île de FRANCE éclate en petite couronne
et Paris dominés par l'UOIF (Arabie saoudite et pays du Golfe)
et grande couronne favorable à la FNMF (Maroc).
De la couleur UOIF relèvent la Basse-Nomandie, le Pays de
Loire, le Poitou-Charentes (bravo Raffarin !), le Limousin, l'Aquitaine,
la Champagne-Ardennes, l'Alsace, la Bourgogne, le Languedoc-Roussillon
et la PACA.
Relèvent de la FNMF (Maroc) le Nord-pas de Calais, la Picardie,
la Lorraine, la Franche-Comté, le Centre, l'Auvergne, et
le Midi-Pyrénées.
La mosquée de Paris (l'État algérien) contrôle
la Haute-Normandie et Rhône-Alpes et rate Paris
Enfin la Bretagne musulmane s'est donnée au CCMTF d'obédience
turque.
Après les écoles DIWAN les écoles DIVAN ?
Et on ne trouve nulle part d'organisations de musulmans sub-sahariens.
Curieux non ?
En tous cas, pour de la décentralisation et de la mondialisation,
ça se pose là : la fine équipe C.R.S. (Chirac-Raffarin-Sarkosy)
préfère les États arabes étrangers aux
individus et aux groupes, elle place les musulmans de France dans
une situation nouvelle dans nos traditions correspondant à
celle des "dhimmi" en pays arabo-musulmans.
VIRGINITE DE LA VIERGE
et de sa mère, Anne.
L'Église catholique a eu chaud : On avait découvert
à Jérusalem un ossuaire (une urne funéraire)
du 1er
siècle portant une inscription convaincante selon les experts
mentionnant "Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus".
Suivez mon regard.
Si la vierge avait eu plusieurs enfants on imagine mal que l'exception
pratiquée en sa faveur et au mépris des lois naturelles
en faveur du petit Jésus ait pu être maintenue et perpétuée.
L'inscription était un faux en écritures ("Le
Monde" du 21 juin 2003 p. 24).
On respire, mais les croyants ont la tête dure et quand on
veut croire
Un Noël breton chante : "Comme le soleil passe à
travers une vitre sans la ternir, ainsi Jésus est sorti de
la Vierge sans lui faire perdre sa pureté."
Ce qui prouverait surtout que le principe solaire et son adoration
sont à la base de tous les cultes, comme l'avait trouvé
le citoyen Dupuis, dès 1794.
---------------------------------------------------- Claude
Champon
ENCORE UN BIENHEUREUX !
SS Jean-Paul II a procédé à sa 1.293ème
béatification.
Il s'agissait de l'abbé Pierre Bonhomme, né en 1803
à Gramat, dans le Lot où il mourut en 1861.
Très attiré par les demoiselles, il créa avec
une poignée d'entre elles qu'il avait séduites, la
Congrégation des Surs de Notre-Dame-du-Calvaire du
Gramat en 1832. Depuis, cette modeste institution vouée à
l'éducation des enfants, a essaimé de par le monde
jusqu'au cur du Brésil.
Son procès en béatification ouvert à Cahors
en 1952 aboutit en 1987 mais sans qu'aucun miracle puisse lui être
attribué.
Or voilà qu'en 2002 un bambin tombé accidentellement
dans l'Amazone a été sauvé d'une mort certaine
(sic) grâce, dit-on, à l'intercession du "vénérable"
Bonhomme. Dès lors, la voie était ouverte pour la
cérémonie de dimanche matin.
Restera à trouver un second miracle pour la canonisation.
D'ores et déjà, un concours est ouvert
TRISTE ANNIVERSAIRE
La République d'Haïti
s'apprête à fêter ses deux cents ans. C'est
en effet en 1804 que les esclaves noirs, conduits dès 1791
par Toussaint Louverture, l'emportèrent à coups
de machettes sur les grands propriétaires fonciers mais
vite rejetés à la mer des Caraïbes.
Aujourd'hui, elle est dirigée par un homme que l'on dit
charismatique. Il s'agit de Jean-Bertrand Aristide qui débuta
sa carrière politique dans les années 80, sous la
soutane, qu'il jeta plus tard aux orties pour se marier.
À l'origine, son mot d'ordre, qu'il avait puisé
dans l'arsenal de la fameuse théologie de la libération
(condamnée par Jean-Paul II) était, en créole
: tout moun se moun, ce qui se traduit par tous les hommes sont
des humains.
Tautologie qui prenait les gens des bidonvilles de Port-au-Prince
pour des imbéciles et ça continue, car la plus extrême
misère populaire perdure quand une petite oligarchie s'en
met plein les poches en détournant l'aide internationale.
Ce n'est pas l'officialisation récente du vaudou, religion
ancestrale empreinte de sorcellerie, qui va contribuer à
éclairer les esprits et favoriser la paix civile indispensable
au progrès social.
Les amis d'Haïti, vieille terre francophone, sont tristes
devant ce gâchis sans fin.
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Max Bayard
HISTOIRES DE VOILES
PARIS, 16 juin (AFP) - Nicolas Sarkozy a encore dû jouer les
pompiers lundi pour sauver le bébé qu'il a eu tant de
mal à accoucher, le Conseil français du culte musulman
(CFCM) destiné à favoriser l'intégration de "l'islam
de France" dans la République.
L'organisation en catastrophe place Beauvau d'un petit déjeuner
impromptu avec les trois principaux responsables musulmans pour éviter
la démission de Dalil Boubakeur, le président du CFCM,
a prouvé, s'il en était besoin, que le ministre de l'Intérieur
n'en avait pas fini avec le dossier de l'islam.
Destiné à être l'interlocuteur des pouvoirs publics
pour toutes les questions relatives à l'exercice du culte (construction
de mosquées, de cimetières, aumôniers, fêtes
religieuses...) le CFCM a pour objectif de faire sortir l'islam, deuxième
religion de France avec plus de 4 millions de fidèles, de la
marginalité.
Mais il s'avère difficile de faire vivre cet organisme où
Nicolas Sarkozy souhaite que s'exprime la diversité de
l'islam de France, depuis les néo-fondamentalistes de l'Union
des organisations islamiques de France (UOIF) jusqu'au moderniste
Soheib Bencheikh.
La fragilité dont fait preuve dès ses premiers pas le
CFCM, en butte aux rivalités de ses membres et aux pressions
des pays étrangers, apporte de l'eau au moulin de ceux, notamment
parmi les musulmans laïques, qui critiquaient sa création.
Un échec de cet organisme serait aussi un échec de la
méthode Sarkozy : depuis son arrivée place Beauvau,
le ministre de l'Intérieur a multiplié rencontres officielles
et réunions secrètes pour parvenir à l'élection
les 6 et 13 avril, par les délégués des mosquées,
du Conseil français du culte musulman.
Début décembre, il confiait à l'AFP qu'après
la baisse de la délinquance, le dossier "crucial"
de l'islam constituait sa priorité avec celui de la Corse.
Dans ce dossier à multiples entrées, c'est encore le
ministre de l'Intérieur qui a relancé la polémique
récurrente sur la compatibilité de l'islam avec la laïcité.
Ce débat a pris une nouvelle vigueur au lendemain de son discours
devant les militants de l'Union des organisations islamiques de France
(UOIF) au Bourget, le 19 avril.
Depuis les huées qui ont accueilli son rappel de la loi (pas
de voile sur les photos des papiers d'identité), le monde politique,
associatif, éducatif religieux s'est emparé de l'affaire.
Selon un sondage publié dimanche par le Journal du Dimanche,
54% des Français se disent pour une loi interdisant le port
d'insigne religieux à l'école, et 56% pensent que la
laïcité est menacée en France.
A la demande notamment des proviseurs, le ministre de l'Education
nationale Luc Ferry a annoncé que le gouvernement allait utiliser
la refonte de la loi d'orientation de 1989 sur l'éducation,
prévue en 2004, pour, le cas échéant, légiférer
sur l'application du principe de laïcité à l'école.
L'Assemblée nationale vient de mettre sur pied une "mission
d'information sur la question des signes religieux à l'école",
pilotée par son président Jean-Louis Debré, avec
l'objectif de conclure ses travaux avant la fin de l'année.
Selon plusieurs personnalités appelées à y apporter
leur expertise, le conseil d'Etat a engagé une réflexion
sur la loi de 1905, socle législatif de la laïcité
française.
Sur la question du voile, M. Sarkozy a pour sa part estimé
que les "musulmans eux-mêmes devront avoir ce débat,
notamment au sein du CFCM qui me paraît être l'instance
la plus appropriée".
---------------------------------------------------- Claude Courouve
Défaite laïque à Angers
Après une journée de tergiversations, une jeune fille
de 12 ans, entrant en sixième au collège Jean-Lurçat
d'Angers, a été admise voilée en cours.
L'inspecteur d'académie, Georges Ascione, a justifié
ce choix avec des propos étonnants : "Le port du foulard
est moins choquant pour moi que ces élèves qui viennent
en classe le ventre dénudé, couvertes de piercings.
J'en appelle au respect mutuel et à la prise en compte des
particularismes". Ce brillant salarié du service public
s'est par ailleurs appuyé sur l'arrêté du Conseil
d'Etat pour justifier sa décision.Le message a été
bien reçu par le père, Goskel Kervanci, président
d'une association culturelle de quartier. « Ma fille ira
en cours de gymnastique voilée, ainsi qu'à la piscine.
C'est notre liberté de pratiquer la religion comme nous l'entendons.
Nous interdire le voile à l'école, ce serait interdire
la messe aux chrétiens le dimanche » (!).
Quand une hiérarchie anti-laïque s'associe à des
religieux communautaristes, c'est l'école publique qui perd.
Des militantes féministes traînées devant
les tribunaux
Deux procès assez similaires auront lieu dans les semaines
qui viennent. À Trappes, deux enseignantes se voient attaquées
par l'Union des Musulmans de Trappes pour "injures par voie de
presse" par l'Union des Musulmans de Trappes (UMT), qui poursuit
également le directeur du Monde, Jean-Marie Colombani. Leur
crime : avoir dénoncé l'attitude agressive et communaturiste
d'une minorité de la population de Trappes, au nom des valeurs
de l'Islam. Signalons que l'UMT a organisé une manifestation
de 150 femmes voilées, réclamant l'ouverture de la piscine
de Trappes à des horaires spécialement réservées
aux femmes.
Le maire de Trappes, contrairement à Martine Aubry, n'a pas
encore cédé.
À Lyon, une autre militante, Michèle Vianes, fondatrice
de "Regards de Femmes" et élue municipale, est elle
aussi trainée devant les tribunaux par une jeune femme voilée
qui entendait siéger voilée dans une commission municipale.
Elle sera jugée le 18 novembre. L'avocat de la plaignante est
celui de la mosquée de Lyon, qui a défendu la Nadjet
Ben Abdallah, la fonctionnaire voilée, syndiquée et
défendue par la CGT, qui s'est vu sanctionnée par le
tribunal administratif de Lyon. Il y a là de la part des groupes
intégristes une volonté systématique d'intimider,
en multipliant les plaintes, les militantes qui, courageusement, osent
s'opposer à eux.
Pour la pétition, envoyer un mail à l'adresse :
soutienmerillonsegal@free.fr
extrait de «ResPUBLICA n°203 »
Monsieur Ternisien a décidé qu'il n'y aurait pas
de loi !
Les commissions Debré et Stasi commencent à peine leurs
auditions que Xavier Ternisien monte déjà au feu.
Ce journaliste du "Monde" dont la virulence contre les laïques
(qu'il a traité de laïcards) égale la complaisance
à l'égard de certains leaders de l'UOIF (lire son ouvrage)
ose titrer, dans l'éditon du mardi 9, en Une du Monde :
"Les députés de la mission Debré commencent
à douter de la nécessité d'une loi interdisant
le voile".
Remarquons d'abord la malhonnêteté du titre : c'est d'une
loi contre TOUS les signes religieux A L'ECOLE qu'il est question.
Constatons ensuite le mépris pour la commission, et pour les
citoyens qui vont se déplacer pour être auditonnés.
Les travaux n'ont pas débuté, que le verdict est déjà
asséné en une du journal de référence
de la bien-pensance.
Faut-il qu'il craigne vraiment une loi pour monter ainsi au front,
et intimider le gouvernement et les parlementaires, si les propositions
des commissions était contraire à ses vux ?
Dans "La face cachée du Monde", Cohen et Péan
mettaient en lumière, entre autres, les libertés avec
la déontologie journalistique que prenait "Le Monde"
quand il traitait du dossier des nationalistes corses.
Àquand une étude comparable sur l'information distillée
dans ce quotidien concernant le communautarisme religieux ?
Pierre Cassen
Compte rendu de l'audition
devant la Commission " Laïcité " au Sénat
"VOUS NOUS AVEZ CONVAINCUS !
IL FAUT PROTEGER L'ESPACE DE NEUTRALITE ! "
Ces propos respectivement tenus par le Président de la Commission,
M. Bernard STASI, et M. Marceau LONG président honoraire au
Conseil d'Etat nous procurent une réelle satisfaction.
Les interventions des professeurs de Flers et du Lycée La Martinière
Duchère avaient pour but, à partir de faits objectifs,
de faire percevoir et ressentir ce que peut signifier la présence
de filles voilées pour l'enseignant, pour une équipe
éducative et plus généralement pour l'ensemble
du système éducatif de la République.
L'acte éducatif suppose une liberté de parole et d'échange
dans la classe. Cet échange permet à chacun de s'émanciper,
de s'extraire de son déterminisme social culturel, ethnique
ou sexuel. Cette exigence est garante d'une véritable liberté
de conscience.
Nous avons soumis à la Commission les interrogations suivantes
:
- Comment l'enseignant peut-il préparer sereinement l'étude
de la Shoah, où bien du Tartuffe de Molière en envisageant
la présentation de sa mise en scène par A. Mouchkine,
sans s'interroger sur les réactions d'une classe dans laquelle
une élève a signifié à chacun que le foulard
était constitutif de son " identité " ?
- Comment évaluer et conseiller utilement l'élève
pour son orientation , à l'issue d'une année conflictuelle
alors que celui-ci a défié l'autorité de l'enseignant
et de l'institution soutenu par une hiérarchie locale complaisante
et s'appuyant sur une jurisprudence obsolète et peu opérationnelle
?
Les membres de la Commission ont, semble t-il, été "
impressionnés " par le rôle qu'a pu jouer M. le
Recteur de l'Académie du Rhône dans la gestion de la
crise que nous avons rencontrée au Lycée La Martinière.
Il se pourrait que la Commission juge utile d'auditionner M. le Recteur
de l'académie du Rhône. Grande est la tentation des autorités
qui cherchent à acheter la paix sociale au prix de concessions
sur les valeurs et principes de la République.
Cette dérive n'est pas le fait exclusif d'une administration
qui aspire à "fonctionner", à ne pas faire
de vagues ? (cf. : la piscine aux horaires réservés
aux femmes musulmanes).
Oui, le T.I.R (Ternisien Impénitent Racoleur - cf. Le Monde
du mercredi 10/09/03 ) est corrigé ! ! !
Les travaux des Commissions chargées de conduire une réflexion
sur la Laïcité et les signes religieux à l'Ecole
ne font que commencer. Si nous avons marqué des points, ne
faisons pas de triomphalisme car les auditions sont destinées
à permettre à chacun des membres qui les composent,
une réelle appréciation des enjeux, en toute conscience
.
Les propos incantatoires d'un journaliste du Monde qui cherche à
intimider, ou influencer la réflexion de chacun sont indignes
d'une profession et irrespectueux à l'égard d'une institution
et des membres qui la composent.
Défendre la Laïcité c'est aussi réaffirmer
notre opposition à la marchandisation de l'Education : l'élève
n'est pas un simple usager, consommateur du service d'éducation,
c'est un citoyen en devenir qui se construit une pensée libre
et rationnelle détachée des superstitions, des archaïsmes
et des tentations consuméristes.
Poursuivons notre combat pour une Loi afin de protéger le service
public éducatif.
La mobilisation collective et déterminée pour défendre
cette cause juste et légitime doit s'amplifier. Dans de nombreux
établissements scolaires le problème se pose mais la
lassitude, la résignation ou la cécité sont à
l'oeuvre.
Les collègues de Flers, où de la Martinière Duchère,
qu'ils soient syndiqués ou non, ont ainsi démontré
par leur action courageuse, que la fermeté dans les principes
et la réaffirmation des valeurs de la République, ne
signifiaient pas l'exclusion mais plutôt la protection de celles
et ceux qui ont à subir la tyrannie et l'oppression des groupes
politico-religieux qui les instrumentalisent.
Pour La Martinière Duchère ; Pour Le Collectif
Ornais (Flers) J-C Santana/ J. Charruel / P. Piedevache
M. Ruppé / R. Clément
Pour une loi interdisant le port de signes religieux ou de discrimination
à l'école publique envoyer un courriel à :
teper@club-internet.fr
LA MALADIE DES PHYSICIENS
De quelle étrange maladie certains physiciens souffrent-ils
donc ? Les symptômes cliniques sont les suivants : dans un premier
temps, ils s'entichent d'une idée folle qui accapare peu à
peu leur esprit. Peu importe qu'elle soit on non directement en rapport
avec leur spécialité. Cette idée folle en entraîne
d'autres au fil d'une longue quête personnelle dans l'absurde.
Puis vient le moment où ces malades veulent convaincre leurs
semblables. Rapidement déçus par leurs pairs (qui s'étonnent
puis réagissent généralement par un certain mépris
affiché ou non), ils se tournent vers le grand public qui,
fasciné par tant de science et d'érudition (!) avale
aussitôt la couloeuvre. Dès qu'ils ont trouvé
ce public à leur mesure, ces physiciens dépensent une
énergie formidable pour le convaincre toujours davantage, ce
qui est assez facile.
Et plus ce public admire, plus ces physiciens se persuadent qu'ils
sont dans le vrai et que leurs pairs les ont injustement condamnés.
Ils développent alors le symptôme bien connu du "complexe
de Galilée" qui consiste à se persuader que l'oeuvre
magistrale qui est la leur sera reconnue dans les siècles à
venir comme une percée scientifique qui était trop en
avance sur son temps pour être alors acceptée par la
"science officielle".
On pourrait dresser une très longue liste de physiciens ainsi
dévoyés s'occupant de chimères diverses. Plusieurs
noms viennent aussitôt à l'esprit, touchant plus précisément
les domaines de la parapsychologie et de l'ufologie.
Je viens de parcourir un livre intitulé "Nous sommes
tous immortels" écrit par le physicien français
Patrick Drouot.
Ce fut un véritable succès de librairie qui connut plusieurs
rééditions successives rapprochées.
L'auteur est un adepte des régressions dans le passé.
Sa technique s'apparente, selon ses propres termes, "à
une relaxation couplée à des techniques de suggestion."
Il précise même : "Certaines personnes m'ont
dit que cela leur faisait penser à du rêve éveillé
dirigé." (page 46)
Grâce à cette technique, Patrick Drouot aide des gens
à remonter dans leur passé, ce qui les fait franchir
des incarnations successives et un espace de temps parfois fantastique...
Lui-même a revécu son lointain passé et s'est
vu, par exemple, grande-prêtresse druide en un temps reculé...
Inutile de dire que les témoignages rapportés par M.
Drouot nous plongent sans surprise dans l'Egypte ancienne et, bien
sûr, en Atlantide! C'est si original...
L'auteur nous cite beaucoup de travaux de "chercheurs"
aussi égarés que lui et, parfois même, de véritables
scientifiques comme Einstein ou Prigogine ; mais c'est alors pour
interpréter à sa façon leurs travaux qui dépassent
généralement le simple mortel. Ici et là il avance
des preuves "scientifiques" de l'aura, des chakras, du double
éthérique...
Comme en page 73 où il affirme qu'à l'hôpital
Necker, à Paris, l'on a pu mettre en évidence les
méridiens de l'acupuncture grâce à des injections
d'isotopes radioactifs.
Hélas, notre physicien est bien mal informé puisque
même dans la simple presse de vulgarisation scientifique cette
démonstration a été depuis longtemps infirmée.
On peut juger de l'extraordinaire fossé qui sépare aujourd'hui
Patrick Drouot de la science en lisant ce qui suit (page 47) : "C'est
à cette époque que j'ai rencontré Jean-Claude
Mejstelman, un musicien avec qui j'ai entrepris une recherche musicale.
Pour mieux lui faire comprendre ce dont j'avais besoin pour mes travaux,
j'ai projeté sa conscience dans un univers musical, le monde
des sphères de la grande Tradition. Il en ramena des sons,
qu'il a ensuite recréés à l'aide d'un synthétiseur
de recherche. Certains sons cristallins sont destinés à
activer les centres d'énergie que la tradition orientale appelle
"chakras". Nous y avons adjoint un rythme précis
et régulier qui correspond à la fois au rythme du corps
humain, et à la pulsation de certaines étoiles.
Ce rythme constitue un lien entre l'être, et les énergies
de la terre et du cosmos..."
Il y a ainsi plus de 300 pages de recherches absurdes, de témoignages
délirants et d'interprétations aberrantes.
Tout pour faire un grand succès de librairie, hélas
!
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Marc Hallet
L'UCHRONIE
OU PRÉCESSION DU TEMPS,
MALADIE RELIGIEUSE
Nous avons appris à l'école ou ailleurs que les anciens
païens pratiquaient le temps cyclique (Aristote, Polybe, jusqu'à
Vico) et qu'on aurait attendu les monothéismes judéo-chrétiens
pour inventer le temps linéaire orienté, progressif
et progressiste à la fin duquel le salut coïncide avec
la fin du monde. Témoignage de cette obsession du fameux
« sens de l'histoire » : le livre-programme
d'Abraham Heschel « les bâtisseurs du temps »
(Editions de Minuit 1986).
Puis serait revenu Nietzsche avec l'éternel retour, Valéry,
Heidegger et Borgès, etc.
Ma thèse est que les monothéismes, judaïsme,
judasisme (ce devrait être le nom du christianisme, impossible
sans le « traître » Judas) et islam prétendent
définir un parcours du combattant mobilisateur alors que,
face à la vie réelle, ils ne sont capables que de
faire du surplace.
Placé devant le scandale dilemmatique du mal : ou bien
dieu est tout-puissant ou bien il est méchant, les meilleurs
soldats de l'orthodoxie ne s'en sortent, croient-ils, que par une
fuite EN ARRIERE !
C'est le cas du livre de Gustave Martelet s.j. « Libre
réponse à un scandale » (Cerf 1986-1988).
La thèse a été clairement dénoncée
par notre ami Bruno Alexandre lors du Congrès 2002 de l'Union
des Athées.
J'insisterai sur un aspect secondaire, mais relié à
l'ensemble et dont le livre du jésuite fourmille : le
renvoi À L'ARRIERE du monde, au passé.
Page 41 : "Le christ en amont du péché
et son accompagnement de l'histoire".
On notera le mot "accompagnement" qui fait penser
à certains services hospitaliers chargés des mourants.
On est loin de Pantocrator de Monreale ou de Ravenne, mais tout
est dit ! Tout était dit dès le début,
tout est verrouillé ; de la naissance à la mort
une sorte d'aide-soignant nous poursuit, alors il n'y a plus de
suspens, et quelle barbe.
Page 125 : "
le mystère du christ
aux sources mêmes de l'acte créateur comme l'alpha
et l'oméga de toute création."
Page 155 : "L'agneau prédestiné avant
la fondation du monde. " (I Pierre, 18-20).
Dès les débuts supposés du christianisme on
avait droit à une théâtralisation du paradoxe
uchronique, anachronique ou antichronique dans l'évangile
de Jean 8, 56-58 :
"Abraham votre père, exulta à la pensée
de voir mon Jour ; il l'a vu et il s'en est réjoui.Les
Juifs lui dirent alors : « tu n'as pas cinquante
ans et tu as vu Abraham ! »
Jésus leur répondit :
En vérité, en vérité, je vous le dis,
avant qu'Abraham fût,
Je suis."
Et il se tire pour ne pas être lapidé par ses contradicteurs
exaspérés.
Paroxysme d'une discussion hargneuse ? Jésus pète
les plombs ?
Dans toutes les traductions ou interprétations, le thème
de la précession du temps est imposé par les chrétiens,
catholiques ou protestants.
Je trouve par exemple dans un tract de la "Croisade du livre
chrétien" proche de Billy Graham une sottise confondante,
du simple point de vue de la cohérence formelle : "
ce sera l'éternité ! Elle durera toujours et
ne finira jamais. "
En français comme dans les autres langues "l'éternité"
est par définition hors du temps, hors de la durée.
Pour l'éternité il n'y a ni avant ni après,
ni souvenir ni attente, c'est l'instant présent, l'Éternel
retour selon Nietzsche.
Éternité et histoire sont exclusives l'une de l'autre.
Parler d'une éternité qui dure au présent ( !)
et au futur prouve qu'on ne sait même pas de quoi on parle.
L'islam, religion plus récente et plus tendue, a repris et
amplifié dramatiquement le thème de la précession.
Il circule dans certains milieux et banlieues et ailleurs le livre
en français "La cité d'Isis Histoire
vraie des arabes" d'un certain Pierre Rossi (Nouvelles
Editions Latines 1976). L'ouvrage est un véritable
cafouillis de rapprochements et d'inductions arbitraires :
il en ressort que nous sommes tous des arabes, que les Grecs étaient
arabes, etc., que toutes les pensées possibles relèvent
de la religion, la seule qui existe, donc l'islam.
Nous sommes tous arabes et musulmans même si nous ne le savons
pas. C'est que nos parents ne nous l'ont pas dit et nous ont mal
élevés (propos tenus par l'étudiant qui me
prêta le livre en 1998). "La philosophie grecque est
partie intégrante de la religion, donc partie intégrante
de la pensée orientale." (p. 106). En exergue du
chapitre X de l'ouvrage on peut lire : "Avant le Coran
nous étions musulmans" (cf sourate "Le récit"
28,53 : "Nous étions déjà
soumis à sa venue." trad. La Pléïade),
par où l'on prête à une parole historique la
vertu performative de déclarer se précéder
elle-même.
Il s'agit là d'un véritable délire de l'illusion
rétrospective et de l'introduction de la pensée d'un
merveilleux capable de la tordre et de la rabattre sur elle-même.
Ce ne serait qu'une curieuse fantaisie si cela n'avait pas de graves
conséquences. Le professeur pakistanais Younus Shaik dont
nous avons publié la lettre dans la T.A . n° 110
de mars 2002 n'a-t-il pas été condamné à
mort pour avoir, en des propos jugés blasphématoires,
indiqué que les parents du prophète n'avaient pas
été musulmans, puisqu'ils n'avaient pas eu le temps
de profiter de la révélation de leur fils ?
Les délires des monothéistes qui se propo-sent d' "accompagner"
le temps utilement et agréablement prétendent en fait
en contrecarrer le cours.
Le temps est retenu, figé, et au fur et à mesure qu'il
"passe" l'élastique s'allonge, s'allonge
À l'opposé d'une sagesse matérialiste qui consisterait
à coïncider avec sa propre évolution, à
l'accompagner vraiment, ils font violence à l'historicité
sur laquelle ils sont en même temps fiers de se fonder (les
événements christiques selon l'historien catholique
H.-I. Marroux, la vie de Mohamed).
C'est le recours paresseux à l'hébétude du
merveilleux, c'est-à-dire à l'improbable, et le dos
tourné au fantastique, problématique des transformations
et des métamorphoses qui enrichissent la vie.
Les croyants pensent à l'envers, y compris d'eux-mêmes,
et le discours religieux est toujours "attrape-tout" :
de tout et son contraire dans une irréalité totale.
Il y a bien une explication matérielle des délires.
La régression infinie en deçà des origines
qui continuent pourtant à être postulées reflète
le doute profond qui frappe l'au-delà, l'eschatologie elle
aussi postulée, c'est-à-dire toutes les histoires
de salut et de jugement définitif.
Les croyants n'arrivent pas à croire à la fin de l'histoire
qu'ils font profession d'annoncer, d'attendre et de révérer.
"Il est tout à fait certain que c'est à cause
des déceptions qui ont été infligées
rapidement aux espérances qu'elle comportait initialement
dans l'obtention de résultats d'ensemble terminaux que l'idée
de progrès a connu l'extension qui conduit au « progrès
infini.»" (Blumenberg cité par Jacques Bouveresse
in "Rationalité et cynisme" - Editions de Minuit,
1985, p.117)
Les religions, en dépit de certaines prétentions,
ne peuvent s'amarrer à l'idée de progrès, de
l'évolution forcément frustrante et toujours remise
à plus tard.
C'est pourquoi elles s'enfoncent dans le passé et le lointain.
Très généralement le mot "tradition"
vient clore tout débat et entériner l'artifice misérable
de la rétroactivité des points de vue, qui offense
autant la morale que la raison, comme chez René Guénon
ou Julius Evola dans le syncrétisme tautologique généralisé.
D'ailleurs toute tradition est "perdue" et leur pensée
est aussi pensée de la décadence.
Comme l'écrit l'inspiré Rossi : "Le cur
de la philosophie grecque est le cur d'Orphée, de même
qu'il est le cur d'Isis et du Verbe, de la Parole islamique
ou de la Prophétie juive. Tout se tient, tout s'explique
si l'on consent à regarder au fond de ces intuitions."
(La cité d'Isis, p.104).
Tout est dans tout et réciproquement. Le cercle est bouclé
et la consolation assurée : on a-toujours-été-là
et magiquement cela autorise à penser qu'on y-sera-toujours.
D'ailleurs (p.104) le bonhomme affiche candidement son désir
de puissance :
"La dernière venue des trois grandes religions l'islam
était préfigurée dans les millénaires
antérieurs tout comme Jésus était préfiguré
dans les ancêtres d'Abraham.
Il est nécessaire ici de renverser nos conceptions ordinaires
de la critique et de l'histoire."
Oui, c'est clair : il faut faire passer ce qui était
après avant.
"Car si l'idée de préfiguration est si fortement
ancrée dans la mentalité religieuse de l'Orient ;
c'est par ardent désir d'avouer, par delà les différences
accidentelles, l'unité essentielle et intemporelle de l'alliance
de l'homme avec Dieu. Quelques versets du Coran en disent, à
cet égard, plus long que les commentaires."
Toujours le monde renversé et le texte plus long que ses
commentaires
L'astuce est d'arriver bon dernier, de fermer la porte derrière
soi et de ramasser toute la mise précédente, y compris
la préfiguration christique chez Jean 8, 56-58.
Les sourates XXII, Le pèlerinage ou II, La vache refont le
coup de Jésus déclarant qu'il était là
avant Abraham !
Avec une telle certitude totale installée on sait quelle
violence est possible.
Les matérialistes, eux, sont partisans d'une évolution
jamais achevée, pas plus que la connaissance approchée
et jamais atteinte qu'on peut en avoir, mais toujours surprenantes
l'une et l'autre.
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Claude Champon
Extraits d'une lettre de M. Jean- Pierre Daniel, adressée
à "La Libre Pensée"
Ploërmel, le 18 juin 2003
Madame, Monsieur,
Étant Breton et abonné à la "Tribune des
Athées", je me permets de répondre à votre
communiqué du 21 avril 2003 paru dans cette revue (n°
114).
Précisons ;
- Le mouvement "Emgann" n'est pas autonomiste mais indépendantiste
de gauche. Il a le droit. On devrait leur donner la parole comme
à tout le monde.
- L'agression dont vous parlez est un "entartage" comme
le fait le farceur belge Noël Godin, dit "Le Gloupier"
(...)
- L'animateur de télévision entarté, dont vous
parlez, est Fañch Broudic. Il n'a pas reçu la tarte
à cause de sa notoriété ni même de son
appartenance au parti communiste mais parce qu'il est responsable
des émissions en langue bretonne sur France 3.
(...) Or, contrairement aux apparences, souvent trompeuses là
aussi, dans sa petite plaquette "Histoire de la langue bretonne"
(il n'est pas historien mais journaliste), il se montre indifférent
à la disparition éventuelle du breton, et, en bon
communiste, défend l'État français systématiquement
(y compris les gouvernements de droite donc) qui n'est en rien responsable
de cette érosion de notre langue selon lui. Quelques pages
avant il est bien obligé de reconnaître que l'État
a interdit le breton pendant plus de 50 ans en France. Chaque fois
que j'écris "breton" traduisez basque, flamand,
alsacien, corse, occitan, provençal, kanak, créole
Alors qu'il analyse tout d'après les structures économiques
et sociales en marxiste, dans ce cas, il dit : les parents bretons
ont décidé d'abandonner leur langue vers les années
50. Pourquoi ? Mystère.
Alors, quelqu'un qui est bretonnant de naissance, et gagne sa vie,
surtout, grâce au breton (et très bien apparemment,
puisqu'il devrait être à la retraite mais continue)
et écrit des choses pareilles mérite au moins le ridicule
un instant. C'est bien peu de chose. (
)
Laïcité
réelle
Dans le numéro 113 de la Tribune parut, en page 22, une lettre malicieuse de notre correspondant José Versluys au maire de sa commune (La Motte-en-Provence). Ayant appris qu'une soirée paroissiale allait se tenir dans la salle municipale des fêtes, José demandait s'il pourrait disposer de cette salle, comme le curé mais pour une soirée athée.
Nous n'avons toujours pas connaissance d'une réponse, ajoutions-nous.
Pourtant le maire avait répondu, vite et très aimablement : moins de dix jours après. Dans ce cas d'une administration c'est presque un record.
José Versluys oublia toutefois de nous communiquer cette lettre-là. Yves Rosé, ledit maire, l'y assurait que la commune bien évidemment laïque et, en conséquence, qu'il ne voyait "que des avantages" à mettre une salle à la disposition de notre ami.
***
En lisant les sottises misogynes de St. Paul dans sa lettre aux Corinthiens reproduite(s) en p. 19 de la Tribune des Athées n° 114 mars 2003, je dus penser à une récente émission de télévision sur l'inné vs l'acquis.
En effet, un scientifique anglais y faisait remarquer que les hommes (= mâles) ont des mamelons parce qu'ils ont tous commencés par être des femmes. Ce n'est qu'au bout de je ne sais plus combien de temps que le ftus se décide à devenir un jour un petit garçon.
Bref, tous les machos, incl. Mohammed, Moïse, St. Paul et Cie, tous les mollahs, imams, ayatollahs et leurs troupeaux ont tous été des "fillettes" avant d'être des mâles (!).
Comme quoi ce cher Paul se trompe à 100% en proférant son fameux : "L'homme, en effet, ne vient pas de la femme, mais la femme vient de l'homme."
C'est exactement le contraire qui est le cas.
Il est vrai que les hommes, musulmans ou non, n'aiment pas tellement ébruiter la chose, et d'ailleurs bon nombre ne la soupçonnent même pas (quoique révélée par la science il y a plusieurs années déjà).
Faudrait poser la question à un imam : "Pourquoi Allah a-t-il donné des mamelons totalement superflus et inutilisables aux êtres humains de sexe masculin ?"
------------------------------------------------------------ Nelly Moïa
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