Rubrique littéraire
   
RACISME RELIGIEUX

“Quelle race est digne de mépris? Ceux qui violent la loi.” L'ecclésiastique 10-19

Les églises sont intolérantes au nom de la “vérité” des religions qu'elles tentent d'imposer.

Mais elles ont pu développer de surcroît des exclusions ethniques et raciales fondées sur le principe de la 'limpieza de sangre”, la pureté du sang, bien avant les ethnocides et autres génocides remarquables du XXème siècle de l'ère “chrétienne”.

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LES MORISQUES ET LE RACISME D'ETAT

de Rodrigo de Zayas

Editions La différence 1992.

Ce livre érudit (755 pages dont 306 consacrées à l'histoire de l'Espagne et les autres reproduisant les documents de la collection Holland), mais vif et alerte, conte le drame des Morisques, importante minorité de “nouveaux chrétiens” d'origine musulmane (10% de la population) expulsée d'Espagne en 1609. On y pointe l'origine du racisme politique, celui du Troisième Reich aussi bien que celui des sociétés contemporaines (Rwanda ...). Rodrigo de Zayas montre en effet comment, pour la première fois, un Etat s'est appuyé sur des “arguments” théologiques, moraux, historiques et économiques pour éliminer une minorité, s'emparant au passage de tous ses biens, après l'avoir exploitée pendant plus d'un siècle.

C'est l'expérience d'une symbiose Eglise-Etat qui tend à institutionnaliser ce qui n'était au départ qu'un sectarisme purement religieux. “Le racisme d'Etat trouva là son ferment, mais ne devint pleinement une réalité qu'à partir du moment où l'Etat catholique considéra ses minorités religieuses a priori comme des communautés de peuples inassimilables et dangereuses, et non plus comme de simples communautés religieuses susceptibles d'être au moins soumises à une alternative la conversion ou la persécution” (p. 20).
L'inquisition espagnole créa le concept de “nation” morisque (p.l20). Et les morisques seront simultanément accusés d'être d'habiles simulateurs se faisant passer pour des chrétiens et d'être bien connus pour continuer à chômer le vendredi et à travailler le dimanche (p. 203)
Il y avait contradiction majeure “entre les intérêts des seigneurs censiers des Morisques, parmi lesquels de nombreux ecclésiastiques et des institutions catholiques, et la raison d'Etat confondue avec l'unité religieuse de l'Espagne, à l'instar de l'Israël des Livres de Samuel et des Rois” (p. 123). Ce fut la production par l'intolérance religieuse du racisme d'Etat qui triompha.

“Si la persécution des juifs - le judaïsme est une religion - permet de qualifier l'Etat nazi d'Etat raciste, il ne fait aucun doute qu'en appliquant strictement les mêmes critères, l'Etat espagnol, en 1609, est un Etat raciste” (p. 260). La névrose religieuse est à la source de la conception d'“ennemi intérieur” qu'il faut éliminer. La question d'une “repentance” et de réparations se poserait donc pour l'Espagne jadis “très-catholique”.

Voilà un beau pavé dans la mare et une réfutation directe des mensonges catholiques. tenus notamment par monsieur (Aron) Jean-Marie Lustiger imputant les racismes modernes à la montée de l'athéisme dans le monde.


Claude Champon et Tribune des Athées 04 10 2001



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